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- 11 janvier 2014 : Séminaire avec : M. Mohamed Salah Felil
 

-  Séminaire avec : M. Mohamed Salah Felil

Le samedi 11 janvier 2014  à 9h15


L’invitation à ce séminaire se déroulera au siège de la Fondation le samedi 11 janvier 2014 à 9h15 est destinée à toutes les personnes intéressées par le sujet.


A. Temimi




Adresse : Immeuble Al-Imtiaz-Centre Urbain Nord-1003 Tunis
Tél. (00216) 71231444 ou (00216) 71 751 164 fax : (00216) 71 236 677
E. Mail : fondationtemimi@yahoo.fr ou fondationtemimi@gnet.tn
Internet://www.temimi.refer.org (en français/عربي)

 
Bulletin de la Recherche Scientifique n° 66 : Préambule :
 

Aux leaders politiques au pouvoir et dans l’opposition : réflexion et examen de conscience

De l’avis général, notre pays connait une atmosphère politique exceptionnelle, qu’il n’avait plus connue depuis de longues décennies. Toutes les parties, aux attentes divergentes, campent sur leurs positions. Au milieu des accusations mutuelles à caractère idéologique, les principes de notre glorieuse révolution ont été oubliés. La réputation de notre pays, au niveau national et international, s’en est trouvée affectée. Personne n’a plus confiance en la politique suivie aujourd’hui. Plusieurs initiatives venant des syndicats, du gouvernement, des partis politiques et des organisations de la société civile ont essayé de relancer le dialogue mais aucun espoir de sortie de la crise – aux origines multiples – ne se fait sentir. Grâce à mon parcours de chercheur, qui me permet de rencontrer hebdomadairement des dizaines de Tunisiens et Tunisiennes, j’ai certaines convictions que je vais essayer de résumer dans ce nouvel appel espérant qu’il attirera l’attention sur la nécessité de sauver notre pays de cette absurdité politique. Toutes les parties, sans exception, endossent la responsabilité historique de la situation.
Premièrement : nous demandons à ce que les velléités de domination et de prise de décision sans consultation dans les domaines des médias, de l’économie, de la société, de l’administration et du savoir soient abandonnées. Toutes ces décisions requièrent un minimum de consensus. La révolution n’a accordé à personne le droit d’agir seul dans les prises de décision dont dépend la destinée du pays. Rien ne peut justifier cet abus de monopole d’un point de vue politique, moral ou national.
Deuxièmement : je respecte personnellement la légitimité de l’Assemblée nationale constituante, mais ses responsabilités doivent être définies pour (finir la Constitution et fixer une date pour les élections qui peuvent être tenues avant l’été 2014) et le cadre juridique de son rôle fixé aujourd’hui.
Troisièmement : nous appelons à la formation d’un gouvernement de compétences non partisan, projet de l’ancien Premier ministre soutenu par le général Rachid Ammar, avorté par les vautours d’Ennahdha. Ils nous ont fait rater une belle occasion. C’est aujourd’hui la demande d’une majorité de Tunisiens.
Quatrièmement : nous demandons de prendre des décisions primordiales pour le maintien de la sécurité dans le pays à travers la dissolution immédiate des ligues de protection de la révolution. Le maintien de la sécurité intérieur fait partie des prérogatives du ministère de l’Intérieur et non d’organisations illégales qui protègent les membres de Ansar al-Chari‘a qui sont à l’origine de la terreur et de la peur ressenties par les citoyens. Ils sont également responsables de la propagation du terrorisme idéologique religieux auquel on aurait dû mettre fin fermement dès le début comme l’ont fait tous les Etats dans le cadre du respect de la loi afin d’éviter ses conséquences désastreuses.
Cinquièmement : notre combat est principalement économique. Les responsables au pouvoir aujourd’hui n’ont malheureusement pas réussi à nouer des liens avec les compétences économiques locales ou celles de la diaspora : hommes d’affaires et des Tunisiens qui se comptent par centaines voire milliers, elles sont dispersées dans les universités et les centres de recherche des cinq continents. Il aurait été possible de former un lobby tunisien intelligent, croyant aux principes de la révolution. Il eut fallu pour cela adopter une nouvelle méthodologie et prendre de nouvelles décisions administratives.
Sixièmement : les parties politiques ont négligé d’expliquer les causes de la crise aux médias arabes et surtout occidentaux. Les conséquences sont désastreuses sur l’image de la Tunisie, économiquement, politiquement et diplomatiquement. Ceci est lamentable pour un pays qui a connu, par le passé, les diplomates les plus brillants qui restent une fierté nationale.
Septièmement : nous adressons cet appel à tous les leaders politiques, au pouvoir et dans l’opposition afin de leur rappeler que la ma jorité de leurs discours était dénuée de toute dimension culturelle alors que notre pays a un patrimoine culturel visible à préserver absolument. Nous rappelons à tous que ceux qui ont fait la révolution sont les jeunes dont les aspirations ont été ignorées alors qu’ils auraient dû devenir la priorité de l’Etat dont il faudrait rajeunir les structures dans tous les secteurs…
Prof. Abdeljelil Temimi

 
Bulletin n° 66 : Activités de la Fondation :
 

1 – Séminaires et tribunes de discussions durant les trois prochains mois :

- 26 octobre 2013 Séminaire sur : la contribution d'un certain nombre de militants tunisiens dans la lutte de libération algérienne, avec les militants : Habib Bozeima, Habib Ellamsi et Belkacem Dridi.
- 02 novembre 2013 : Séminaire de la mémoire arabe maghrébine avec Dr. Larbi Bouguerra et Dr. Ali Menjour autour de la déclaration de Balfour en 1917 et l'importance géopolitique de la chimie dans le monde d’aujourd’hui et ses répercussions sur le conflit israélo – palestinien (à formuler comme bon vous semble).
- 9 novembre 2013 : séminaire avec M. Khaled Dridi sur : Comportements suspects de Ben Ali et son rôle dans la dégradation de la diplomatie tunisienne.
- 16 novembre 2013 :. Séminaire avec M. Habib Boughrara sur : le Patrimoine musical national et le devoir de l'entretenir.
- 23 novembre 2013 : Séminaire sur l’Économie parallèle non structuré dans notre pays après la révolution avec les experts suivants: d. Bin Sheikh Nidhal, Dr.. Hussein Mensia et Slim Ben Ayed.
- 30 novembre 2013 : Séminaire avec : Professeur Abdullatif Bodabus sur: les réalisations et les déceptions des espaces des laboratoires de recherche en Tunisie!
- 07 décembre 2013 : Séminaire avec Cheikh Abdel Fattah Mourou sur : conviction du parti Ennahdha entre mobilités et mutations..
- 14 décembre 2013 séminaire avec M. Hédi Bettayeb sur : L'attitude du colonel Kadhafi vers la Tunisie.
- 21 décembre 2013 : Séminaire sur : Juge Mohammed Annabi
- 28 décembre 2013 : Séminaire avec M. Bouraoui Makhlouf..
- 04 janvier 2013 : Séminaire avec Mme Naziha Rjiba (Om Zied) sur: Evaluation des réalisations et des déceptions Troïka après 3 années de la révolution ...
- 11 janvier 2013 : Séminaire sur : le grand combattant Ibrahim Abdullah. avec la participation M. Mohammed Abdelkafi et autres

-Les publications :
Durant les trois derniers mois, la Fondation a publié les titres suivants :
1- La Revue d’Histoire Maghrébine, n° 151, 397 p en français, juillet 2013.
2- La Revue d’Histoire Maghrébine, n° 152, 490 p en arabe, juillet 2013.
3- Le terrorisme d’Etat contre les militaires dans le dossier de Barraket Es-Sahel (1991-1992), Octobre 2013. 484p ; ISBN 978-9973-32-137-4
4- Arab Historical Review for Ottoman Studies, n° 47, 559 p en arabe, octobre 2013.
5- Arab Historical Review for Ottoman Studies, n° 48, 251 p en français, octobre 2013.
6- Actes du 15ème congrès d’études ottomanes sur : Les récits de voyage et les sources inédites sur les provinces arabes à l’époque ottomane, Octobre 2013. 590p ; ISBN 978-9973-32-138-1

 
Bulletin n° 66 - Futurs congrès scientifiques programmés :
 

1 : : 27-28 février – 1er mars 2013 : Le 41ème congrès du Forum de la pensée contemporaine sur Le terrorisme dans l’espace géopolitique maghrébin : conséquences et stratégies à adopter (ci-joint la première circulaire) :
« L’apparition du terrorisme dans notre espace maghrébin depuis deux décennies avait des origines politiques, économiques, sociales et sécuritaires, les plus importantes étant :
- Le chômage, la pauvreté, la corruption, le clientélisme et l’injustice.
- L’absence d’une politique sécuritaire en Tunisie traduit la faiblesse du gouvernement et son incapacité à traiter ce phénomène grave, ce qui a permis au terrorisme de s’implanter dans nos villes et nos montagnes, prenant de l’ampleur aujourd’hui.
Afin de traiter ce phénomène, il faudrait améliorer la situation difficile vécue par les citoyens maghrébins et dont profite le terrorisme pour se propager. Le combattre suppose également d’avoir des moyens financiers colossaux dont ne disposent pas tous les pays maghrébins. En attendant de trouver les solutions adéquates aux problèmes financiers et sociaux, qui nécessitent beaucoup de temps, les décideurs doivent prendre en exemple les solutions trouvées dans les pays touchés par le phénomène (même les plus démocratiques) qui ont réussi à freiner le terrorisme en recourant à l’application la plus stricte de la loi, impliquant leurs institutions sécuritaires – police, garde nationale et armée – renforcées et hommes et en équipements nouveaux. Ces pays ont réussi à lutter efficacement contre le terrorisme.
Notre Fondation a le projet d’organiser, avec le partenariat scientifique de la Fondation Konrad Adenauer le 41ème congrès du Forum de la pensée contemporaine sur :
Le terrorisme dans l’espace géopolitique maghrébin : conséquences et stratégies à adopter
Les thématiques suivantes seront abordées :
1 Le terrorisme : définitions, cadres théorique et pratique
- Définition du terrorisme, l’arrière-plan, sa géographie, le positionnement du Maghreb par rapport au phénomène aujourd’hui et dans l’avenir.
2 Le terrorisme et l’Etat moderne : causes et conséquences :
- La répression politique : cause du terrorisme ?
- Terrorisme d’Etat, terrorismes des groupes extrémistes
3 Combattre le terrorisme :
- Quelle stratégie pour l’affronter ?
- L’espace maghrébin en a-t-il les moyens ?
- Développement humain et participation politique en tant que moyens de lutte contre ce danger qui s’est propagé après la révolution. »
* * * 
2 : 24.25.26 Avril 2014 : Le 42ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer sur le thème suivant : Le Maghreb dans le monde : Stratégies et avenir avec l’Europe et la Turquie. (voici les thèmes) :
I- Le Maghreb dans son espace : Relations bilatérales et multilatérales :
1- La place du Maghreb dans la stratégie de l’UE
2- Le Maghreb et les nouvelles orientations de la Turquie
II- Quels modèles et expériences de développent pour le Maghreb ?:
1- Maghreb et Europe : Le dictat de l’histoire et de la géographie !
2- Maghreb et Turquie : Islam moderne, développement économique et intérêts communs
III-Stratégie(s) maghrébine(s) : Relance de l’UMA ?
1- L’unité maghrébine dans la promotion de l’intérêt de l’Europe
2- Diversification des relations du Maghreb : avec ces deux pôles : UE et Turquie 


3 : 2.3.4 octobre 2014 : Le 43ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer sur le thème suivant sur : Le Maghreb des jeunes : Défis, enjeux et espoirs (voici les thèmes) :
I- Défis des sociétés de jeunes :
1- Emigration clandestine du Maghreb
2-Chômage de jeunes diplômés au Maghreb : quelles solutions miracles pour s’en sortir !
3- Société civile maghrébines et place de jeunes
II- Jeunesse maghrébine : Enjeux et Espoirs :
1- Jeunes chercheurs et héritage commun du Maghreb
2- Nouvelles générations et nouvelles technologies
3-Intégration de la jeunesse et son rôle dans le futur développement du Maghreb !
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4: octobre 2014 :- Le 11e congrès international sur le corpus d’archéologie ottomane sur : 1- Pour une carte des sites et monuments dans l'espace géographique Ottoman ; 2- Corpus des inscriptions funéraires et monuments religieux en tant que témoin de la mémoire arabe durant l’époque ottomane. ((ci-joint la première circulaire) :
« Dans le but de maintenir ce cycle de congrès spécialisés sur le corpus d’archéologie ottomane dans le monde et conformément aux recommandations du 9ème congrès sont parus, nous avons le plaisir d’annoncer l’organisation du 11ème congrès sur les deux thèmes suivants :
1- Pour une carte des sites et monuments dans l'espace géographique Ottoman
2- Corpus des inscriptions funéraires et monuments religieux en tant que témoin de la mémoire arabe durant l’époque ottomane
Ce congrès aura lieu les 06-07-08 février 2014, au sein de la Fondation Temimi. Vous trouverez ci-joint une fiche de participation ; prière de bien vouloir la remplir et nous la rendre dans les meilleurs délais.
Quant à l'hébergement, nous sommes en discussion avec un des Hôtels à Tunis pour bénéficier des prix préférentiels ; nous vous informerons de toutes les données techniques à ce propos.
Cette invitation est adressée à tous les spécialistes archéologues et historiens ottomanistes arabes et internationaux ; une cotisation sera fixée ultérieurement.
D’autres informations vous seront adressées régulièrement. »
* * *

5 : novembre 2014 : Le XVIème symposium international d’études ottomanes sur :
1- Le partenariat scientifique arabo-turc aujourd’hui et demain.
2- Le rôle des drogmans dans le rapprochement culturel entre Orient et Occident.

 
Bulletin N) 66 : Messages de transparence et de sincérité :
 


Absence de couverture médiatique du 40ème congrès du Forum de la pensée contemporaine (cinquième dans le cycle du coût du non-Maghreb) sur Le partenariat bilatéral tuniso-libyen : pour la construction maghrébine…
Malgré l’importance du thème de ce congrès, aucun média audiovisuel ni aucun leader ou parti politique n’a estimé nécessaire de lui accorder de l’importance. Paradoxalement, c’est de cette problématique que dépend notre avenir politique, économique et scientifique. Les papiers présentés ainsi que les discussions ayant eu lieu entre les participants tunisiens et libyens étaient importants. Ces derniers représentent les experts les plus avertis de l’état du partenariat entre les deux pays. Nous espérons que les décideurs politiques des deux pays en prennent conscience.

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L’Arab Review for Ottoman Studies fête son 24ème anniversaire :
Notre Fondation assure la publication de trois revues académiques régulières. La première est la Revue d’Histoire Maghrébine – à la réputation internationale – qui a fêté son 40ème anniversaire cette année. Nous y avons publié plus de 2000 études couvrant l’histoire du Maghreb aux époques moderne et contemporaine. Pour l’année 2013, les numéros 149, 150, 151 et 152 sont parus en plus de 1700 pages. La deuxième revue est l’AROS dont nous venons de publier les 47ème (559 pages en arabe) et 48ème numéros (251 pages en français).
Nous rappelons ces faits parce que de nombreux recteurs d’universités et directeurs de centres de recherches arabes semblent oublier que leur devoir est de mettre à la disposition des chercheurs de la matière scientifique telle que les revues académiques en plusieurs langues et d’encourager la nouvelle génération de chercheurs de toutes les tendances. Ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui.

***
Le manque de reconnaissance des Tunisiens envers certaines personnalités arabes qui ont contribué à la lutte nationale et culturelle de notre pays :
Qui, parmi les Tunisiens aujourd’hui, connait le Dr. Mohamed Fadhel Jamali, ancien Premier ministre irakien, ou encore le journaliste Mounir Chama’, deux personnalités qui ont tant donné pour l’indépendance politique et culturelle de notre pays ?
Je ne pense pas que la nouvelle génération sache qui sont ces deux personnes. Le Dr. Mohamed Fadhel Jamali était l’ancien ministre des Affaires étrangères irakien. Il a représenté la Tunisie lors des débats aux Nations Unies. Il a accordé aux leaders politiques tunisiens des passeports irakiens et leur a offert un soutien matériel. C’est pour cette raison que Bourguiba est intervenu auprès de Abdelkarim Kacem afin qu’il épargne la vie de Jamali. Il l’a accueilli en Tunisie, lui a accordé la nationalité tunisienne et lui a permis d’enseigner à l’université tout au long de son séjour dans le pays. Il le recevait au palais à toutes les occasions. J’ai personnellement rencontré le Dr. Jamali durant les vingt dernières années de sa vie. Nous avons à plusieurs reprises discuté de questions touchant la Tunisie ou le monde arabe. Il a publié plusieurs ouvrages en Tunisie mais personne ne se souvient aujourd’hui de son rôle politique ou éducatif dans notre pays.
Le regretté Mounir Chama’ adorait la Tunisie et aurait souhaité y être enterré. L’ingratitude des Tunisiens et les problèmes familiaux l’ont obligé à partir à Amman où il décéda une semaine plus tard. Le journaliste Abdelsalem Lasilaa a publié la longue interview qu’il a faite avec lui en plusieurs parties en juillet dernier dans le journal al-Waqa’i‘ al-tunisia montrant l’amour que ce journaliste avait pour notre pays.
Où sont la municipalité de Tunis et le ministère de la Culture pour immortaliser leur souvenir ?

 
Le 40ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine sur : Le partenariat économique, politique tuniso-libyen et son impact sur la construction maghrébine Tunis : 3.4.5 octobre 2013
 

La Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l'Information,
et  La Konrad Adenauer Stiftung  organisent :

Le 40ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine sur :
Le partenariat économique, politique tuniso-libyen et son impact sur la construction maghrébine
Tunis : 3.4.5 octobre 2013

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Adresse de la Fondation à Tunis : Immeuble FUJIFILM –
Centre Urbain Nord – Charguia I - Tunis 1003
Tél. (00216) 71 231 444 ou (00216) 71 751 164
fax :(00216) 71 236 677
E. Mail : fondationtemimi@yahoo.fr ou fondationtemimi@gnet.tn /
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5ème congrès du coût du non Maghreb sur :
L’avenir du partenariat économique et politique tuniso – libyen et son impact sur la construction maghrébine

Notre Fondation depuis sa création il y a 30 ans a traité de très nombreuses problématiques à l’échelle maghrébine, en invitant des spécialistes maghrébins, des Européens et des Mashrikains ; d’ailleurs tous les actes de ces congrès ont été publiés à temps en français et arabe.
Il nous a paru à l’évidence le faible rendement des centres du Mashrik et du Golfe pour le Maghreb ; nous avons alors pu organiser 5 congrès sur le Coût du non Maghreb, 6 congrès sur la censure intellectuelle dans le monde arabe et d’autres congrès sur la Bonne Gouvernance, la Transition Démocratique, le partenariat euro-maghrébin, l’anti-corruption, la société du savoir et le dialogue arabo-turc, le dialogue hispano-maghrébin, anglo-maghrébin, le dialogue golf-maghrébin. En outre on s’est intéressé à développer une base de données, la première dans le monde arabe, pour recueillir les témoignages sur la mémoire nationale et maghrébine ; plus de 1450 d’enregistrements audio-visuels, ont permis de publier plus de 220 textes (50 pages chacun) à base d’archives personnelles ; comme la Fondation a réussi à organiser un grand nombre de tribunes contemporaines et un congrès sur la révolution tunisienne ce qu’aucun autre centre maghrébin, mashrikain du Golf ou européens n’a pu réaliser ; les Maghrébins doivent avoir confiance et la question n’est pas liée à l’argent, mais plutôt à une vision stratégique pour faire valoir la valeur de la recherche scientifique dans les pays arabes.
C’est dans cette orientation que nous vous adressons le programme du 5ème congrès du partenariat tuniso-Libyen, en insistant sur son aspect purement académique loin de toute propagande gratuite.

A. Temimi
*********

Plaidoyer pour un partenariat tuniso-libyen : Vers une complémentarité totale des deux pays !

Pr. Abdeljelil Temimi

Depuis plusieurs années déjà, notre Fondation témoigne un intérêt constant en faveur d’un rapprochement des points de vues des Maghrébins, afin que puissent se réaliser les premiers pas de la construction politique, économique et scientifique du Grand Maghreb. A cet effet, quatre congrès ont été organisés autour du thème « Le coût du non-Maghreb », trois d’entre eux au sein de la Fondation à Tunis, un autre s’est tenu à l’université Abdelmalek Essaadi de Tanger, donnant lieu à 52 études scientifiques à Tunis en langue arabe et 41 autres en français ; 300 pages d’analyses et de propositions ont également été rassemblées ! Puissent ces textes de débats, traduits en français, contribuer à réaliser le rêve d’un Grand Maghreb auquel étaient attachés nos combattants nationaux, nos hommes politiques et intellectuels tout au long du XXe siècle.
Rappelons les grandes étapes, qui sont au nombre de quatre, de la construction du Grand Maghreb : Il y eut d’abord la création des deux Bureaux au nom du Grand Maghreb à Damas et au Caire 1946-1947 ; puis, un congrès historique s’est tenu à Tanger en 1958 où ont été posés les fondations et les mécanismes futurs de la construction du Grand Maghreb. Ensuite, le Traité de Marrakech en 1989 a traduit en termes de lois les principes et les fondements de cette construction. Le récent mouvement du printemps arabe qui a ébranlé la Tunisie et la Libye, mettant fin à deux des pires dictatures qui avaient entravé la marche naturelle et raisonnée de la construction de l’Union du Grand Maghreb, ouvre enfin de nouvelles et prometteuses perspectives.
Malgré les déceptions et les revers successifs depuis le Traité de Marrakech, il ne fait aucun doute que ce projet gagne de plus en plus d’adhésion dans la société tunisienne et libyenne qui croit à un partenariat durable, une complémentarité entre les deux pays ; ceux-ci constituent une première base, solide, pour jeter les jalons d’un partenariat élargi sur le plan économique, politique, social, sécuritaire, judiciaire et culturel…Ce que le climat général laisse entendre aujourd’hui, ce qu’il exprime avec force, entêtement et même avec ironie, en s’adressant à nous : « jusqu’à présent, vous hommes politiques, économistes, intellectuels, de quelques bords que vous soyez, vous n’avez pas été capables de décider de votre destinée commune, de concrétiser vos accords, et qui est pourtant votre seule issue !» Œuvrons ensemble sans plus tarder, et posons un nouvel agenda pour initier un réel partenariat économique, politique, sécuritaire et social. C’est un appel pressant que l’on adresse à tous les hommes politiques de Libye et de Tunisie.
Si le projet d’union annoncé à Djerba en 1974 a échoué pour des raisons connues aujourd’hui, la nouvelle situation géopolitique née des révolutions tunisienne et libyenne nous impose une révision du projet du Grand Maghreb et une nouvelle architecture efficace et prometteuse dont le moteur principal serait un partenariat tuniso-libyen, sans pour autant négliger l’Algérie qui demeure le nœud central et incontournable pour la future construction maghrébine !
Je remercie tous les participants : diplomates, universitaires, experts, car nous comptons sur leurs analyses, leurs suggestions, leurs débats responsables pour pousser ce partenariat privilégié vers l’avant.
Merci encore à la Fondation Konrad Adenauer et à son directeur Hardy Ostry qui n’ont cessé depuis 25 ans d’encourager et d’approfondir le dialogue entre les pays du Maghreb et entre ceux-ci et l’Europe pour la construction d’un espace maghrébin uni sur le plan économique, politique, culturel et démocratique…
Nous adressons enfin ce message à toutes les organisations de la société civile, aux ministères chargés de ce dossier qui ont trop longtemps fait trainer le processus, à prendre des décisions courageuses, à adopter des projets prometteurs en faveur du partenariat tuniso-libyen. Notre Fondation restera un espace académique, actif, ouvert et indépendant et ne cessera d’œuvrer pour réaliser ce rêve populaire commun.
Tunis le 24/08/2013 Abdeljelil TEMIMI

 
Bulletin n° 65 (juillet) : Préambules
 

Préambule n° 1 :

Silence et trahison des Arabo-musulmans qui ne demandent pas à l’Espagne de présenter des excuses pour avoir chassé les Morisques d’Andalousie en 1609 !

Nous avons, à plusieurs reprises, écrit à sa Majesté le roi Juan Carlos d’Espagne, à propos des excuses officielles que l’Espagne devrait présenter pour les injustices faites aux Morisques, tout comme celles faites aux Juifs pour avoir été chassés d’Andalousie. Les autorités espagnoles refusent de le faire lorsqu’il s’agit des Andalous à cause de l’absence d’une position arabe unifiée. J’ai personnellement condamné toutes les organisations arabes et musulmanes sans exception, parce qu’elles ont trahi la cause et n’ont pas adopté de position honorable à ce sujet malgré nos innombrables appels depuis vingt deux ans. Ces responsables doivent méditer la position de Louis Cardaillac, ce professeur français qui souhaite que le monde arabo-musulman mais aussi le monde entier, demande aux autorités espagnoles de reconnaitre les abus et crimes commis à l’encontre des Morisques. C’est une dette que nous devons nous acquitter. Nous avons à la lumière de ce qui précède, préparé une pétition adressée en date du 01/07/2013 pour qu’elle soit signée par les élites politiques, universitaires et par les organisations de la société civile. Toute signature supplémentaire sera la bienvenue. Nous l’adresserons ensuite aux autorités espagnoles.

Tunis le 26/06/2013 Prof. Abdeljelil Temimi

***

Préambule n° 2 :

L’université de Tunis décerne le doctorat Honoris Causa au professeur français Louis Cardaillac :

Lors de la tenue du 16ème congrès d’études morisques, à la fin du mois de mai 2013, le professeur français Louis Cardaillac, l’un des meilleurs historiens moriscologues, qui réside actuellement au Mexique, nous avait fait l’honneur de sa présence. Connaissant son envergure scientifique, j’ai proposé que lui soit accordé le doctorat honoris causa, ce que le ministre de l’Enseignement supérieur, M. Moncef Ben Salem, le président de l’Université de Tunis, M. Hamida Ben Aziza et le doyen de la Faculté de sciences humaines et sociales, M. Noureddine Kridis, ont accepté. Le jour de la cérémonie, notre invité a prononcé un discours très touchant, un message adressé à tous, responsables et chercheurs. Dans le but d’une large diffusion, nous l’avons distribué à tous nos contacts, en français et en arabe. Tous les ambassadeurs européens ont brillé par leur absence, notamment l’ambassadeur français bien qu’une invitation lui ait été adressée. Occupés, ils n’ont probablement pas accordé à cette manifestation l’attention nécessaire !
Nous voulons souligner aux responsables universitaires et directeurs de centres arabes qu’il y a de nombreux savants non arabes qui ont beaucoup apporté à l’histoire du monde arabe. Un hommage aurait dû leur être rendu. Malheureusement, depuis les indépendances, seul un travail de propagande politique a été fait. Notre Fondation a essayé de suivre une autre voie en rendant hommage à 5 éminents chercheurs français, 4 espagnols, 1 turc, 1 allemand, 1 portoricaine, 1 soudanais, 2 égyptiens, 1 irakien et 1 tunisien, ceux qui ont vraiment laissé leurs traces dans le monde de la recherche en Sciences Humaines et Sociales.

 
Bulletin n° 65 Activités de la Fondation :
 
1 – Séminaires et tribunes de discussions durant les trois prochains mois :

- 06 juillet 2013 : Séminaire Si Hakim Karoui sur : - Récit des 5 jours passés à la Kasbah, du 19 janvier au 24 janvier ; - Attaques dont il a été l'objet ; - Analyse de la situation tunisienne actuelle
- 14 septembre 2013 : Séminaire de la mémoire nationale maghrébine avec le colonel algérien Mohamed Ramadan sur: la contribution personnelle importante et inconnue d’un tunisien qui avait été condamné à mort cinq fois, et a contribué au début de la révolution algérienne, le 1er Novembre 1954 : Allala Mohammed ben Mahmoud Hussein.
- 21 septembre 2013 : séminaire international avec l'ambassadeur de Chine à Tunis, M. Huo Zhengde sur le développement de la Chine et l'avenir des relations Siino - tunisiennes.
- 28 septembre 2013 :. Séminaire avec le Général Said El Kateb sur : Le phénomène du terrorisme dans notre pays

-Les publications :
Durant les trois derniers mois, la Fondation a publié les titres suivants :
1- Témoignages de M. Driss Guiga : Mon parcours dans la construction de l’Etat national à travers les Ministères de l’Education et de l’Intérieur entre (1954-1984), Mai 2013. 294p ; ISBN 978-9973-32-133-6
2- Le coût du non-Maghreb face aux enseignements du printemps arabe, Mai 2013. 526p ; ISBN 978-9973-32-134-3
3- Eclairages sur la Gauche tunisienne et arabe : parcours individuels, Juin 2013. 343p ; ISBN 978-9973-32-135-0
4- Place et rôle de Premier Ministre Hédi Nouira dans l’édification de l’Etat National, Juillet 2013. 270p ; ISBN 978-9973-32-136-7
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Congrès scientifiques déjà organisés :
1) : 11.12.13 avril 2013 : Le 39ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer sur La transition démocratique au Maghreb : Etat et perspective (son rapport final est sur notre site : www.temimi.refer.org ou sur facebook).
2) : 29-30 mai et 01er juin 2013 : Le 16ème congrès d’Etudes Morisques sur Les futures études morisques et l'activation du partenariat entre les chercheurs scientifiques (son rapport final est sur notre site : www.temimi.refer.org ou sur facebook).


Futurs congrès scientifiques programmés :

1) : 3.4.5 octobre 2013 : Le 40ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer sur Le partenariat économique et politique tuniso – libyen et son impact sur la construction maghrébine: (ci-joint la première circulaire) :
« La Fondation a eu le soin d’organiser 4 congrès sur le coût du non Maghreb et nous avons publié plus d’une centaine d’études sur ce dossier, (voir les actes des 3 congrès comme nous préparons les actes du 4ème congrès avec plus de 25 communications).
A travers les interchanges et les débats entre les participants, on a mis en évidence toutes les difficultés géopolitiques et économiques de l’échec de l’unité maghrébine.
Nous persistons encore et toujours à maintenir vivant ce grand rêve formulé depuis plus de soixante ans par nos prédécesseurs, illustres leaders qui ont mené un véritable combat pour l’unité maghrébine à Damas, au Caire et au sein du Maghreb.
Mais eu égard aux difficultés, de tout genre, rencontrées déjà, quelques chercheurs ont avancé quelques idées avant-gardistes en insistant sur la problématique du partenariat tuniso-libyen comme étant une étape préliminaire et sérieuse à l’unité maghrébine ; d’ailleurs toutes les conditions sont réunies entre les deux pays pour faire valoir une telle opportunité d’avenir ; rappelons le ici qu’un nombre important de mesures administratives, financières et économiques dans le passé, ont été prises comme la circulation légale du dinar tunisien et de la livre libyenne au niveau de la Tunisie et de la Libye ; la circulation des capitaux, des biens et l’adoption de projets bilatéraux entre les deux pays, qui ont vu le jour, mais la personnalité controversée de Kaddafi a fait échouer toute initiative sérieuse pour la construction maghrébine.
C’est dans cette perspective que nous lançons ce congrès pour élaborer une feuille de route afin de convaincre les hauts responsables politiques des deux pays d’un véritable partenariat politique, économique et culturel qui, nous l’espérons, sera peut-être un exemple à suivre par la suite ; nous tâchons de convaincre tous les responsables politiques tunisiens et libyens d’y adhérer. »
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2 : 5-6-7 Décembre 2013 : le 41ème congrès du Forum de la Pensée contemporaine en partenariat scientifique avec la Fondation Konrad Adenauer, sur le thème suivant : L’avenir de l’Islam politique au Maghreb : défis, enjeux et attentes ((ci-joint la première circulaire) :
« Après des décennies de répression, les partis islamistes arabes se trouvent libérés par les révolutions du printemps arabe, lesquels ont mis fin à la thèse de l’exclusion arabe. Quelques régimes dictatoriaux se sont ébranlés, d’autres se sont obligés de changer leur mode de fonctionnement pour se sauver du mouvement révolutionnaire populaire. Partout, l’Islam politique se présente comme l’alternative pour un monde meilleur mais surtout pour une réconciliation avec soi-même et avec l’identité arabo-musulmane. Ainsi, les partis islamistes ont pu gagner les premières élections libres et accéder au pouvoir. Parallèlement, le thème de l’Islam politique est désormais à l’ordre du jour des think tanks en s’intéressant aux études futuristes sur l’espace géopolitique Maghrébin.
C’est dans cette optique que notre Fondation qui ne cesse d’étudier les problèmes de notre aire géostratégique, et en partenariat scientifique avec la Fondation Konrad Adenauer (à Tunis et en Algérie), a pris l’initiative d’organiser le 41ème congrès du Forum de la Pensée contemporaine sur :
L’avenir de l’Islam politique au Maghreb : défis, enjeux et attentes
Ci-joint les thèmes et sous-thèmes :
1-Islam et démocratie :
A – L’Islam et la modernité, les limites de l’harmonie où l’affrontement.
B –L’Islam et le système du pouvoir : révolution, démocratie et Khilafa
II-Les Islamistes et les expériences du pouvoir :
C - Les Islamistes et le système du pouvoir avant et après le printemps arabe : répercussions directes sur l’éducation et comportement général.
D –Le pouvoir des islamistes et les craintes de la société civile quant à l’islamisation générale de la société.
III-Les courants islamistes et la question de la laïcité :
E- Les Islamistes et le problème de consensus national
F- L’avenir des mouvements islamistes dans l’espace maghrébin et arabe en général. »

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3 : 06-07-08 février 2014 :-
Le 11e congrès international sur le corpus d’archéologie ottomane sur : 1- Pour une carte des sites et monuments dans l'espace géographique Ottoman ; 2- Corpus des inscriptions funéraires et monuments religieux en tant que témoin de la mémoire arabe durant l’époque ottomane. ((ci-joint la première circulaire) :
« Dans le but de maintenir ce cycle de congrès spécialisés sur le corpus d’archéologie ottomane dans le monde et conformément aux recommandations du 9ème congrès sont parus, nous avons le plaisir d’annoncer l’organisation du 11ème congrès sur les deux thèmes suivants :
1- Pour une carte des sites et monuments dans l'espace géographique Ottoman
2- Corpus des inscriptions funéraires et monuments religieux en tant que témoin de la mémoire arabe durant l’époque ottomane
Ce congrès aura lieu les 06-07-08 février 2014, au sein de la Fondation Temimi. Vous trouverez ci-joint une fiche de participation ; prière de bien vouloir la remplir et nous la rendre dans les meilleurs délais.
Quant à l'hébergement, nous sommes en discussion avec un des Hôtels à Tunis pour bénéficier des prix préférentiels ; nous vous informerons de toutes les données techniques à ce propos.
Cette invitation est adressée à tous les spécialistes archéologues et historiens ottomanistes arabes et internationaux ; une cotisation sera fixée ultérieurement.
D’autres informations vous seront adressées régulièrement. »
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4 :congrès sur La recherche dans les sciences humaines dans le monde arabe, sur la réalité et les paris futurs de la recherche scientifique et de la connaissance dans le monde arabe
 
bulletin n° 65 : Messages de transparence et de sincérité :
 


1/ - Un laboratoire national pour l’élaboration d’une liste de martyrs
L’importance que nous avons accordée à la mémoire nationale depuis une quinzaine d’années a trouvé un écho favorable auprès des leaders politiques, des élites, de la société civile et des citoyens, notamment à travers l’organisation de séminaires hebdomadaires et qui font la lumière sur de nombreux symboles de la mémoire nationale à travers le pays. Ce sont des personnes qui ont été occultées du récit officiel de l’histoire.
Nous avons consacré plusieurs séminaires à des symboles de la lutte nationale originaire des villes et régions suivants : Bizerte, le sud tunisien, Kairouan, Sousse, Monastir, Nabeul, Mahdia, Sfax, régions qui ont joué un rôle important. Nous avons également mis l’accent sur plusieurs personnes au rôle crucial dans la lutte, telles le Dr. Habib Thameur et MM. Youssef Rouissi, Ali Zlitni, Hassine Triki… et la liste reste longue. M. Habib Zarrouq vient d’achever un ouvrage sur le parcours de son père Ali Ben Makki Zarrouq, ouvrage dans lequel il évoque un autre symbole de la lutte nationale : Youssef Belhadj Bouguerra.
Il y a plusieurs années, M. Habib Zarrouq m’a rendu visite pour me donner des informations sur le parcours de son père, Ali Ben Makki Zarrouq, qui a été occulté. J’avais alors adressé un courrier au gouverneur de Kairouan en date du 14/12/2005 dont voici un extrait : « M. Ali Ben Makki Zarrouq a joué un rôle important dans la bataille de la libération nationale depuis le congrès du Néo-Destour en 1934, dont il connaissait les leaders les plus importants : Habib Bourguiba, Salah Ben Youssef, Mahmoud Materi… Il a été chargé de missions délicates et son domicile était un lieu où se retrouvaient de nombreux combattants. Il a participé aux batailles, raison pour laquelle il a été emprisonné pendant 4 ans après quoi il est sorti malade. Le bureau politique a envoyé Mongi Slim pour le représenter lors des funérailles où étaient également présents : Ali Belhaouane, Tayyib Slim, Rachid Idriss, Mabrouk Abdalsamad, Ali Zlitni… ». Ceci traduit la place qu’avait feu M. Ali Ben Makki Zarrouq. J’avais alors proposé au gouverneur de donner le nom de ce symbole, qui a donné sa vie au pays, à une rue de la ville !
J’ai appris par M. Habib Zarrouq que cette demande avait été refusée par le gouverneur Mondher Frigi. Cette prise de position s’est répétée avec de nombreux autres symboles de la lutte nationale qui ont été occultés par les responsables de l’Etat et du parti. J’ai personnellement été très touché par un chapitre rédigé par M. Habib Zarrouq dans son livre à propos de Youssef Belhadj Bouguerra qui sympathisait au départ Salah Ben Youssef. Il a vite compris que la concorde nationale est la meilleure issue pour la lutte nationale pour l’indépendance. Il a appelé à la réconciliation entre les deux leaders, Ben Youssef et Bourguiba, pour sauver l’indépendance du pays. Les partisans de Ben Saleh l’ont accusé de trahison surtout lorsque Bourguiba l’a chargé de se rendre au fief des Youssefistes pour leur demander de mettre fin à cette lutte fratricide qui pouvait mener le pays à la destruction. Bourguiba l’a donc chargé de négocier avec la partie adverse afin qu’elle dépose et rende les armes et accepte la réconciliation. Feu M. Youssef Belhadj Bouguerra n’a pas compris à l’époque les véritables intentions de Bourguiba et du bureau politique du parti. Il a essayé de convaincre les Youssefistes d’accepter le principe de la réconciliation mais il a été accusé de trahison et a été liquidé de la façon la plus atroce. Son corps a été jeté et est resté là pendant des jours. Ni Bourguiba ni ses hommes n’ont pris la peine de rendre justice à ce combattant de la première heure, ce qui est une trahison.
Sa famille a connu un sort malheureux puisque le frère du défunt a mis la main sur ses biens. Sa femme s’est retrouvée dans l’incapacité d’élever ses enfants et est décédée dans des circonstances douloureuses. Le devoir national aurait imposé que justice soit rendue à cette famille. Son fils, Mohamed Mongi Bouguerra a essayé de porter plainte contre celui qui leur a usurpé leurs biens. Il a aussi demandé à ce que la dépouille de son père soit transférée à Sidi Omar Bouhajla, ce qui a été fait dernièrement. La tragédie qu’a vécu ce nationaliste Youssef Belhadj Bouguerra et après lui sa famille est une honte dont les Youssefistes et les Bourguibiens portent l’entière responsabilité.
Le parcours de M. Youssef Belhadj Bouguerra dément les allégations de ceux qui prétendent respecter les personnes qui ont lutté pour la libération nationale. Je remercie M. Habib Zarrouq qui a écrit cet ouvrage qui contient les noms de nombreux martyrs occultés de la liste des martyrs de la patrie. Le lecteur de cet ouvrage trouvera à la fin une liste de martyrs et j’appelle personnellement à ce que les centres de recherche étatiques et privés créent un laboratoire de l’histoire du mouvement national qui aurait pour tâche la mise en place d’une liste complète de martyrs des différents bords politiques. C’est une tâche que devrait assumer les historiens de ce pays.

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2/ - La publication de 215 titres et de 3 revues académiques internationales :
Notre Fondation a publié à ce jour 215 titres et a assuré la parution régulière de 3 revues académiques qui publiait annuellement environ 120 nouvelles études en arabe, français et espagnol. Je citerai plus particulièrement la Revue d’Histoire Maghrébine qui a fêté ses 40 ans et qui a publié plus de 2200 études. Je voudrais rappeler que ces publications ne bénéficient d’aucun soutien financier. Cette production scientifique n’est suivie que par deux institutions dans tout le monde arabe. Il s’agit de la faculté Imam Awzai à Beyrouth et la Fondation du roi Abdalaziz Al Saoud à Casablanca. Les universités et centres de recherche arabes, et plus particulièrement ceux du Golfe, ne suivent pas de façon sérieuse la production scientifique au Maghreb et ailleurs et se contentent généralement de faire le suivi admiratif. Malgré cela, nous continuerons nos activités scientifiques régulières.
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3/ - Réponse à la lettre de ma collègue Amal Zach à propos du déni du rôle joué par la Tunisie dans la création de l’AFLI :
Tu me reproche, chère collègue, de ne pas rendre visite à la Jordanie, vue mes liens très étroites avec mes collègues jordaniens depuis plus de 32 ans grâce aux activités de l’AFLI. Je ne te cacherais pas que la situation dans laquelle se trouve cette union est aujourd’hui affligeante. Le rôle joué par la Tunisie a été complètement occulté au vu et au su de tous les Jordaniens qui savent très bien le rôle que nous y avons joué. Cela ressemblerait à la vengeance de la part des adhérents Jordaniens et machrékins, des associations, et plus particulièrement des Egyptiens, qui voudraient punir la Tunisie pour le rôle joué dans l’Union d’Afli. Comme vous le savez, j’ai, à plusieurs reprises, exprimé mon désaccord face à ces positions à notre égard. Pourtant, cela a été fait même après que j’ai accepté que s’alternent à la direction de l’Afli des représentants de différents pays arabes à condition que le Secrétariat Général reste à Tunis, lieu de naissance de l’Union. Aujourd’hui, inviter des Tunisiens est un crime pour les nouveaux responsables. Ma position de président d’honneur, accordée lors du fameux congrès du Caire, est occultée. Toutes sortes d’obstacles entravent aujourd’hui la participation des Tunisiens aux rencontres. C’est notre récompense pour avoir passé des milliers d’heures à faire progresser la structure pendant toutes ces années où nous avions en charge cette Union. Nous avons pu jeter des ponts scientifiques entre Maghreb et Machrek sans oublier nos sacrifices financiers lorsque l’Union était hébergée dans notre Fondation. Nous l’avons fait sans attendre de retour, juste parce que nous croyons en l’unité scientifique de ce monde arabe que nous aimons. Lorsque nous avons quitté l’AFLI, son budget s’élevait à plus de cent mille dollars. Nous faisions un compte rendu annuel de la situation financière aux adhérents. Apparemment aujourd’hui, la transparence n’est plus de mise dans les comptes. Les deux Tunisiens nommés ont participé à occulter le rôle joué par la Tunisie.
Face à ce triste panorama, veux-tu que je visite la Jordanie, l’Egypte ou les pays du Golfe ? ce que je refuse.
Voilà, ma chère Amal, ce que je voudrais te dire et c’est pour la première fois. Je peux te l’avouer car tu restes un élément de respect et de confiance.
Quant aux activités de la Fondation, elles sont nombreuses et participent, je l’espère, à promouvoir la connaissance scientifique dans le monde arabe, loin de la propagande mensongère mais sans aucun soutien financier.
Amicalement

 
Bulletin n° 64 : Préambule n° 1 :
 

Lettre ouverte à Monsieur Abdelaziz Bouteflika,  Président de la République Algérienne


Mr le Président,
Je ne comptais pas vous écrire cette lettre mais les événements précipités que vit la Tunisie aujourd’hui m’ont poussé à le faire, espérant que malgré vos nombreuses occupations, vous trouverez le temps de la lire.
La Tunisie, qui croit en sa complémentarité avec l’Algérie dans la lutte contre l’occupant, a accueilli plus de 35 mille soldats (résistants algériens) lors de la bataille de libératuion de l’Algérie et représentait sa base arrière. De nombreux militants tunisiens ont contribué aux batailles de libération et des hautes personnalités politiques tels Ibrahim Toubal et Ahmed Tlili ont veillé à ce dossier ; une première conséquence fut le bombardement de Saqiat Sidi Youssef par les Français.
Des armes en provenance d’Egypte ont traversé le territoire tunisien pour parvenir en Algérie, comme en témoignent les historiens surtout algériens. Le peuple tunisien a éprouvé de la sympathie pour la guerre de libération algérienne. Pour rappel, l’administration de la mosquée Zitouna a créé deux succursales à Constantine afin de participer à la formation des étudiants algériens qui s’y étaient inscrits par centaines et instruits par des cheikhs tunisiens qui se rendaient annuellement à Constantine afin d’assurer les examens. De nombreux militants et leaders algériens ont reconnu l’importance du rôle éducatif joué par la Zitouna dans leur formation. Ceci reflète la complémentarité entre les deux peuples. Malgré les divergences politiques qui ont opposé les tenants du pouvoir dans les deux pays, les deux peuples sont restés unis et continuent de croire que ce qui les unit est plus important que ce qui les sépare. Le fait que la Tunisie ait abandonné la borne du désert numéro 233 est significatif et traduit la foi inébranlable en l’unité de l’espace géographique tuniso-algérien pour la future construction maghrébine.
Je suis, en tant que chercheur, préoccupé par l’avenir de l’espace maghrébin. Il est vrai que depuis quelques temps la Tunisie traverse une période très critique économiquement, alors que l’Algérie ou la Libye ont des réserves pétrolières conséquentes et ont une rente de plusieurs milliards de dollars annuellement. L’Algérie a répondu favorablement au prêt demandé par la Banque Mondiale grâce à ses réserves monétaires importantes. Il aurait été souhaitable de soutenir la Tunisie sous quelque forme que ce soit. En tant que chercheur qui œuvre pour la construction du Maghreb et qui croit en la complémentarité entre nos pays, je suis peiné de constater cette nonchalance à laquelle je ne trouve pas d’explication logique. Je pense qu’il serait possible de soutenir la Tunisie à travers un simple dépôt à la Banque Centrale Tunisienne.
Soyez assuré, Monsieur le Président, que cette position est celle d’un chercheur indépendant politiquement. Je l’ai exposée à mon ami, monsieur Abdelkader Hajjar, ambassadeur algérien en Tunisie, que j’ai connu il y a plus de 42 ans à l’occasion des rencontres de la pensée musulmane organisées par notre ami, feu Mouloud Kacem.
Je me souviens que ma première visite en Algérie remonte à 1966. J’ai décidé par la suite de préparer mon doctorat d’Etat à l’Université d’Aix-en Provence, contrairement aux historiens tunisiens plutôt spécialistes de la Tunisie. Je suis tombé amoureux de votre pays et j’ai découvert à ce moment-là Hajj Ahmed, le dernier Bey de Constantine, et j’ai décidé de me consacrer à son étude.
Pour les besoins de mon travail, j’ai appris la langue turque. J’ai été le premier chercheur maghrébin et arabe à étudier les archives ottomanes sur l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Je suis par la suite partie en Grande Bretagne et j’ai découvert des centaines de documents sur l’histoire de l’Algérie. Tout ceci a contribué à enrichir ma thèse universitaire sur cette personnalité algérienne exceptionnelle. Pour rappel, Hajj Ahmed a envoyé la plus longue pétition, signée par des centaines de Constantinois au Parlement Britannique pour demander du soutien à leur lutte contre la France.
J’ai passé dix années à préparer ma thèse. J’ai effectué des dizaines de séjours dans les archives turques, britanniques, françaises et italiennes. Je n’ai absolument rien demandé à l’Algérie pour cela, car c’est la Tunisie qui a, en partie, soutenu ce travail. Ce travail, dont je suis si fier, a été publié il y a 35 ans et reste une référence en la matière.
J’ai, par la suite, créé la Revue d’Histoire Maghrébine, qui fêtera bientôt ses 40 années d’existence. Plus de 2000 études y ont été publiées dont 450 sur l’histoire moderne et contemporaine de l’Algérie, écrites par les jeunes historiens algériens qui nous ont fait confiance. Le numéro 150 de la revue comprend une partie importante sur l’histoire de l’Algérie avec 10 différentes études.
J’ai également organisé plus de 150 congrès maghrébin, arabe et international auxquels ont été invités des dizaines de chercheurs algériens dont les frais de transport et de séjour ont été assumés. Des liens scientifiques ont ainsi pu être établis. Notre bibliothèque leur a également été ouverte. 212 titres ont été publiés par la Fondation, avec 3 revues académiques régulières.
La Fondation a également ouvré à « maghrébiniser » le savoir et la recherche scientifique et 4 congrès ont eu lieu sur « le coût du non-Maghreb », dont trois à la Fondation et le 4ème à Tanger. Je pense que nous avons prouvé notre sérieux à vouloir contribuer à la construction du Maghreb malgré les nombreux obstacles.
Mon ami, monsieur Abdelkader Hajjar, était présent lors du dernier congrès organisé en septembre 2012 et a prononcé un discours d’ouverture. Je resterai fidèle à mes convictions maghrébines et à lutter pour la réalisation de ce projet de construction commune.
J’ai espoir que vous prendrez ma proposition en considération.
C’étaient là quelques-unes des idées que je voulais vous faire parvenir, Monsieur le Président.

Respectueuses salutations

Tunis le 21/3/2013 Prof. Abdeljelil Temimi

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Préambule n° 2 :

Absence de festivité lors de la fête de l’indépendance de la Tunisie,  le 20 mars 2013 :

J’ai dit et répété lors d’interviews à la radio et à la télévision nationales tunisiennes que l’absence de festivité cette année lors de la fête de l’indépendance de la Tunisie est une trahison des martyrs et des militants qui ont lutté pour l’obtention de cette indépendance, symbole dans notre mémoire nationale. Des centaines de personnes ont été exécutées et des milliers emprisonnées. Une partie importante de notre peuple a été marginalisée. Nous avons enregistré le témoignage de nombreux militants à la Fondation. L’assistance a quelquefois eu les larmes aux yeux en entendant les récits de ces militants qui ont tout sacrifié pour cette indépendance. Certains des condamnés ont laissé une dernière volonté aux générations à venir : « nous avons sacrifié nos vies pour cette indépendance. N’oubliez pas qu’elle nous a coûté nos vies » !
Nous avons précédemment écrit que cette indépendance était le fruit de la lutte de tous les Tunisiens et Tunisiennes, des différentes écoles de pensée et non le résultat du parcours militant d’un seul homme. L’honnêteté nous impose de reconnaitre le rôle avant-gardiste du leader Habib Bourguiba et l’ampleur de sa lutte, mais cela ne doit pas nous faire oublier le rôle joué par de nombreux autres leaders de toute la Tunisie, zeitouniens, youssefistes et hommes de gauche qui ont fait tant de sacrifices. C’est une question historique et personne, quelque soit sa position au sein du pouvoir, ne doit nous imposer sa logique ou son opinion. Seuls les historiens ont les compétences requises pour recadrer la vérité historique, surtout pas ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui. Leur comportement lors de cette date de l’indépendance traduit une ignorance totale des aspects de la lutte nationale et de ses symboles, leur excuse étant que le pays traverse une période économiquement difficile !
Le gouvernement de la Troïka a commis une grave erreur vis-à-vis de notre histoire, de notre mémoire, de nos héros et de nos symboles tels que Farhat Hached, Hédi Chaker, Habib Thamer, Saleh Ben Youssef, Youssef Rouissi, Mohamed Saleh Nayfer ainsi que de nombreux symboles féminins. Seuls les historiens honnêtes et apolitiques sont à même d’écrire l’histoire du mouvement national loin des allégeances et des oublis volontaires de l’histoire de la lutte nationale et de la mémoire nationale.

 
Bulletin n° 64 : Messages de transparence et de sincérité :
 

1/ Lettre à M. Hamadi Jbali, Chef du Gouvernement Tunisien
Suite à la rencontre d’hier, qui a réuni une sélection d’hommes de la Tunisie afin de discuter de votre courageuse initiative à un moment historique important, j’aimerais vous faire part de quelques remarques, partant de la confiance que vous nous avez accordée afin de renforcer la communication et d’aider à sauver notre pays en ces circonstances délicates. Ce Conseil des Sages, constitué de façon spontanée et composé de personnalités nationales, a appuyé, aux yeux de tous, la mission que vous vous êtes fixée pour sauver le pays :
Premièrement : D’un point de vue personnel, je pense que la présence du Général Rachid Ammar a un écho important à cause de l’entente qui semble caractériser vos rapports. C’est une garantie importante, susceptible de barrer la route à toute interrogation non innocente. J’en ai été d’autant plus convaincu après avoir écouté l’intervention du Général qui a réaffirmé le consensus qui vous unit pour le bien du pays.
Deuxièmement : il me plait à penser, M. le Chef du Gouvernement, que vous avez très bien compris la situation dans laquelle se trouve la Tunisie et vous avez opté pour les intérêts du pays avant ceux des partis, des organisations et des individus. L’histoire de la Tunisie contemporaine témoignera que vous avez agi en Homme d’Etat en un moment historique clé.
Troisièmement : il serait utile, comme vous l’avez mentionné, de nommer des personnalités de régions différentes ainsi que des représentantes féminines, comme cela vous a été suggéré. Il serait souhaitable de choisir des personnalités d’autres tendances, plus indépendantes et moins nombreuses. Je vous suggérerai également un ou deux universitaires a politiques.
Quatrièmement : vous nous avez invité à soutenir votre initiative historique au sein de la société civile. J’ai décidé d’y consacrer la séance du Séminaire de la Mémoire Nationale du samedi 2 mars, en invitant les partis, les différentes composantes de la société civile et qui tous respectent la ligne indépendante de la Fondation.
Je resterai à votre disposition pour vous suggérer quelques noms, si vous me le demandiez.
Que Dieu vous aide dans votre tâche.

Tunis le 13/02/2013 à 12h00 Abdeljelil Temimi

* Aujourd’hui, j’aimerais faire une remarque suite au refus opposé par les dirigeants d’Ennahdha au projet présenté par M. Hamadi Jbali de former un gouvernement composé d’hommes compétents qui auraient pour objectif de sauver le pays. Je pense que les dirigeants d’Ennahdha portent la responsabilité historique de l’échec de la proposition soutenue par 73% de l’opinion publique. M. Hamadi Jbali sera probablement amené dans l’avenir à jouer un rôle politique important car il a prouvé sa maturité politique.

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2/ les 40 années de la Revue d’Histoire Maghrébine fin 1973 – 2013
A la fin de cette année, nous allons fêter les 40 ans de la RHM, revue qui a publié plus de deux mille études scientifiques, principalement en arabe puis en français, en anglais et en espagnol, ceci en toute régularité puisqu’elle n’a jamais eu à souffrir de retard dans la publication. La RHM a été la tribune de deux générations d’historiens qui lui reconnaissent l’avantage d’avoir contribué à faire connaitre leurs travaux aux niveaux maghrébin, arabe et international.
La RHM a résisté aux difficultés rencontrées à cause de certaines pratiques malheureuses de certains universitaires tunisiens et maghrébins. Elle a contribué à l’épanouissement de la recherche historique en langue arabe, ce que les responsables d’universités ont essayé de marginaliser. Nous avons également publié régulièrement en français, ce que n’ont pas fait le reste des centres de recherche tunisiens et maghrébins et même français au niveau du Maghreb.
Notre publication, non gouvernementale, est l’une des plus anciennes au niveau du monde arabe. Elle a publié des milliers de documents depuis 40 ans. Elle est devenue l’un des seuls liens entre différentes générations d’historiens maghrébins, notamment algériens. Le nouveau numéro 150 à paraître ces jours prochains contient à lui seul 10 études académiques de jeunes historiens algériens. Les ministères de la culture et de l’Enseignement supérieur maghrébins continuent d’ignorer les réalisations de cette publication qui a offert, à travers des centaines d’études sur le Maghreb à l’époque moderne et contemporaine, un nouveau cadre pour la construction scientifique et culturelle maghrébine. Ceci traduit le manque d’intérêt dans la planification culturelle pour la dimension maghrébine chez tous ces ministres.
Il est primordial de rappeler ces quelques vérités. Lorsque l’Institut Supérieur de l’Histoire du Mouvement National a organisé une journée d’étude sur les revues scientifiques tunisiennes, nous n’y avons pas été invité bien que nous ayons trois périodiques scientifiques à notre actif. Ceci fait partie de la malhonnêteté qui caractérise certains universitaires, tunisiens et maghrébins. Pourtant, la recherche historique au Maghreb doit beaucoup à nos trois périodiques, sans entrer dans le niveau scientifique et la non régularité de parution des autres publications académiques. Rappelons enfin que les numéros 149-150 de la RHM, couvrant le premier semestre 2013, paraîtront dans quelques jours.
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3/ - Le nouvel ambassadeur japonais et le dîner organisé :
J’ai rencontré le nouvel ambassadeur japonais à une réception organisée par l’ambassade indienne. Nous avons abordé différents sujets lors de notre discussion. Je l’ai notamment informé que j’avais été invité par l’université de Tokyo à donner différentes conférences. Nous avons également parlé de la place de la recherche scientifique aujourd’hui, sujet considéré comme le talon d’Achille dans tout le monde arabe depuis les indépendances. Le monde arabe n’a toujours pas compris qu’il n’y a pas d’avenir sans une priorité accordée à ce dossier, loin des slogans creux, surtout dans ce monde où internet joue un rôle si central. J’ai également entretenu l’ambassadeur des activités de la Fondation et il m’a demandé de l’informer dans l’avenir de nos projets.
Quelle ne fût pas ma surprise lorsque sa secrétaire m’a informé, quelques jours plus tard, que l’ambassadeur était très heureux de notre rencontre et voudrait organiser un dîner en mon honneur !
Que les ambassadeurs en prennent de la graine. Ce sont des actions comme celles-là qui donnent à la diplomatie tout son sens et contribuent au rapprochement entre les peuples.

 
MESSAGE A L’OPINION PUBLIQUE TUNISIENNE SUITE A L’ASSASSINAT DE CHOKRI BELAID
 
Les soussignés,
Suite à l’assassinat dont a été victime le militant Chokri Belaid, coordinateur du Mouvement des Patriotes Démocrates,
Prenant note de la situation dramatique sur le plan politique et social et sur le plan sécuritaire que traverse actuellement le pays et qui l’a conduit dans une tourmente de violence extrême,
Conscients du devoir de tous les Tunisiens de s’unir en vue de la sauvegarde du pays et de sa protection contre les nombreux dangers qui l’entourent de toutes parts,
S’inclinent devant la dépouille du regretté Chokri Belaid, militant de la première heure de la lutte pour la démocratie et pour la justice,
Considèrent cet assassinat dont a été victime Chokri Belaid comme un crime politique, caractérisé, et le dénoncent avec la plus grande force,
Présentent à toute la famille du défunt et à ses proches ainsi qu’à tous les militants du Parti Patriotique et Démocrate leurs plus sincères condoléances,
Considèrent que ce crime s’inscrit dans une politique qui fait appel à la violence comme moyen d’action politique, dont le rythme est allé en s’accélérant inexorablement vers la mise en œuvre des formes les plus extrêmes de la violence dans les relations entre les partenaires politiques,
Affirment que l’aggravation du recours à la violence et au crime politique, n’ont pu avoir lieu qu’en raison du laxisme, qui va jusqu’à la duplicité, manifesté à l’endroit de ceux qui commettent ces actes répréhensibles et criminels,
Relèvent avec force que ces actes criminels sont d’autant plus graves et condamnables qu’ils s’inscrivent dans un contexte national et international de crise chargée des périls les plus graves,
Dans ces conditions, les signataires de la présente Déclaration,
- Lancent un appel à toutes les parties prenantes sur la scène politique tunisienne, en vue d’éviter tout risque de se laisser entrainer dans la spirale de la violence, et en vue de les inviter à faire montre du plus grand calme et de la plus grande retenue et, en même temps, de demeurer en éveil face aux nombreux dangers qui entourent le pays et d’agir d’une manière concertée en vue de sortir le pays de la grave crise dans laquelle il est actuellement plongé et de rompre radicalement avec le processus de la violence, dans toutes ses formes,
- En conséquence, les soussignés lancent le présent appel en vue de la réalisation des objectifs suivants :
1- Prendre les dispositions nécessaires en vue de mettre immédiatement fin au processus de la violence et d’engager des poursuites l’encontre de toutes les personnes impliquées dans ces actes criminels répréhensibles,
2- Criminalisation de tous les actes de violence, quelle qu’en soit la nature, qui engagent ou qui ont pour conséquence d’encourager la haine et la division entre les citoyens, et invitent toutes les parties prenantes à adhérer au Pacte de lutte contre la violence politique préparé par l’Institut Arabe des Droits de l’Homme et à s’engager solennellement à en respecter toutes les dispositions,

3- Déclarent que les autorités en place actuellement ainsi que toutes les forces hostiles à la Révolution sont les premiers responsables des conséquences de toutes sortes de l’actuelle politique laxiste à l’égard des fauteurs de troubles et de crimes politiques,
4- Sont convaincus que la situation politique actuelle dans le pays a atteint un degré de blocage particulièrement grave et que la seule voie pour résoudre ladite crise nationale est la constitution d’un Gouvernement de salut national qui soit composé de personnalités indépendantes, dont la mission sera d’établir d’une manière urgente, une feuille de route en vue de faire face aux difficultés et problèmes sécuritaires, politiques, économiques et sociaux, de sorte à permettre au pays de dépasser l’actuelle crise dans les délais les plus courts et de mettre fin à l’actuelle période transitoire dans les plus brefs délais et contribuer à la mise en place d’un contexte politique en vue de l’organisation des nouvelles élections dans les meilleures conditions possibles.

5- Font appel à l’Assemblée Nationale Constituante en vue de concentrer tous ses efforts afin de terminer dans les délais les plus courts, la rédaction du projet de constitution dans une version exprimant l’adhésion de la Tunisie aux préceptes et principes de la démocratie, des droits de l’homme dans leurs dimensions universelles, et proclamant l’attachement de la Tunisie de la Révolution aux principes de la justice et de l’équité sociales proclamés par la Révolution.
6- Lancent un appel solennel à toutes parties prenantes de la scène politique du pays en vue d’adhérer sans réserve à l’initiative de dialogue national proposé par l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens et d’activer fermement sa mise en œuvre de sorte à dégager une vision claire de l’avenir du pays conforme aux attentes de l’ensemble de la population tunisienne.

Fait à Tunis, le 6 février 2013 (18 heures).

Les Signataires :

Mustafa Filali – Sadok Belaid – Abdel Jalil Temimi - Mustafa Kamel Nabli – Abel-Latif Al-Fourati – Mohamed-Salah Ben Aïssa – Hamadi Ben Jabakkah – Slim Laghmani, - Farhat Horchani – Taoufik Bouderbala – Naji Baccouche – Abel-Sattar Ben Moussa – Abdel-Majid Charfi – Slaheddine Jourchi – Yadh Ben Achour – Tahar Boussemma – Hafidha Chékir – Fethia Zgouli – Abdel Basset Ben Hassine.
 
Tunisie-’’La politique économique adoptée depuis deux ans a montré ses limites’’.(Kamel Nabli)
 

L'ex-gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Mustapha Kamel Nabli, a estimé que la politique économique adoptée en Tunisie depuis deux ans après la révolution "a montré ses limites". "Deux scénarios sont, aujourd'hui, possibles pour le pays", a-t-il déclaré lors d'une rencontre organisée, samedi, à Tunis, par la Fondation "Temimi" pour la Recherche Scientifique et l'Information.
"Le premier est celui de l'enlisement de l'économie nationale alors que le deuxième, optimiste, table sur une reprise, mais conditionnée", a expliqué, M.Nabli, qui tentait de répondre, dans son intervention, à la question- thème de la rencontre: "quel futur de l'économie tunisienne, deux ans après la révolution?".
Ces deux hypothèses dépendent toujours de l'environnement politique, économique et social qui règnera dans le pays à moyen terme, a indiqué M.Nabli, qui s'est montré peu confiant dans une reprise de l'économie tunisienne dans le court terme, "étant donné la situation actuelle du pays".
Il a avancé que la relance dépendra de la mise en place d'un programme d'initiative et de développement de l'économie.
"Le gouvernement devrait inverser sa démarche actuelle pour rendre cela possible, et ce, en abandonnant ce qu'il appelle politique de relance de la consommation et en oeuvrant, plutôt, à dynamiser l'investissement et l'exportation" pense-t-il. Ceci nécessite également la mise en place de mesures radicales pour réformer la finance publique, le système des dépenses et de subvention, le secteur bancaire et celui du tourisme.
Dans le deuxième scénario, plutôt alarmiste, Mustapaha Kamel Nabli, estime que si les conflits sociaux et les problèmes sécuritaires persisteraient et si la situation politique restera dans le flou, "l'économie tunisienne sera condamnée à l'enlisement".
D'après lui, cette situation sera encore grave, en l'absence d'un climat favorable et d'un calendrier clair pour la tenue des prochaines élections. Il a ajouté, dans ce contexte, qu'une telle situation aura des répercussions sur les principaux moteurs de croissance, à savoir, l'investissement, l'exportation et la consommation.
"Ainsi, le produit intérieur brut ne pourrait pas dépasser les 3%, voir même en dessous de ce taux", a-t-il averti.
Par ailleurs, M.Nabli a aussi prévenu contre de véritables dangers auxquels le pays devra faire face, si un climat de marasme persiste. Il s'agit, notamment, de l'incapacité de l'Etat à honorer ses engagements, face à une finance publique enlisée et de la difficulté à drainer des financements extérieurs. Dans ce cas, le gouvernement sera appelé soit à procéder au glissement du prix de change ou à suivre un programme international avec les institutions internationales pour examiner les politiques de la finance publique. Sur ce plan, l'ex-gouverneur de la BCT a indiqué que le déficit budgétaire réel est estimée, en 2012, à 8% (compte non tenu des ressources exceptionnelles, dons et ressources de privatisation), et non à 6,6%, comme il a été déclaré dans le rapport du gouvernement présenté à l'ANC.
Un autre risque évoqué par l'ex gouverneur de la BCT, celui de la précarité du secteur bancaire, dores et déjà, objet de difficultés structurelles, d'après lui. "Le secteur bancaire pourrait être menacé d'une crise et sera incapable de jouer pleinement son rôle", a-t-il averti.


TAP

 
Vient de paraître aux publications de la Fondation : l’Arab Historical Review for Ottoman Studies n° 45-46
 

ROLE DES CONGRES D’ETUDES OTTOMANES DANS LE DEVELOPPEMENT DE LA RECHERCHE HISTORIQUE

Abdeljelil TEMIMI

Ceux qui suivent la recherche historique dans le monde arabe, vont se rendre compte que nos congrès spécialisés sur les études ottomanes lancés en 1981, et poursuivis jusqu’aujourd’hui furent organisés conjointement par notre Fondation et l’Arab Committee for Ottoman Studies (ACOS) ; au total, 14 congrès ont été organisés et ont contribué au développement de ces études avec la participation d’historiens arabes et internationaux ; cette participation, très appréciée, a permis d’affirmer l’école ottomaniste arabe qui a utilisé les archives ottomanes, locales et internationales. C’est ainsi que les études ottomanes sont devenues dans les pays arabes une spécialité très sollicitée par la nouvelle génération, dont le nombre ne cesse d’augmenter ; ces jeunes historiens se sont orientés vers l’apprentissage de la langue osmanli, afin de tirer profit des documents ottomans ; un aperçu sur l’évolution de la recherche historique arabe depuis 1972, nous permet de constater la rapide transformation de la méthodologie employée et qui fut derrière la diversité des recherches réalisées. Quant au 14ème congrès, il a été organisé avec la participation de plus de 25 historiens représentant deux générations, qui ont pris part et ont présenté des études originales en se référant aux nouvelles sources disponibles aujourd’hui que ce soit en Turquie, en Egypte, en Tunisie, en Algérie et en général dans les différents dépôts d’archives occidentaux.
Les deux numéros 47-48 de l’Arab Historical Review for Ottoman Studies ont réuni les actes du 14ème congrès d’études ottomanes. Ces deux nouveaux numéros ont rassemblé 24 participations en arabe et en français, qui nous sont parvenus de Tunisie, d’Algérie, du Maroc, de Libye, d’Egypte, de Syrie , d’Irak et de France. Malheureusement nous avons relevé l’absence de participants de Turquie, de Jordanie et de l’ensemble des pays du Golfe qui ne s’intéressent plus à prendre part à ces congrès sur les études ottomanes, prise de position malheureuse.
Nous publions donc dans cet ouvrage 13 participations en arabe et 10 en français ; en outre un intéressant dialogue, en langue arabe, a eu lieu entre tous les participants, et qui revêt une particulière importance.
Ces études ont traité l’économie, le commerce et l’agriculture dans le monde ottoman, la place du muhticep dans la gestion des domaines de l’Etat, les migrations et la répartition de la population, puis les maladies, les moyens de divertissement, les relations sociales entre les peuples, d’où une nouvelle lecture de l’histoire ottomane dans l’historiographie tunisienne ; il y a également d’autres sujets abordés par les participants, comme les relations socio-économiques entre Constantine et Tunis, des éclairages sur les trois régences ottomanes de Tunis, d’Alger et de la Tripolitaine à la lumière de nouveaux firmans des muhimme deftari d’Istanbul, les prisonniers algériens dans les sources nationales algériennes ; un nouveau regard sur les Janissaires de Mahdia venus d’Anatolie et des pays balkaniques pour devenir des notables locaux ; d’autres indices économiques à partir de la frappe de la monnaie ; le Caire comme centre de commerce international ; la vie et l’immigration des Juifs d’Egypte, d’Alger et de la Tripolitaine, l’intense courant d’échange culturel entre le Maghreb et le Mashrek et enfin le système judiciaire ottoman et turc.
Quant à la partie française, nous relevons l’intérêt porté aux mouvements transfrontières des tribus durant l’expédition française en Tunisie en 1881, les milices militaires dans la Régence de Tunis, les décès dans la ville d’Alger à la lumière des contrats charaïques ; puis l’image de la ville de Tunis, les nombreuses maladies des militaires subies comme la vieillesse ; également d’autres dossiers ont été traités comme les études de l’orientalisme et la démocratie des notables en Pologne aux XVIe et XVIIe siècles, les grands propriétaires de Henchir à la lumière de Cheftilik et Timar.. la mosquée de la Kasbah entre tradition hafcide et impact ottoman. On relève d’autres nouvelles lectures de l’histoire ottomane et la place de l’Etat ottoman dans l’historiographie Tunisienne.
Notre Fondation et l’Arab Committee for Ottoman Studies remercient tous les spécialistes qui nous ont fait confiance pour l’organisation de ces congrès d’études ottomanes depuis plus de trois décades. Je leur suis personnellement reconnaissant de leur appui et du soutien inconditionnel pour promouvoir les interchanges du dialogue scientifique entre historiens ottomanistes. Quant aux autres centres et organisations, aux historiens arabes, turcs et internationaux, qui n’ont pas pu y prendre part, c’est bien dommage ; néanmoins nous souhaitons leur présence dans nos prochains congrès. Cependant, nous continuons à faire avancer la recherche historique sur l’époque ottomane, avec la publication de nombreuses études, comme par le passé, pour enrichir la base de données que nous avons pu établir et qui est désormais incontournable pour l’histoire des provinces arabes, base de données réalisée, avec des moyens dérisoires et un personnel réduit comparé à d’autres centres qui bénéficient de moyens considérables; notre Fondation a réussi à publier plus de deux mille études sur les provinces arabes durant l’époque ottomane, c’est bien là notre fierté.
Nous continuons à assumer notre rôle pour promouvoir les relations arabo-turques qui nécessitent aujourd’hui, qu’on s’y intéresse de plus près, moyennant de nouveaux et divers projets de partenariat scientifiques avec les chercheurs turcs ; c’est là une invitation à la partie turque : politiciens, historiens ou chercheurs, toutes tendance confondues, pour contribuer à un nouvel élan sérieux, afin qu’ils soient plus des spectateurs, mais plutôt des acteurs pour prendre part au développement future des relations arabo-turques ; d’ailleurs le monde arabe a montré son sérieux dans cette voie depuis 32 ans et nous attendons de la part des Turcs le même dévouement et foi.
Je dois rendre hommage à notre cher et éminent historien Ahmed Jdey, disparu depuis quelques mois et que nous ressentons et profondément aujourd’hui la grande perte pour tous ses amis qui l’ont connu de très prêt et ont travaillé très étroitement avec lui, depuis plus de 25 ans.
Tunis 20/12/2012 Abdeljelil TEMIMI
***
TABLE DES MATIERES

1 – Partie française et anglaise

Pages
- Abdeljelil Temimi. - Rôle des congrès d’études ottomanes dans le développement de la recherche historique ………………………. 9

- Discours du Prof. Abdeljelil Temimi ................................ 12
- Discours du feu Prof. Ahmed Jdey au nom des participants ……… 15
Etudes :
- Amine, Mohamed. – Indices et mécanisme de l’échange commercial à travers les enregistrements d’un commerçant algérien au début du XIXe siècle (traduit de l’arabe par Abdeljelil Temimi) …… 17
- Arnoulet, François. - Mouvements transfrontaliers entre la Tunisie et la Tripolitaine en 1881 et 1882.
29
- Bachrouch, Taoufik. - La milice turco-ottomane de Tunis (tunus yeniçeri ocaghi ) …………… 33
- Fazai, Mongia. – Les échanges entre le Maghreb et le Machreq à travers les assemblées culturelles à l’époque ottomane (traduit de l’arabe par Nadia Temimi) ……… 55
- Hammache, Khalifa. Le décès dans la ville d’Alger à l’époque ottomane à travers les contrats de justice charique (traduit de l’arabe par Abdeljelil Temimi) .. 79
- Hemissi, Senda. - La nouvelle image de la ville de Tunis lors de l’instauration de la période coloniale..101
- Jdey, Ahmed. - La soldatesque tunisienne au XIXe siècle entre maladies, vieillissement et infirmités ……107
- Kahia, Béchir. - Orientalisme et démocratie nobiliaire en Pologne (XV-XVIIe siècle) ……………117
- Moalla, Asma. – Tshiftliks roumeliens et anatoliens et domaines agricoles de la Tunisie Ottomane 139
- Temimi, Abdeljelil. – Les régences ottomanes de Tripoli, Tunis et d’Alger à la lumière du nouveau dans les firmans de Muhimme Deftari ……………………….145
- Zmerli, Amira. - La mosquée de la Kasbah de Tunis : De la tradition hafside à l’apport ottoman………………... 161
Résumés de quelques études publiées en arabe :
- Azizi, Mohamed Habib. - Réseaux des relations bilatérales entre Tunis et Constantine à l’époque ottomane ……………………………………………………… 183
- Djemel, Abdelmajid. - L’incompatibilité de la politique anglo-française face à la régence de Tunis (1830-1878) et l’émergence du «sentiment national »………………..... 183
- El Bahi, Mabrouk. - La Sublime Porte dans l’historiographie tunisienne moderne ………………… 184
- Hareidy, Dr. Salah Ahamad. - Cairo as an International Commercial Centre at the 18th Century …185
- Kheire Bek, Bochra. - « La répartition des immigrés algériens en Biled Essham dans la deuxième moitié du XIXe siècle » …………………………………. 186
- Omar, Youssef Hussein. - "British Diplomacy Towards Pan-Islamism Policy 1876-1909" ………187
2 – Partie arabe
- Abdeljelil Temimi. - Rôle des congrès d’études ottomanes dans le développement de la recherche historique …………………… 9
- Discours du Prof. Abdeljelil Temimi ………….……… 12
- Discours du feu Prof. Ahmed Jdey ……………………… 15
Etudes :
- Amine, Mohamed. – Indices et mécanismes de l’échange commercial à travers les enregistrements d’un commerçant algérien au début du XIXe Siècle ……… 17
- El-Bahi, Mabrouk. - La Sublime Porte dans l’Historiographie tunisienne moderne ……..………….27
- Temimi, Abdeljelil. – Les régences ottomanes de Tripoli, Tunis et d’Alger à la lumière des nouveaux firmans de Muhimme Deftari ……………. 45
- Djemel, Abdelmajid. - L’incompatibilité de la politique anglo-française face à la Régence de Tunis (1830-1878) et l’émergence du «sentiment national » …………………. 77
- Hammache, Khalifa. – Les sources nationales sur les prisonniers algériens en Europe durant l’époque ottomane ……………………………………………………. 91
- Hamdi, Sonia. – Les Turco-ottomans à Mahdia : des immigrés militaires devenus des notables locaux, de la moitié du XVIIIe siècle à la moitié du XIXe siècle …. 153
- Assarraf, Abdurrahman Abdullah. – Introduction à l’étude du système judiciaire aux époques ottomane républicaine et turque (Asmet Abdelmajid Bakr) …….. 177
- Abdelaziz, Mohmamed Adel. – Les signes économiques et sociaux des monnaies utilisées en Egypte ottomane …. 189
- Azizi, Mohamed Habib. - Réseaux des relations bilatérales : Tunis et Constantine à l’époque ottomane ................................211
- Omar, Youssef Hussein. - British Diplomacy Towards Pan-Islamism Policy 1876-1909" ………225
- Fazai, Mongia. – Les échanges entre le Maghreb et le Machreq à travers les assemblées culturelles à l’époque ottomane …………………….…………….…273
- Hadhoud, Naji Abdelbaset. – Vie et immigration des Juifs d’Egypte de la Tripolitaine, d’Alger et Tunis aux XVIIIe-XIXe siècles …………………………… 297
- Hareidy, Dr. Salah Ahamad. - Cairo as an International Commercial Centre at the 18th Century …311
- Résumés de quelques études publiées en langue arabe.. 337

 
Parution ces jours des Mélanges Hassin Raouf Hamza aux publications de la Fondation
 
Nous avons annoncé avant le décès de notre regretté l’historien Hassin Raouf Hamza de quelques mois, que nous allons préparer des Mélanges en son honneur ; malheureusement la plupart des historiens tunisiens n’ont pas tenu leur promesse ce que nous regrettons profondément cette ingratitude de leur part ! notre projet initial pour les Mélanges vient d’être concrétisé en publiant, avec quatre mois de retard, deux importants et volumineux tomes ; merci à tous ceux qui ont répondu favorablement à notre appel pour rendre un vibrant hommage à l’homme, à l’historien Hassin Raouf Hamza.
Ci-joint les deux tables des matières des deux volumes avec notre préface.




Abdejlelil Temimi
 
LETTRE DE FIDELITE AU REGRETTE PROF. HASSINE RAOUF HAMZA
 

Ce livre d’hommage à notre regretté professeur Hussein Raouf Hamza est une marque de reconnaissance envers l’un des plus brillants historiens tunisiens que l’université tunisienne a perdu. Il était au sommet de sa productivité scientifique puisqu’il enseignait l’histoire tunisienne contemporaine et soutenait des dizaines d’étudiants qui ont fait leurs travaux sous sa direction. Il a été pour ces derniers un très bon encadreur et leur a suggéré, pour leurs travaux, de nombreuses problématiques importantes ignorées par la première génération d’historiens tunisiens et même français. Un regard rapide aux dossiers historiques qu’il a abordés ou sur lesquels ses étudiants ont travaillé démontre sa profonde compréhension des problématiques de l’histoire tunisienne contemporaine et l’attention qu’il a accordée à de nombreux dossiers ignorés.
Il faut souligner que le défunt professeur compte parmi les historiens spécialistes d’histoire contemporaine qui a, en comparaison avec d’autres spécialités, le plus grand nombre d’adeptes avec l’histoire moderne. L’historien tunisien contribue donc à la production du savoir historique sur son pays, en arabe et en français. C’est ce qui nous permet de parler d’une école historique tunisienne à laquelle ont contribué trois générations d’historiens dont les travaux se distinguent par l’intérêt accordé à l’histoire de la Tunisie sans pour autant être enfermés dans les frontières territoriales. Comparés à leurs homologues maghrébins, les historiens tunisiens sont ouverts sur leur espace régional maghrébin puisqu’ils suivent ce qu’il s’y publie et accueillent les travaux des historiens algériens, libyens ou encore marocains publiés dans la Revue d’Histoire Maghrébine depuis 40 ans.
Si les relations entre les membres de la première génération d’historiens ont été gouvernées par diverses considérations politiques et culturelles qui n’ont pas toujours favorisé la coopération, ceux de la deuxième génération ont dépassé ces héritages et se sont ouvert les uns aux autres tout en communiquant avec la première génération. Le professeur Hamza est l’un des plus éminents représentants de cette deuxième génération qui a largement influencé ses collègues et eu un impact positif sur ses étudiants qui lui en sont reconnaissants.
J’ai connu le professeur Hamza au milieu des années 1980 lorsqu’il a commencé à enseigner à la faculté des sciences humaines et sociales. La communication s’est faite de façon spontanée entre nous, contrairement aux rapports que je pouvais avoir avec des collègues avec lesquels on a partagé des années d’étude et qui sont restés fermés intellectuellement et idéologiquement, refusant constamment d’admettre les changements locaux maghrébins et arabes. De ce fait, ils sont restés prisonniers, pendant des décennies, d’idées, d’hypothèses et de théories qui ont eu pour conséquences de minimiser leur rôle dans la recherche.
Le regretté Raouf Hamza se distinguait, lui, par un respect profond pour les historiens qui ont joué un rôle véritable sur la scène scientifique. Notre relation s’est surtout développée dans le cadre des activités de la Fondation dont il suivait les activités à Zaghouan puis à Tunis. Les nombreuses interventions qu’il y a faites ont attiré l’attention sur la qualité de ses analyses. Nous avons publiés plusieurs de ses interventions dans les textes des séminaires de la mémoire nationale ou encore lors des colloques organisés sur le président Bourguiba. Nous avons encore le souvenir de ses analyses pertinentes lors de deux séminaires consacrés respectivement au Dr. Sliman Ben Sliman et à Bahi Ladgham et nous ferons en sorte qu’ils soient publiés prochainement. La Fondation a également accueilli sa dernière conférence d’adieu qu’il a donnée, intitulée « La révolution tunisienne au miroir de la révolution de la mémoire » !
Le défunt professeur écrivait essentiellement en français, ce qui traduit son souci d’ouverture sur l’autre en faisant parvenir le résultat de ses recherches au niveau international parmi les spécialistes d’histoire contemporaine de la Tunisie. En même temps, il enseignait en arabe et l’utilisait également pour écrire, contrairement à d’autres membres de sa génération qui ont étudié dans les universités françaises.
En s’arrêtant à la liste de ses publications, nous sommes frappés par la qualité de ses écrits. Ses analyses pertinentes de l’histoire de la Tunisie en font un éminent chercheur et un professeur regretté par ses étudiants et ses amis.
Je tiens ici à remercier les nombreux collègues et étudiants qui ont tenu à participer à la rédaction de ses deux volumes qui contiennent plus de 854 pages avec près de 39 contributions en arabe et en français. Je regrette que certains collègues, qui s’étaient engagés à participer, ne l’aient pas fait, malgré nos rappels insistant, contribuant à retarder la publication de cet ouvrage. Je réitère mes remerciements aux participants. Puisse cet ouvrage être à la hauteur de notre cher disparu, joyau de l’université tunisienne !

Tunis, le 06/10/2012 Prof. Abdeljelil TEMIMI

 
TABLE DES MATIERES Mélanges Raouf Hamza
 
 
1- Partie française
 
 
Pages
 
 
9
- Abdeljelil Temimi. – Hommage de fidélité à Hassine Raouf Hamza l’éminent historien, le disparu de l’Ecole Historique tunisienne …………………………………….
13
- Bibliographie générale de Hassine-Raouf Hamza
 
17
- Chebbi, Moncef. - Raouf Hamza, un homme sans histoires ………………
 
Etudes :
 
21
- Almi, Saïd . - Les saints simoniens en Afrique du nord : prélude à l’union maghrébine ? …………………….....
 
 
27
- Brondino, Michele. - Les révolutions au Maghreb et la crise européenne face a la globalization en méditerranée : quel impact sur les dynamiques maghrébines ? ……….
 
33
-Arnoulet, François. - Missions du Commandant Perrier (1878-1879 et 1881) …………………………………………
 
43
- Bachrouch, Taoufik. - La problématique laïque au lendemain des révoltes démocratiques …………..…..
 
 
63
- Bey, El-Mokhtar. - Tahar ben Amar, ancien Premier Ministre et Président du Conseil des Ministres Tunisiens, devant la Haute Cour de Justice (Août - Septembre 1958) ……………………………………………
 
125
- Dhifallah, Mohamed. - Participation et exclusion : Etudiants tunisiens et réformes de l’enseignement et de l’université : (1958-1986) ……………………………………..
 
 
145
- Ettayeb, Mahmoud. - Pouvoir et communauté en Tunisie après les événements de 1864 : Le cas des Awlad Saïd …………………………………………………….
155
- Houidi, Salwa. - Ali Bey et La gestion des crises ………
 
183
- Jallab, Hédi. - Un système de gestion de documents et d’archives : Pourquoi ? Comment ? …………….……..
 
191
- Jdey, Ahmed. - Habib Bourguiba et l’indépendance algérienne ………………………
 
209
- Kazdaghli, Habib. - Quelques notices biographiques de communistes de Tunisie, d’origine juive …….…..
 
229
- Sahbani, Karima. - La politique coloniale à l’égard des juifs : l’expulsion des Kabla, banquier de Djerba, au milieu des années trente du XXe siècle ……………
 
249
- Bachrouch, Taoufik. - La place de la religion dans l’approche historique chez Ibn Khaldoun……………
 
 
267
- Temimi, Abeljelil. – L’expérience des coopératives dans les années 1960, à la lumière d’un rapport des archives de la police politique du ministère de l’Intérieur ………
 
285
- Temimi, Abdeljelil. - Un plan de substitution pour réaliser la construction Maghrébine ! …………………
 
293
- Zmerli, Adnan. - Réflexions sur le projet de Constitution du parti Tunisien durant l’année (1919)
299
- Résumés de quelques études publiées en français
301
- Index des noms de personnes et collectivités ……………
309
- Index des lieux géographiques ………………………….
313
- Publications de la Fondation ……………………………
 
TABLE DES MATIERES
 
1- Partie arabe
 
Pages
 
 
11
- Abdeljelil Temimi. – Hommage de fidélité à Hassine Raouf Hamza : l’éminent historien, le disparu de l’Ecole Historique tunisienne …………………………………….
15
-Notice biographique de Hassine Raouf Hamza ………
 
Etudes :
19
- Borchani, Samir. – La présence maltaise en Tunisie durant deux siècles …………..
 
49
- Ben Youssef, Adel. – Protestations civiles durant la période de la lutte armée (1952-1954) et son impact sur le processus du mouvement national jusqu’en 1956
 
 
75
- Boutibi, Mohamed. – Rôle des immigrés algériens dans le mouvement national tunisien au début du 20ème siècle : Ahmed Tewfik El-Madani comme exemple..
 
93
- Temimi, Abdeljelil. – Le rôle national de Moncef bey pour la défense de l’unité, l’indépendance et les intérêts de peuple tunisien ……….......................................
 
117
- Thabti, Adel. – Les structures syndicales provisoires de l’U.G.E.T (1973-1977) et le chainon manquant de l’histoire du mouvement estudiantin tunisien…………….
 
127
- Jabli, Taher. – La question de l’armement au début de la révolution algérienne (1954-1956) à la lumière des rapports du congrès de la-Soummam et des efforts de la délégation étrangère………………………………………..
151
- Hakim, Kamel. – Problématique de l’écriture historique sur le phénomène des sports en Tunisie : Historiographie des activités physiques …………….
 
165
- Hannachi, Abdellatif. – Les dimensions arabes et maghrébines dans les écrits et les activités du Dr. Ahmed Ben Miled…………………………………………...
 
185
- Dali, Hamadi. – Le Beylik et l’assistance des fouqaha aux 18e et 19e siècles : Aspects et mécanismes ……..
 
195
- Saâdaoui, Brahim. – L’oliveraie de Hammam Sousse et sa place au sein de watan Sousse à l’époque ottomane
 
237
- Chabbout, Souad Yamina. – Les conditions de la fondation du FLN et du mouvement national algérien (MNA) (Novembre-Décembre 1954) ………………..…
 
281
- Chaâbouni, Mohamed. – Habous privés des oliviers au Sahel entre 1898 et 1912 : Caïdat de Sousse, comme exemple …………………………………………….………….
 
297
- Agueb, Ferid. – La famille de Salah Bouhajeb et son rôle dans le mouvement national ………………………
 
311
- Gharbi, Mohamed Lazhar. – L’Algérie et la révolution algérienne dans les études historiques tunisiennes ……..
 
333
- Fareh, Majdi. - Echo de la modernité et des lumières chez les élites tunisiennes : Le processus de la modernisation entre les théories et les pratiques de la réforme de 1831 à 1877 …………………………….…….
 
359
- Lounissi, Rabeh. – Le rôle dirigeant des étudiants algériens dans la révolution armée ……………….…..
 
371
- Mohsen, Jilani. – L’enseignement moderne non étatique en Tunisie et les problèmes du financement : L’Ecole coranique moderne sise Rue Sidi Ben Arous, comme exemple ……………………………………………..
385
- Nafati, Taïeb. – Béchir Dinguizli : Le médecin traducteur ……………………
403
- Houidi, Salwa. – Ali Bey et gestion des crises (1759-1782) ………………………
 
427
- Temimi, Abeljelil. – L’expérience des coopératives dans les années 1960, à la lumière d’un rapport des archives de la police politique du ministère de l’Intérieur
 
447
- Youssefi, Ismahan. – Archives privées et biographie : Mahmoud Materi, comme exemple …………………….
 
457
- Séminaire Hassine Raouf Hamza sur La révolution tunisienne au miroir de la révolution de la Mémoire ……
 
479
- Mohamed Dhifallah.- Un chef étudiant devenu historien : Interview avec Raouf Hamza …………….
491
- Interview réalisée par Adel Thabti au Raouf Hamza ….
505
- Résumés de quelques études publiées en arabe
513
- Dernière liste des publications acquises par la Fondation  ……………………………
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L’idée maghrébine est l’une de mes obsessions de recherche depuis un demi-siècle. J’ai pris de nombreuses initiatives, notamment celle d’encourager mes étudiants à se spécialiser dans une autre histoire que celle de la Tunisie, d’encourager la « maghrébinisation » de la recherche historique, du partenariat scientifique et des échanges universitaires qui se faisaient auparavant au grès des humeurs et des relations directes de certains doyens et secteurs mais sans réelle conviction.
Dans ce cadre, j’ai pris l’initiative de fonder la Revue d’Histoire Maghrébine à la fin de 1973. Nous avons fêté son 39ème anniversaire et 146 numéros ont déjà paru. Ce périodique a contribué à mettre en place le Maghreb culturel en se spécialisant dans son histoire moderne et contemporaine. Ce périodique, à la régularité de parution exemplaire, a publié des dizaines d’études sur le Maroc, l’Algérie, la Libye, quelques d’autre sur la Mauritanie, sans compter les travaux sur la Tunisie et depuis 1980, j’ai organisé un nombre important de congrès réguliers à l’orientation pro-maghrébine. J’ai invité des dizaines de chercheurs maghrébins et internationaux, comme notre Fondation a oublié 13 ouvrages sur le Maroc, 12 sur l’Algérie mais aucun ouvrage sur la Tunisie n’est paru dans ces pays !
Initiative :
Il y a huit ans, j’ai pris l’initiative d’organiser un cycle de congrès spécialisés intitulé « le coût du non-Maghreb ». Les deux premiers se sont tenus à la Fondation et le dernier à l’université Abdelmalek Saadi à Tanger, dont le sujet était « Le rôle des universités maghrébines dans la construction du Maghreb » . Les actes des trois rencontres ont été publiés, contenant près de 100 études sur des questions de géopolitique, d’économie, de recherche, de culture et d’administration. Ces rencontres ont également donné lieu à trois feuilles de recommandations que les chercheurs ont adressé aux hommes politiques, à leurs collègues, à l’élite et aux médias. Je les ai distribuées à large échelle afin qu’elle parviennent à tous les milieux en rapport avec le dossier maghrébin et avons encouragé notre réseau de recherche à les distribuer à son tour. Nous espérions que cela susciterait des réactions encourageantes dans l’opinion publique maghrébine et un véritable intérêt pour cette problématique d’union du Maghreb ! Les débats qui ont accompagné les deux premiers congrès sont importants car les participants, près de cent, ont analysé la situation de façon juste depuis la rencontre de Tanger en 1958 puis de Marrakech en 1989. Leur condamnation touche tous les Maghrébins, hommes politiques, hommes d’affaires, élite universitaire, banquiers, industriels, journalistes, écrivains…etc. Tous sont directement responsables du fait que le Maghreb soit resté un slogan orphelin et misérable. Certains nous ont même reproché de continuer à croire en la réalisation de ce rêve qui ne verra jamais le jour, d’après eux, au point qu’avant les révolutions du printemps arabe, des appels ont été lancés pour réaliser l’union économique avec l’Europe et les Etats-Unis en marginalisant l’union maghrébine (UMA). Malgré tout, je continuerai à croire en ce projet et en la possibilité de sa réalisation, comme l’a affirmé mon ami, le Dr. Mohamed Arbi Masari dans l’un de ses articles publiés dans le journal al-Charq al-Awsat il y a quelques années.
Les espoirs accompagnant les débuts de mise en place puis les mécontentements puis le désespoir de ceux qui croient en ce projet sont profonds. Personnellement, après quatre décennies de travail sur ce dossier dans son volet culturel et scientifique, et malgré les découragements que nous vivons aujourd’hui, je suis plus sévère avec les universitaires, les hommes d’affaires, les journalistes et les élites qui ont complètement échoué dans ce dossier d’avenir où il s’agit de protéger notre existence face à des regroupements importants à la tête desquels se trouve l’Union européenne qui est à une heure de vol du Maghreb !
Je n’ai plus confiance…
Je ne dévoilerai pas un secret en disant que je n’ai plus confiance en l’élite universitaire ni en les hommes politiques ou économiques et ne pense pas qu’ils puissent un jour jouer un rôle dans cette construction. Durant les trois dernières décennies, ils ont au contraire’ marginalisé ce dossier et certains ont même adopté des slogans pompeux et mensongers. Que faut-il donc faire pour sortir de cette impasse et est-il possible d’adopter une autre stratégie pour la construction de l’UMA à la lumière des changements géostratégiques que vit la région à la suite du printemps arabe ?
Je vais exposer certaines réflexions qui me sont venues à la lumière des changements que vit la Tunisie depuis la chute de Ben Ali et la situation nouvelle qui a changé toute la donne du système de gouvernance. L’opinion publique maghrébine a suivi la chute du régime de Ben Ali, mais il n’a probablement pas réalisé le rôle joué par les bloggeurs dans la précipitation de cette chute. Ces jeunes qui ont transmis aux autres des informations de première main sur les manifestations, les atteintes du régimes policier de Ben Ali et ont contribué à diffuser le tout sur Facebook et Twitter. L’opinion publique tunisienne a découvert, via les réseaux sociaux, les informations transmises par les bloggeurs qui ont contribué à internationaliser la révolution tunisienne . De nombreux sites et bloggeurs ont été par la suite récompensés pour leur travail notamment Nawaat (نواة) et Lina Ben Mhenni qui a été candidate au prix Nobel de la paix pour 2011. Ceci prouve encore une fois le rôle des bloggeurs.
Ce dont nous avons besoin :
Pour en revenir au dossier de l’UMA, dont la construction a jusqu’à aujourd’hui échoué malgré les centaines de rencontres de commissions ministérielles, nous avons besoin d’une campagne de sensibilisation à large échelle sur Facebook et Twitter, campagne faite par des bloggeurs comme ceux que nous avons évoqués. S’ils se prennent à croire en ce projet vital pour notre avenir, ils pourraient changer cette indifférence ambiante en un intérêt en montrant tous les avantages d’un « oui au Maghreb » et en mettant l’accent sur le manque à gagner économique, social, culturel d’un non-Maghreb. Les slogans des jeunes qui ont fait la révolution en Tunisie ne comportaient aucune référence à l’union maghrébine, ce qui prouve l’absence totale de cette problématique.
Ce dont nous avons réellement besoin, c’est d’une équipe de bloggeurs maghrébins actifs afin qu’ils conçoivent une campagne informatique à orientation maghrébine afin que cette idée fasse son entrée dans les maisons et les esprits de toutes les catégories sociales, notamment chez les jeunes générations afin de provoquer un séisme comportemental et mental, les poussant à réclamer par eux-mêmes la réalisation de l’UMA, quelqu’en soit le prix. C’était à l’époque la demande des leaders de la mibération maghrébine, des deux bureaux du Maghreb arabe à Damas et au Caire dans les années 1946-47. Ces bureaux étaient dirigés par une élite politique et des hommes qui croyaient réellement à l’idée de la réalisation de l’UMA après les indépendances. Il serait par exemple possible qu’une Institution de la société civile maghrébine prenne en charge la formation de dix bloggeurs de Tunisie, d’Algérie, du Maroc, de Libye et de Mauritanie et qu’ils soient professionnellement formés pour commencer une large campagne de sensibilisation bien pensée afin qu’elle soit une alternative à la solution politique de la construction de l’UMA.
Il y a d’autres initiatives à prendre sans tarder telle que l’unification des programmes scolaires en créant des manuels uniques pour tous les pays du Maghreb, oeuvrant entre l’école primaire à secondaire, à approfondir la dimension maghrébine dans les nouvelles générations et mettant l’accent sur la complémentarité entre ces pays. Il serait également utile de consacrer une émission audiovisuelle unique, diffusée sur tous les supports audiovisuels gouvernementaux et privés, axée sur l’avenir du Maghreb, qui détient plusieurs atouts qui peuvent en faire une force de poids dans la région. Le Maghreb est idéalement situé d’un point de vue géographique. Il possède de grandes richesses, des compétences, une complémentarité sociale, une histoire commune, notamment pendant les guerres de libération nationale. Il est à se demander si nous sommes à la hauteur de ce legs que nous avons reçu pour construire ce Maghreb confédéral, surtout que nous avons expérimenté cette option par le passé.
Les fondements de la construction maghrébine doivent avant tout être culturels. Il faudrait que nous pensions à mettre en place des musées et des théâtres ambulants qui auraient pour mission de montrer les dénominateurs communs dans la civilisation des pays maghrébins. Il y a donc un ensemble de dossiers à étudier, notamment la liberté de circuler, d’accéder à la propriété et de travailler pour tous les Maghrébins dans cet espace. Il faut faire une large consultation et des études approfondies, prendre en considération les intérêts dans la mise en place d’un véritable Maghreb qui pourrait, avec le temps, nous conduire à un marché maghrébin commun et à une monnaie unique. Nous pourrions alors représenter une force économique importante avec un poids démographique atteignant les 90 millions d’habitants. Nos rapports avec le reste du monde changeraient sûrement. Il n’y a, jusqu’à aujourd’hui, aucun film ou documentaire fait sur la lutte héroïque commune pour l’obtention de l’indépendance, ce qui pourrait nourrir l’imaginaire et créer de nouveaux comportements et une mentalité maghrébine commune. L’opinion publique connaît-elle les sacrifices de personnes telles que Mohamed Ben Abboud, Ali al-Hammi, Dr. Habib Thamer, Youssef Rouissi dont les noms sont tombés en désuétude. Il y a même certains étudiants, dans les départements d’histoire, qui se demande qui est Farhat Hached et quel a été son rôle syndical ! C’est pour cette raison qu’il est important, à mon sens, que le Maghreb soit d’abord une construction culturelle.
Tirer quelques leçons :
Il faudrait tirer les leçons du projet européen culturel « ERASMUS » qui a été à l’origine d’une magnifique dynamique de la jeunesse pour ancrer l’européanisation positive dans l’esprit et le comportement des individus et donc dans la société de demain. Nous avons appelé, lors d’un congrès, à concevoir un projet maghrébin similaire et avons proposé de l’appeler « Forum Ibn Khaldoun ». Le but serait d’ancrer la « maghrébinisation » à travers un échange massif des étudiants et des élèves. Ceci ne requiert aucune décision politique. Nous sommes lassés par les centaines et les milliers de décisions politiques qui ne sont que rarement appliquées. L’objectif serait la création de liens entre les Maghrébins de la nouvelle génération dans les élèves et les étudiants sont une partie importante puisqu’ils dépassent les 50% du total de la population. C’est sur cette génération qu’il faut compter pour la gestion future de l’Etat et non sur ceux qui ont atteint quatre-vingt ans et qui veulent encore jouer un rôle de leader dans la construction maghrébine alors que nous savons qu’ils n’en feront rien.
Mon objectif, dans l’exposé de ces idées, est avant tout de couper avec les slogans pompeux et creux et les décisions politiques funambulesques circonstancielles qui nous ont fait perdre l’occasion de construire la Maghreb depuis un demi-siècle. Personnellement, j’ai appelé, dans l’une de mes études, à unifier le drapeau et l’hymne national, à nommer des universitaires à la tête des institutions économiques sans considération de leur pays d’origine comme la nomination d’un Algérien à la tête d’une institution marocaine ou tunisienne et l’inverse. Certains m’ont alors accusé de rêver car pour eux, ceci ne se réalisera jamais. Il manque à tous les leaders politiques une connaissance de l’histoire de nos peuples, de notre civilisation et de notre lutte afin de tirer les leçons sur l’unité de cet espace maghrébin dans le passé. L’avenir de notre Maghreb dépend de tous les Maghrébins qui doivent prendre en compte les intérêts que nous imposent de nombreux paramètres économiques, politiques et culturels. J’espère que ces quelques idées susciteront l’intérêt et surtout le débat.

Prof. Abdeljelil TEMIMI

 
Driss Guiga : « Oui, en janvier 1984, le gouvernement Mzali n’avait plus de légitimité politique et Bourguiba, de légitimité éthique »
 


Le récit des événements de janvier 1984 a été très longtemps controversé. Après le témoignage de Driss Guiga, samedi dernier, la Fondation Temimi, c’est désormais une étape tirée au clair.

La 6ème et dernière session qui a été consacrée, cette lourde péripétie de l’histoire de la Tunisie peut mettre fin aux spéculations qui ont porté préjudice aux deux principaux protagonistes.
Revenant sur la genèse de cette affaire, Driss Guiga a brossé d’abord le cadre politique et social du pays durant toute l’année 1983. Et c’est la préparation du budget de l’année 1984 qui a constitué le catalyseur de ce qui va générer une explosion sociale en janvier 1984. Mansour Moalla, ministre du Plan et des Finances, ayant jugé que l’investissement n’était plus possible sans la limitation des fonds alloués, la Caisse de Compensation avec,, l’appui, un plan sur dix ans visant son extinction définitive. Bourguiba était de cet avis et exhorta même Habib Achour de le soutenir dans cette entreprise. Le défilé des maladresses politiques de 1983 se présente comme suit:
- camouflet de Mzali, Moalla en direct, la Télévision, lui déniant de parler d’augmentation des prix des produits de première nécessité, notamment le pain, et rassurant la population ce sujet, ce a qui abouti au départ de ce dernier le 18 juin, après des péripéties croustillantes relatées par Moalla dans son dernier ouvrage*;
- démission de Abdelaziz Lasram qui ne partageait plus l’option prise par Mzali, quelques mois après son différend ouvert avec Moalla ;
- mise en scène en Conseil des ministres avec le Maire de Tunis pour justifier l’augmentation des prix par le gaspillage (les poubelles de Tunis regorgent de pain);
- vote de la loi de Finances 1984, prévoyant l’augmentation des prix des produits de première nécessité par le Parlement, sans la moindre objection (sept abstentions seulement)
Dès lors le déclenchement des hostilités devenait inéluctable : Douz, Kebilli puis Feriana, Kasserine et Thala. En peu de temps c’est tout le pays qui s’est soulevé contre l’augmentation, plus de 100% du prix du pain, avec des pics, Gafsa, Gabès et Sfax. Bourguiba ayant été lui-même l’instigateur et Mzali l’exécutant soumis, il fallait justifier. La première réaction du régime par l’entremise de Mezri Chekir, la télévision est jugée inadaptée, voire provocatrice (2 janvier), celle de Mzali, le lendemain, plutôt musclée et déterminée. La riposte s’est alors corsée davantage malgré l’état d’urgence décidé par Bourguiba, son retour de sa visite périlleuse, Ksar Hellal, confirmation faite par Me Tahar Bousemma, qui était dans l’avion présidentiel et qui a apporté lors de cette session des compléments utiles et précieux. Ce n’est que le vendredi 6 janvier que la situation a été renversée par le « génie »de Bourguiba lequel annonça, la télévision le retour au statu quo. Encore une fois Bourguiba s’est dérobé, faisant ainsi une piètre démonstration de son dédain pour l’éthique politique. Or, « le malheur de l’homme provient de son inconséquence. » Pourtant, les événements similaires survenus au Maroc et en Egypte ne l’avaient pas dissuadé d’augmenter le prix du pain, allant jusqu’, dire, Guiga : « moi, je ne suis ni Hassan II ni Sadate. » Son ministre de l’Intérieur avait beau le flatter « mais vous êtes plus proche du peuple», rien n’y fit. Or, en bon juriste le président savait que le prix est un contrat tacite entre le vendeur et l’acheteur. Et puisque le prix du pain relevait du monopole de l’Etat, il était naturel qu’une augmentation aussi substantielle était une rupture unilatérale et abusive de ce contrat tacite, d’or cette réaction légitime, fondée et assumée de l’acheteur qui s’appelle le peuple.
A vrai dire, les caisses de compensation sont des mécanismes inventés par les gouvernants pour acheter le silence des populations, voire leur soumission ; ce faisant ils deviennent otages de l’engrenage provenant du droit acquis, des perturbations des budgets et des crises socioéconomiques cycliques, sans préjuger du préjudice causé par le gaspillage signe de l’irresponsabilité du citoyen. Le gouvernement a manqué en la circonstance de discernement : ayant prévu des indemnisations en faveur des ménages ciblés, il avait buté sur des contraintes du calendrier budgétaire pour servir cette compensation directe. Auquel cas, il fallait retarder l’augmentation des prix. En somme, de l’amateurisme politique. Quant, la gestion sécuritaire, elle a fait de son mieux pour limiter les pertes humaines, de l’aveu même de Bourguiba dans sa mémorable allocution télévisée. C’était l, le sujet de discorde retourné plus tard contre Guiga.
Mais les retombées politiques de cet événement seront injustes pour Guiga et désastreuses pour le pays avec l’aggravation de la situation économique, le limogeage de Mzali en 1986, l’arroseur étant, son tour arrosé. S’ensuivit le diktat de la Banque mondiale qui a imposé au pays le Plan d’Ajustement Structurel (PAS). L’arrivée de Ben Ali au pouvoir n’aura été en définitive qu’une conséquence différée des émeutes de janvier 1984, puisqu’il a été rappelé dans la foulée tel un messie, sans que personne ne fasse une lecture prospective de ce rappel.
A l’évidence, la politique tunisienne est devenue carrément biaisée depuis la proclamation de la présidence, vie en 1975 qui a conféré aux décisions de Bourguiba un caractère quasi sacré : tel un monarque, il n’avait plus de comptes, rendre, personne. Pourtant, en politique ce sont les urnes qui doivent sanctionner le pouvoir en place, mais Bourguiba a fait fi de cette considération fondamentale. Mais cette règle s’applique plutôt en démocratie, un système de gouvernance qui n’a pas obtenu l’adhésion de l’admirateur du modèle occidental pour des raisons qui ne sont pas difficiles, deviner.
Napoléon disait, juste titre : « L’art de gouverner est de ne pas laisser les hommes vieillir dans leurs postes. »
C’est pourquoi Guiga a déploré que Mzali eut manqué de courage pour démissionner, ayant perdu la légitimité politique et que Bourguiba ait fait une autre entorse, l’éthique politique en reculant devant la pression du peuple sans en assumer la responsabilité, présidence, vie oblige.
Quant au procès qui lui a été intenté, c’est aussi un piètre habillage de la réalité. Une fois remercié avec les honneurs, moyennant une remontrance typique du Président « vous appelez, la démission du gouvernement, mais de quoi vous mêlez-vous ? », Guiga a été même recommandé par Bourguiba en personne pour séjourner une semaine chez l’ambassadeur Hédi Mabrouk, Paris. Les commentaires sur les rivalités pour la succession de Bourguiba ont été occultés par Driss Guiga sans que personne ne puisse lui dénier une légitime ambition politique. La seule zone d’ombre qui persiste concerne l’interprétation du geste de Guiga du 6 janvier 1984 quand, du balcon de son bureau, il a indiqué, la foule le chemin de Carthage pour faire acte de gratitude au « Combattant Suprême », après avoir obtenu l’assentiment de Bourguiba qui, naturellement, ne pouvait que s’en délecter. A-t-il brandi en la circonstance le V de la victoire insinuant la défaite de Mzali ? Guiga le nie, et la preuve matérielle demeure, la charge de ses détracteurs. Précision :, aucun moment, le conférencier n’a eu une réflexion visant, abaisser Mohamed Mzali ou qui lui soit franchement hostile.
L’épisode a une autre signification : pratiquement, tous les collaborateurs de Bourguiba ont quitté la politique par la petite porte. Même ses deux épouses et son fils n’ont pas eu droit, ses faveurs. Ainsi, celui qui pouvait ressentir l’honneur de travailler, ses côtés devait en payer un jour ou l’autre le prix; le seul qui a échappé, ce destin est Ben Ali. Mais c’est le destin qui s’est chargé de le rattraper tant il est vrai que « Dieu accorde des sursis mais ne néglige personne. »
Abdeljelil Temimi pouvait jubiler : les six sessions consacrées, Driss Guiga ont apporté un lot de révélations fort précieuses. C’est le but recherché même si pour ses contemporains d’autres facettes de sa personnalité suscitent des réserves, mais ceci est une autre histoire.

Par Mohamed Kilani

*De l’Indépendance à la Révolution, système politique et développement économique en Tunisie, Sud Editions - mai 2011.

 
Driss Guiga avoue : «j’ai été lâche»
 

Un moment… pour l’Histoire
Driss Guiga avoue : «j’ai été lâche»
Journal le temps 12 juin 2012)

«Je l’avoue, j’ai été lâche (en arabe jaban جبان), je me suis tu ». Ce fut un moment pathétique, samedi à la Fondation Temimi. Personne n’y était préparé. Parlant des élections de 1981, l’ancien ministre de l’Intérieur évoquait la péripétie décisive : il participait avec le Premier ministre Mzali et les gouverneurs de la République à une réunion au Palais de Carthage.
Quand quatre gouverneurs eurent informé le Président des activités débordantes de l’opposition, Bourguiba en a rapidement saisi le message et ressenti la gravité ; Il s’est alors allé à une litanie qui a valeur de programme d’action : « je n’accepterai jamais d’être contesté par un parlementaire ; quoi, Bourguiba épinglé par un Tunisien ? C’est inconcevable. » les gouverneurs retiennent le message et assurent des élections « normales », c’est-à-dire à la tunisienne, selon une technique - que les scientifiques excusent ce massacre linguistique- bien rodée depuis l’indépendance.
Guiga et Mzali se sont tus. Pourtant, ils étaient les seuls capables d’infléchir la tendance, ratant ainsi un grand tournant de l’histoire du pays. Ils se sont inclinés face au caprice du vieux Bourguiba, un président à vie qu’aucune sanction politique ne peut toucher, devenant plus qu’un monarque lequel doit laisser aux institutions le soin de gouverner le pays et se contentant de trôner.
Extrapolant, Guiga eut également l’élégance de reconnaître l’absence de toute culture démocratique chez l’ensemble du personnel politique depuis l’indépendance, à commencer par lui-même, précisant que le Néo Destour n’a jamais fonctionné selon des mécanismes démocratiques. La présidence à vie en 1975 en constitue d’ailleurs une singulière apothéose*.
L’épisode pourchasse encore Driss Guiga dont la relation avec Bourguiba est pourtant chargée de souvenirs marquants :, Bourguiba était présent sur invitation de son oncle Babri Guiga. lors de sa circoncision à Testour. En 1943, il rencontra Bourguiba à Hammam-Lif en tant que jeune militant à deux mois du Bac. La réaction du leader le marquera pour la vie : « je ne veux plus te revoir ici ; tu dois bien préparer ton examen car on aura besoin de toi plus tard. »
Une trajectoire singulière :
Quatorze ans plus tard, c’est ce même Driss Guiga qui sera chargé en sa qualité de secrétaire général de l’Assemblée nationale d’une mission ingrate : signifier au Bey la proclamation de la république, donc sa destitution constitutionnelle. Par pudeur, il se garda de faire appel aux photographes pour immortaliser le départ précipité du Bey, lui évitant ainsi une humiliation supplémentaire.
Le parcours politique de cet avocat doublé d’homme de culture doit toutefois connaître un coup de frein : après un intermède comme directeur de l’Administration régionale, Bourguiba lui imputera un certain laxisme ( ?) en 1962 quand il était en charge de la direction générale de la Sécurité (Complot Cheraiti), ce qui l’a conduit à l’Office du Tourisme (7 ans).
Trois fois ministre aux Affaires Sociales (1969) à la Santé Publique (1969-73) et à l’Education Nationale (1973-76), Driss Guiga doit toutefois payer pour sa témérité en faveur de la décentralisation universitaire qui n’était pas du goût de Hédi Nouira. Son exil à Bonn comme ambassadeur lui offre le temps de la méditation. Il croit même bien faire en proposant à Bourguiba, lors de son séjour pour traitement, des lectures éclectiques en philosophie mais son illustre hôte préféra des Mémoires d’hommes politiques. Tout y est dit , notre défunt Président cherchait invariablement à se comparer aux autres pour marquer l’Histoire. Sa sortie complètement ratée n’est finalement que la conséquence logique de cette obsession.
Guiga lui décerna néanmoins un satisfécit : Bourguiba travaillait avec rigueur, exécrait la familiarité et l’approximation. Mais la vieillesse aidant, il ne pouvait plus tenir au-delà de deux-trois heures d’astreinte au bureau. Précision importante : Guiga reconnut que Wassila Bourguiba a joué un grand rôle dans la politique intérieure de la Tunisie depuis le départ de Nouira en janvier 1980, avec, en prime, une omniprésence dès que Yasser Arafat était là afin de jouer la modératrice face aux élans incontrôlés de Bourguiba. C’est à ce tournant de la vie politique que Driss Guiga se retrouva au gouvernement en tant que ministre de l’Intérieur, dans la foulée des événements de Gafsa. Confirmant la conspiration entre Libyens et Algériens à ce sujet, Guiga donna sa lecture des péripéties malencontreuses et des insuffisances de la réactivité politique qui en disent long sur le vide enregistré.
Le suspense continue :
Prié de livrer sa version des événements de janvier 84, Driss Guiga précisa que cela mérite un ouvrage à part. L’assistance suggéra alors que la Fondation consacre à cette question une session supplémentaire. Abdeljelil Temimi, ravi et honoré, promit une sixième rencontre- un record- avec cet homme politique qui constitue une mine d’informations intarissable, conservant de surcroît une vivacité de la mémoire hors du commun. Tout au long des cinq séminaires, Guiga s’est toujours montré chevaleresque vis-à-vis de Mzali malgré l’épisode avéré de 1984. M. Tahar Bousemma, avocat et ami de l’ancien premier ministre, ne se priva pas, après la séance, de lui témoigner son admiration pour cette élévation et cette élégance.

Mais au lieu de conclure sur une note gaie, le conférencier revint sur la mascarade électorale de novembre 1981 : « j’en conserve encore le sentiment de culpabilité et une torture de la conscience. » A quatre-vingt-huit ans, l’homme cherchait visiblement à assumer plutôt qu’à se dédouaner. Saisissant…

Par Mohamed Kilani

 
Vient de paraître aux publications de la Fondation
 


Interchanges culturels et politiques entre Istanbul, le Maghreb ottoman et l’Europe (1764-1892)

Prof. Emérite Abdeljelil TEMIMI
Série 1 : Les Provinces Arabes à l'époque ottomane


Publications de la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l'Information
Tunis, Mars 2012
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TABLE DES MATIERES


Partie française                                                                                           Pages 


- Abdeljelil Temimi. - Quel avenir pour la recherche en histoire des provinces arabes a l’époque ottomane : le cas du Maghreb ottoman …………………………………. 9
Etudes :

Première étude :
- L’historien et le diplomatie I.M. d’Ohsson et son ouvrage sur : Le musulmanisme .....13

Deuxième étude :
- Missions et échanges culturels entre la régence de Tunis et Istanbul (1837-1890) … 53

Troisième étude :
- Les relations algéro-Vénitiennes à la lumière de quatre lettres inédites des deys d’Alger au Doge de Venise (1764-1782) …………………….………….……………..……. 103

Quatrième étude :
- Activités politiques des tunisiens à Istanbul contre Mustapha ben Ismaïl……… 123

Cinquième étude :
- La situation juridico-politique de la Régence de Tunis avant le protectorat …… 135

Sixième étude :
- La recherche historique sur les provinces ottomanes du Maghreb : Etat et perspectives … 151
- Bibliographie en français ……………………………….…. 161
- Index des noms de personnes et collectivités …………... 167
- Index des lieux géographiques ……………………………. 170
Partie arabe


- Abdeljelil Temimi. - Quel avenir pour la recherche en histoire des provinces arabes a l’époque ottomane : le cas du Maghreb ottoman …………………………………. 11
Etudes :

Première étude :
- L’historien et le diplomatie I.M. d’Ohsson et son ouvrage sur : Le musulmanisme .......15
Deuxième étude :
- Missions et échanges culturels entre la régence de Tunis et Istanbul (1837-1890) … 43

Troisième étude :
- Les relations Algéro-Vénitiennes à la lumière de quatre lettres inédites des deys d’Alger au Doge de Venise (1764-1782) ……………………………………..……. 67
Quatrième étude :
- Activités politiques des tunisiens à Istanbul contre Mustapha ben Ismaïl…………………… 89
Cinquième étude :
- La situation juridico-politique de la Régence de Tunis avant le protectorat ……… 101
Sixième étude :
- La recherche historique sur les provinces ottomanes du Maghreb : Etat et perspectives ……… 117

- Bibliographie en arabe (voir bibliographie en langues étrangères) ……….129
- Index des noms de personnes et collectivités …………... 133
- Index des lieux géographiques ……………………………. 137
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QUEL AVENIR POUR LA RECHERCHE EN HISTOIRE DES PROVINCES ARABES A L’EPOQUE OTTOMANE : LE CAS DU MAGHREB OTTOMAN

Cet ouvrage que nous présentons aux historiens et chercheurs intéressés à l’histoire ottomane, rassemble un certain nombre de nos travaux d’histoire, publiés auparavant dans la Revue d’histoire maghrébine et dans l’Arab Historical Review for ottoman Studies. Il nous a paru utile de les rassembler dans ce présent ouvrage pour que puisse s’y référer plus aisément le large public et plus particulièrement les jeunes chercheurs.
À vrai dire, j’étais toujours soucieux de publier mes recherches et de manière assidue. Un certain nombre d’entre elles qui ont jalonné ce cheminement scientifique portaient sur les provinces du Maghreb ottoman, instruites essentiellement par des sources d’archives inédites trouvées aux Archives d’Istanbul (Başvelet Arşivi), aux Archives de Venise, aux Archives nationales françaises de Paris et d’Aix-en-Provence ainsi qu’aux Archives nationales tunisiennes. Tous ces centres d’archives ont été une source essentielle et très importante de documents pour l’étude de certaines questions historiques liées à l’historiographie des relations entre Tunis et Istanbul durant le XIXème siècle et au rôle politique et culturel de la communauté tunisienne dans cette ville, autant qu’aux interactions des relations algéro-vénitiennes vers la moitié du XVIIIème siècle. Nous y avons également considéré les échos positifs d’une telle recherche sur les provinces du Maghreb du point de vue de sa situation et des horizons de son avenir.
La problématique de l’écriture de l’histoire des trois provinces du Maghreb et plus généralement des provinces arabes à l’époque ottomane, nous impose en effet de tenir compte des mutations méthodologiques opérantes aujourd’hui au niveau mondial quelle que soit la source d’archive découverte. Car les bouleversements du savoir sont désormais liés à la portée des données historique qui permettent de comprendre les mouvements politiques, sociaux et anthropologiques de la société et leur intrication positive et négative avec l’espace méditerranéen ottoman. Il apparaît à quiconque être attentif à la production de la recherche sur l’histoire maghrébine et arabe généralement, que les sources d’archives traditionnelles, à savoir les archives françaises principalement et arabes dans une moindre mesure, sont souvent exploitées au détriment des fonds d’archives ottomanes complètement négligés alors même qu’il abonde de documents relatifs aux provinces arabes, et il en va de même pour les Archives italiennes et britanniques qui se rapportent plutôt à l’époque moderne. Il y a quarante ans déjà nous avions dit l’importance pour l’avenir de la recherche historique sur le Maghreb et le monde arabe, des Archives ottomanes d’abord, corroborées ensuite par les archives arabes et européennes très riches par ailleurs.
Des tentatives modestes ont pourtant vu le jour de la part de centres d’archives arabes préoccupés par cette question et qui ont entrepris – dans des conditions particulières et depuis deux décennies – de rassembler quelques milliers de documents ottomans restés inaccessibles aux chercheurs, mais cette entreprise n’a pas tenu un plan efficace et élargi de traduction assidue et organisée de ces documents vers l’arabe ou le français et encore moins de leur publication qui aurait pu apporter ces données importantes et inégalables aux chercheurs et historiens arabes et autres. Et si nous devions aujourd’hui établir une bibliographie générale – que dire, une courte liste – des travaux soutenus dans les universités arabes sur l’époque ottomane, nous nous rendrions mieux compte de cette extrême négligence des diverses sources documentaires turques. Cette situation explique en partie l’incapacité de la recherche arabe aujourd’hui à se situer sur l’échelle des productions historiques mondiales qui engendrent des savoirs nouveaux.
Je dois excepter ici certains travaux peu nombreux mais très importants d’historiens turcs, européens et américains qui ont véritablement mis à profit ce fonds d’archives ottomanes, profit concrétisé par des publications récentes qui offrent une matière d’information originale et a permis d’aborder certaines problématiques de recherche nouvelles, en ouvrant des pistes, des méthodologies et des horizons prometteurs qui tranchent avec la routine de la recherche passée encore dominante dans les mécanismes et les productions de la recherche arabe en histoire.
À travers ces études, nous avons travaillé à mettre à profit les documents d’archives originaux ottomans, vénitiens, français et particulièrement les archives suédoises avec celles de la bibliothèque de l’université d’Uppsala et de la Bibliothèque Royale de Stockholm dont les riches informations que nous avons pu recueillir sur le diplomate et historien Ignatius Mouradgea D’Ohsson ont fait l’objet de notre première étude. En effet, ce fonds d’archives est capital pour tenter de comprendre cette personnalité suédoise qui, à travers son parcours diplomatique dans les capitales européennes telles que Paris, Vienne, Madrid, et enfin Istanbul, compte parmi les personnalités européennes qui ont le mieux saisi l’essence de la civilisation islamique et ottomane notamment, livrée dans un ouvrage de référence au sujet de l’islam vers la fin du XVIIIème siècle. Et comme le dit l’historien von Hammer, quarante ans plus tard, dans son fameux ouvrage sur l’Histoire de l’Empire Ottoman en 18 volumes, D’Ohsson a barré la voie à des centaines d’ouvrages de mauvaises qualités des chercheurs et scientifiques occidentaux sur l’islam et la civilisation ottomane à l’époque de la renaissance européenne. Von Hammer va plus loin en critiquant vivement tous les historiens occidentaux renommés à cette époque et consacrés à l’Islam et l’Empire Ottoman.
Le livre de D’Ohsson sur l’Islam fut complètement délaissé, ce qui dénote une certaine attitude et mentalité des hommes de l’époque des Lumières vis-à-vis du monde musulman et singulièrement de l’Etat ottoman ; d’autres lui reprochèrent même de n’être pas né dans un milieu suédois et de n’avoir pas reçu une éducation convenable ! Cette condescendance a participé à déconsidérer ce savant diplomate soucieux d’objectivité et de sincérité dans son écriture de l’histoire, qualités rares à l’époque des Lumières, surtout en cette deuxième moitié du XVIIIème siècle.
Cet ouvrage de référence de D’Ohsson est le signe néanmoins qu’existait des orientalistes, peu nombreux certes, versés dans la langue arabe, persane et turco-ottomane, et imprégnés de la culture islamique, ayant recours aux sources arabes originales et côtoyant à Istanbul les savants musulmans de leur temps. Ils sont ainsi parvenus à saisir les particularités de la civilisation ottomane qui leur a permis d’apporter un discours de vérité sur des questions délicates en ces temps-là. Faire valoir cette personnalité unique, c’était pour nous souligner l’importance de son travail qui a été totalement occulté…
Suivant cette orientation, nous avons tenté de démontrer les particularités des relations culturelles entre Istanbul et Tunis ainsi que le rôle des Tunisiens dans la métropole ottomane, leur activisme à s’enquérir des événements de leur pays, leur conscience aiguë des enjeux géopolitiques dont leur pays fait l’objet, et leur rôle auprès des hommes d’Etat ottoman à les aviser de certaines autorités tunisiennes afin de les blanchir et d’intervenir différemment dans la vie politique au centre du pouvoir ottoman. Des éclairages nouveaux ont été faits sur l’attitude de la délégation consulaire italienne à Sfax et à Tunis avec leurs multiples manœuvres et le non-respect de la situation juridique de la province de Tunis vers la deuxième moitié du XIXème siècle. Cela explique les ingérences patentes des conseils occidentaux en Tunisie et la violence des luttes géopolitiques qui les déchiraient.
Les Archives de Venise nous ont, quant à elles, fournit les correspondances entre des Deys d’Alger et le Doge de Venise qui ont été utiles à révéler la nature des relations diplomatiques entre les deux pays durant la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Vraisemblablement, le fonds documentaire italien et plus généralement le fonds européen au sujet de l’Algérie sont loin d’avoir été épuisés et auraient mérité toute l’attention au lieu de déplorer la perte des documents de l’Etat algérien ; mieux aurait valu un plan efficace pour en récupérer certains éparpillés dans plusieurs centres d’archives nationales européennes et qui comptent par milliers comme nous avons pu le constater lors de nos recherches en suède, en France, en Italie et en Grande Bretagne.
J’ose espérer à travers ce nouveau livre, avoir accompli quelque devoir de susciter l’intérêt pour les études historiques sur le Maghreb en suivant des bases et une méthodologie nouvelles et réceptives, en tenant compte de la mémoire collective arabo-ottomane à l’époque moderne dont on espère des chercheurs et historiens Turcs qu’ils puissent y apporter des approches et des éclairages nouveaux, car leurs tentatives restent timides en ce domaine. Nous continuerons à porter ce message scientifique et à multiplier l’adresse à tous, tant aux Arabes, qu’aux Turcs, aux Européens et aux Américains.

 
Interview du Pr Abdeljelil Témimi «Les archives de l’Etat depuis l’Indépendance sont encore fermées aux historiens...» Journal la Presse du 16/03/2012
 

En plein processus de «débourguibisation», il militait pour une réécriture de l’histoire du Mouvement national. Il procédait alors à plus de 400 enregistrements de personnalités qui ont participé au mouvement d’indépendance et à la construction de l’Etat moderne et organisait ses sept congrès sur le président Habib Bourguiba, s’attirant les foudres de l’ancien régime... Abdeljélil Témimi est professeur émérite d’histoire moderne et président de la Fondation Témimi pour la recherche scientifique et l’information qui sert depuis le 14 janvier d’observatoire de la révolution et de la transition. «J’ai vécu la liesse et l’entreprise de l’indépendance, je suis en train de vivre celles de la révolution...», nous disait Pr Abdeljélil Témimi lors d’un précédent entretien. En ce 56e anniversaire de l’indépendance, l’historien joint les deux ères...

L’histoire de l’indépendance de la Tunisie semble depuis 1956 poser un problème de mémoire, de sources et d’exactitude historique. Entre le charisme et le moi excessif de Bourguiba et l’effacement systématique de la mémoire opérée par Ben Ali, quel a été le rôle des historiens tunisiens dans l’écriture de cette histoire, à l’ombre de ces deux régimes?

Votre question est pertinente à laquelle je dois faire deux remarques préliminaires : la première relative à l’écriture de l’histoire de notre pays à partir de l’indépendance. Cette histoire n’est pas écrite, faute de la non-accessibilité des archives des ministères clés comme l’Intérieur, la Justice, le RCD et les archives de la Présidence qui seront les seuls en mesure de nous procurer des informations fiables et indispensables à l’élaboration des faits et événements sociaux et politiques de notre pays.
Quant à ma deuxième remarque, c’est que Bourguiba avait confisqué l’Histoire en incitant son disciple et ministre Mohamed Sayah à rédiger son propre témoignage sous l’appellation de l’histoire du Mouvement national où nous relevons de fausses interprétations qui jalonnent toute la période bourguibienne en se concentrant tout particulièrement sur les paris du «Combattant Suprême», ce qui a amené forcément à marginaliser les figures nationalistes qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour l’indépendance du pays en réduisant le rôle des régions dans le processus du Mouvement national. C’est bien un égocentrisme poussé de Bourguiba qui a nui à la mémoire du pays, bien que personne ne soit en droit de méconnaître ou de sous-estimer ce leader politique qui a su se forger un destin exceptionnel, ses réformes audacieuses et originales ont marqué la Tunisie moderne pour toujours. L’Histoire le retiendra comme étant un bâtisseur acharné, têtu, autoritaire jusqu’à la dictature.
Quant à Ben Ali, il ne s’intéressait guère à l’histoire du pays, vu son médiocre et honteux niveau intellectuel et son mépris manifeste à l’égard de l’intelligence et de l’innovation de son prédécesseur Bourguiba. Il a entrepris la débourguibisation tous azimuts de l’Etat. Nous avons manifestement sous-estimé la rancune tenace que nourrissait Ben Ali à l’égard de Bourguiba. Il a dissimulé tous les signes matériels et moraux de son prédécesseur. Mais indépendamment de ce qu’ont fait Bourguiba et Ben Ali, les historiens universitaires tunisiens ont déployé des efforts louables, qui sont d’ailleurs méconnus de l’élite et du peuple, quant à l’écriture de l’histoire de notre pays, toutes époques confondues.
Pour ce qui est de l’époque contemporaine et de l’histoire du temps présent, l’école historique tunisienne a réalisé, à travers les thèses soutenues dans nos facultés, des travaux de recherche remarquables, comme elle a abordé et traité des sujets tabous, mal vus par le pouvoir comme le mouvement youssefiste, le communisme et l’islamisme. Dans cette direction, notre Fondation est la seule qui avait organisé 7 congrès sur Bourguiba et en ayant recours à d’autres sources orales en particulier, ce qui nous a permis de récolter de très riches témoignages, et ce, pour la réhabilitation de la mémoire qui est un mouvement irréversible qui prend aujourd’hui une signification symbolique à la suite de la révolution de la dignité.

Pensez-vous que l’histoire du Mouvement national et de l’indépendance de la Tunisie a fini d’être écrite ? Y a-t-il aujourd’hui besoin de réécrire cette histoire et dans quel sens?
L’écriture de l’histoire du Mouvement national et de l’indépendance de notre pays est un devoir qui incombe aux historiens dont la qualité des travaux est reconnue. C’est un perpétuel recommencement chaque fois que nous découvrons de nouvelles sources crédibles; un simple document peut bouleverser la donne géopolitique et économique du pays. C’est la raison pour laquelle nous devrons procéder à un véritable interchange régulier entre historiens connus par leur rigueur scientifique et qui sont loin de défendre une idéologie partisane, ce qui fausse toute démarche pour l’écriture d’une histoire authentique. Dans cette direction, on doit rendre justice à des milliers de combattants honorables, qui sont les véritables acteurs, dans les villes, villages campagnes et montagnes, c’est la tâche combien délicate que doit assumer l’historien aujourd’hui.

Car une chose est sûre : l’histoire de l’Etat de l’Indépendance n’est pas encore écrite. Les archives de l’Etat de l’Indépendance sont encore fermées aux chercheurs et historiens, comme les archives de l’ancien parti socialiste destourien et celles des ministères de souveraineté comme l’Intérieur, la Défense et la Justice. En dépit de cette entrave, nous essayons de fournir des banques de données et des informations tout à fait nouvelles pour une écriture scientifique de cette histoire. Il n’y a pas de doute qu’il n’est pas facile d’encadrer la vérité historique en l’absence du document écrit et des sources orales. Le devoir de l’Etat national est d’accorder une importance exceptionnelle aux séminaires de la mémoire nationale, de lui fournir une structure d’enregistrement, de collecte et de suivi, d’associer tous ceux qui ont une position dans l’encadrement de la vérité historique, dans le cadre d’un effort national et collectif; j’appelle donc tous les dirigeants, responsables, acteurs, témoins et autres à avoir le courage historique et politique d’apporter leurs témoignages, écrits et oraux. A ce titre, notre fondation est toujours ouverte; nous comptons énormément sur leur conscience car le témoignage oral est plus riche en valeur et information que celui de l’écrit.
Votre fondation a œuvré de tout temps à l’accumulation du savoir historique. Quelle est la place de l’histoire de l’indépendance et quelles lectures peuvent en être faites aujourd’hui ?
Depuis près d’une quinzaine d’années, notre fondation s’est intéressée à l’histoire du temps présent, c’est-à-dire l’histoire de la Tunisie à partir de l’indépendance. Nous avons alors eu recours à des sources orales très précieuses et qui requièrent aujourd’hui une valeur documentaire sûre. C’est ainsi que nous avons procédé à la collecte des témoignages oraux d’acteurs politiques, sociaux, syndicaux intellectuels et artistes... qui ont participé de près et de loin à la construction de l’Etat national. Grâce à ce projet novateur, nous avons réussi à collecter plus de 400 témoignages (d’environ 1200 heures d’enregistrement audiovisuel), toutes tendances et spécialités confondues ; c’est une véritable révolution de la mémoire de notre pays qui nous a conduit à développer aujourd’hui une base de données pour les témoignages des personnalités dont bon nombre sont décédés. Cette base de données est à la portée de tout historien ou chercheur pour en tirer profit et où 190 textes sont aujourd’hui publiés dans les 25 ouvrages, ce qui reflète des histoires émouvantes dans le registre de la mémoire nationale. Le rôle de l’historien consiste donc à passer ces témoignages au crible, moyennant une critique systématique et objective du contenu et des études historiques comparatives qui sont encore à leur début. Souhaitons que de telles études à l’ère de la révolution joueront un rôle d’éveil de la conscience de la mémoire de notre peuple.
Pourquoi la révolution a-t-elle autant réactualisé le thème de l’indépendance ? En quoi un changement de régime peut-il remettre le pays à l’heure de son indépendance ?
Il est vrai que les Tunisiens ont accédé à l’indépendance depuis un demi-siècle, ils ont alors rêvé une autre et nouvelle Tunisie où la justice sociale et économique est assurée pour tous. Mais ils se sont rendus compte très vite qu’ils étaient traités comme des mineurs, toutes leurs libertés ont été étouffées, la situation de la presse a été dégradée par rapport à l’époque coloniale ; des dizaines d’associations nationales, culturelles, de presse, des scouts avec leurs différentes tendances et sensibilités idéologiques et politiques ont été soumises après l’indépendance à une censure systématique, ce qui a abouti à l’arrêt de leurs activités. Un programme a été élaboré pour contenir la direction syndicale de l’Ugtt en limogeant Ahmed Ben Salah considéré à l’époque comme la figure la plus emblématique et dynamique qui avait acquis une expérience syndicale internationale. Les élections ont été toujours falsifiées, les institutions ne représentaient que le parti unique au pouvoir... Pour toutes ces raisons et toutes ces frustrations, le 14 janvier a été vécu comme une nouvelle indépendance.
Le 14 janvier 2011, le régime de Ben Ali s’effondre, le parti au pouvoir est dissous, la Constitution n’est plus en vigueur, une Assemblée constituante élue se charge d’élaborer une nouvelle Constitution, de concevoir la nature du futur système politique et de donner naissance à la nouvelle République. Beaucoup de points communs nous rapprochent de la période post-indépendance. Pensez-vous qu’il y a vraiment des similitudes ? Et quelles sont pour l’historien les leçons à retenir du passé ?


Il y a toujours des similitudes et ressemblances entre les périodes transitoires, entre la Tunisie en 1956-1959 et la Tunisie 2011-2012. Si la première Constitution représentait un seul clan, celui de Bourguiba qui après avoir éliminé à la fois le clan des youssefistes du Destour, l’archéo-Destour, les communistes, les Zeitouniens et toutes les composantes de la société civile, nous relevons que l’actuelle Constituante est élue démocratiquement et personne n’est en droit de mettre en cause la légitimité des urnes ! De même le gouvernement formé d’une troïka dont nous critiquons la composition qui n’est pas homogène. Il aurait fallu composer un gouvernement formé principalement de technocrates. Si la Constitution de 1959 a été élaborée sans la participation effective de la population, ni de la présence d’une opposition qui peut peser sur les décisions majeures, nous relevons que l’Assemblée constituante émanant aujourd’hui des veines de la révolution de la démocratie et de la dignité est capable de nous donner une nouvelle Constitution née du débat libre et enrichi par le poids légitime d’une opposition édifiante ainsi que la présence des personnalités juridiques dignes de confiance.
Quel sens prend pour vous la célébration de ce cinquante-sixième anniversaire de l’Indépendance ?
L’indépendance du pays est une grande réalisation politique nationale qui mérite à chaque nouvelle étape de l’histoire qu’on observe une pause de méditation et de réflexion. L’indépendance est le produit d’interactions nationales, de courants et d’orientations qui ont contribué au couronnement de cette réalisation nationale. Nous fêtons cet événement pour mettre en exergue le parcours des hommes qui ont sacrifié leur vie et donné beaucoup d’eux-mêmes pour le pays. Cela exige une évaluation pratique et scientifique de ce qu’ont réalisé les hommes de l’Etat depuis 1956. A ce niveau se pose la question des interactions de toutes les orientations et les idées pour évaluer ce parcours et, partant, j’appelle à une vraie pause de méditation, afin de dégager un nombre important d’enseignements à la base des événements et des réalisations positives. Ce fait de l’Indépendance nous lie fondamentalement à un processus civilisationnel de continuité entre le passé et le présent pour la préparation de l’avenir.

D’un autre côté, l’historien qui suit avec attention tout ce processus de démocratisation de la vie politique de notre pays ne peut que se réjouir, malgré les déceptions et les incertitudes des événements douloureux qu’a connus notre pays ces deux derniers mois.
Interview conduite par Hédia BARAKET

 
UNE NOUVELLE REALISATION SCIENTIFIQUE : LES ACTES DU 10EME CONGRES SUR LE CORPUS
 


Depuis dix ans nous nous sommes attachés à organiser cette série de congrès sur le corpus d’archéologie ottomane dans le monde ; dont le 10ème congrès fut consacré à étudier les deux volets à savoir :
1- L'architecture et l'urbanisme
2- Arts et traditions : reflets de la vie quotidienne
avec la participation d’éminents archéologues venus de Tunisie, de Turquie, d’Algérie, d’Egypte et de Palestine.
C’est un signe encourageant qui confirme la permanence de l’interchange scientifique entre archéologues arabes et turcs. En effet, nous avons contribué, à travers ces congrès, à défendre, farouchement ce patrimoine archéologique de l’Humanité, en incitant à son indexation et à sa restauration, en demandant qu’il soit considéré comme étant une première priorité pour son ultime conversation eu égard à son importance et c’est là une responsabilité scientifique qui incombe à tous les archéologues arabes, turcs et internationaux qui à partir de leurs responsabilités administratives et scientifiques seront en mesure de veiller à ce patrimoine ottoman, sur la scène arabe et turque et dans les Balkans.
C’est ainsi qu’à travers les efforts fournis depuis deux décennies, nous relevons que l’opinion publique dans les pays arabes, en Turquie et dans le monde a changé d’attitude face à l’Empire ottoman et son patrimoine ; nous persistons donc à croire que les archéologues arabes, turcs et balkaniques, auront un travail énorme à accomplir pour sauvegarder le corpus d’archéologie ottomane, en commençant par la création d’un Haut Comité d’archéologie arabo-turc, et balkanique et qui aura la tâche, combien délicate d’établir un index très détaillé de tous les monuments : garnisons, citadelles, maisons étatiques ou privées et autres objets menacés de disparition et qui se comptent par milliers et qu’il faut sans tarder sauver et créer des musées spécialisés afin que ce patrimoine ne soit exposé à des vols, à la destruction ou à la vente secrètement ou aux enchères publics par le monde.
D’autre part, le 10ème congrès s’est distingué par la participation d’une nouvelle génération d’archéologues arabes et turcs qui ont manifesté un fort intérêt pour le corpus, en préparant de travaux prometteurs sur nombre de dossiers et que nous sommes tenus à les encourager et faire connaître leurs travaux de recherche.
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Le 10ème congrès s’est s’arrêté tout particulièrement à l’architecture et l’urbanisme ottomans, à la création de villes dans les espaces arabes, turcs et balkaniques et comment s’est érigé la vision des architectes ; comme il a soulevé l’influence des facteurs exogènes dans ce corpus sur l’identité architecturale ottomane et la place qu’occupent les mosquées, les églises, les palais, les maisons, les chemins de fer de Hedjaz; d’autres dossiers ont été traités comme celui de l’utilisation de l’écriture coufique dans les inscriptions et les monnaies, les influences ottomanes sur les costumes et bijoux traditionnels féminins, la terminologie utilisée dans la construction urbaine qui fut l’une des participations de la vie quotidienne ottomane ; d’autres sujets ont été soulevés comme le Wall paintings et les excavations d’Iznik et bien d’autres problématiques de recherches bien orientées sur le corpus.
Le dialogue instauré par les participants a approfondi l’interchange et fut derrière une nouvelle approche méthodique pour étudier le corpus loin des slogans creux afin d’élargir le partenariat scientifique sur des bases solides entre archéologues arabes et turcs et c’est bien la mission que nous devons assumer depuis belle lurette.
Un grand merci à tous les participants qui ont participé activement au dialogue et interchange et qui nous ont offert leurs travaux scientifiques, et publiés dans cet ouvrage qui s’avère très riche, espérons qu’il produira un impact positif et prometteur pour l’intérêt majeur du corpus ; c’est ainsi que nous lançons un ultime appel à tous les responsables et administrateurs arabes et turcs, pour l’adoption de tout un programme intelligent pour sauver ce patrimoine de l’Humanité à travers les espaces géopolitiques du monde ottoman.
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La nouvelle Tunisie de la Révolution de la démocratie et de la Dignité et qui croit à son rôle dans la recherche historique ne peut qu’encourager de pareilles et louables initiatives pour sauvegarder la mémoire archéologique ottomane, beaucoup à la présence des participants pour assumer son rôle pour renforcer le partenariat scientifique avec nos collègues turcs et arabes.
Voici donc les actes de notre Xème congrès sur le corpus dont la richesse documentaire n’est plus à démontrer, il constitue un exemple à suivre pour la diversité des travaux publiés dans cet ouvrage sans tapage, ni slogan et que la Fondation a assumé toute seule les frais de l’impression.

Prof. Abdeljelil TEMIMI

 
TABLE DES MATIERES AHROS n° 44
 

1-Partie anglaise et française

Etudes :
 

- Agueb, Ferid. - Prévision des élites tunisiennes pour la révolution et les reformes constitutionnelles ……….. 7

- Amer, Imen. - Les métiers du pain en Egypte entre tradition et modernisme (Traduit de l’arabe par Nadia Temimi) ………………………………………..… 13

- Frini, Mohamed. - La foret du caïdat de Sousse son évolution spatiale et structurale 1750-1850 …………..… 47

- Hammache, Khalifa. - Le terme hafid dans les documents des tribunaux et les écrits historiques des villes d’Alger et de Tunis a l’époque ottomane : ses formulations et significations (Traduit de l’arabe par Nadia Temimi) ……….. 69

- Keirani, Leila. - les documents ottomans : outils importants pour révéler le vécu des femmes dans la société d’Alger durant la période ottomane ………… 83
Résumés de quelques études publiées en arabe :

- Harouti, Saâdi Othman. – Economic and Health crisis in Kurdistan during ottoman Period …………….……………87 
1- Partie arabe
Etudes :
 

- Hammache, Khalifa. - Le terme hafid dans les documents des tribunaux et les écrits historiques des villes d’Alger et de Tunis a l’époque ottomane : ses formulations et significations………………………………………….…….. 7

- Keirani, Leila. - les documents ottomans : outils importants pour révéler le vécu des femmes dans la société d’Alger durant la période ottomane ……………21  

- Agueb, Ferid. - Prévision des élites tunisiennes pour la révolution et les reformes constitutionnelles ……….. 35

- Frini, Mohamed. - La foret du caïdat de Sousse son évolution spatiale et structurale 1750-1850 …………..… 57

- Harouti, Saâdi Othman. – Les crises économiques et sanitaires au Kurdistan à l’époque ottomane ………………… 77

- Houidi, Saloua. – Les relations de dépendance politique de la Régence de Tunis au cours du 18e siècle ……………………123 .

 
Parution du n° 145 de la Revue d’Histoire Maghrébine
 
Il y a quelques semaines, fut annoncé la parution des deux numéros de la RHM 143-144 (605p) pour allumer les 38 bougies de parution régulière depuis le premier janvier 1974 ; ce qui justifie comment notre périodique a bénéficié aujourd’hui d’une réputation internationale.
Nous avons le plaisir de porter à la connaissance de tous que le numéro 145 et a prévu pour le mois de janvier 2012, vient de paraitre ces jours ! Ci-joint la préface que nous avons rédigée à cette occasion accompagnée de la table des matières.



Abdeljelil Temimi

L’IMPASSE DU DIALOGUE SCIENTIFIQUE HISPANO-MAGHREBIN
APRES CELUI DU 2EME CONGRES DE SEVILLE !




Nous n’avons eu de cesse, depuis 2001, de défendre le dialogue hispano-maghrébin dont le premier congrès a été organisé au sein de la Fondation et les premiers actes ont été publiés avec le concours de l’ambassade espagnole à Tunis. Nous avions pour projet de continuer ce dialogue scientifique avec toute institution académique ou culturelle espagnole qui s’intéresse principalement à ces relations bilatérales.
Notre défunt ami, Rodolfo Gil Grimau, historien spécialisé en l’histoire des morisques, était l’un des partisans d’une ouverture sur la culture arabo-musulmane et qui n’a cessé de répéter comment la presse avait terni l’image de l’Islam en Espagne. Je l’avais entretenu de mon désir d’organiser le deuxième dialogue scientifique hispano-maghrébin, pensant que cela serait important dans la construction future de nos espaces géopolitiques. M. Grimau a en effet promis de prendre en charge l’organisation du 2ème congrès en contactant le président de l’université internationale d’Andalousie, le directeur de la Fondation des trois cultures méditerranéennes ainsi que des universitaires espagnols et maghrébins. Je me suis chargé de mon côté de lui transmettre la liste de chercheurs maghrébins. Ce deuxième dialogue s’est déroulé dans de très bonnes conditions à Seville où un débat le 16-18 Octobre 2003 très riche a eu lieu entre les participants ; j’ai proposé alors que notre Fondation, en partenariat avec les institutions espagnoles, se chargent de le transcrire et de le publier avec tous les papiers présentés lors du congrès. Les partenaires espagnols ont opposé un refus catégorique, confirmé par la suite par M. Grimau qui m’a demandé de me charger seul de la publication des actes. Dans ce but, il m’a transmis, avant son décès, tous les travaux présentés par les chercheurs.
J’ai adressé plusieurs courriers à la Fondation des trois cultures méditerranéennes afin qu’elle me transmette une copie de l’enregistrement du dialogue mais sans réponse. Elle a également confirmé son refus de participer à la publication des actes, position probablement dictée par des instances politiques de haut niveau et liée à la position adoptée par l’ancien ministre espagnol des affaires étrangères. J’avais en effet adressé des courriers à sa Majesté le Roi Juan Carlos afin qu’un document officiel soit publié présentant des excuses aux Morisques pour la façon dont ils ont été chassés d’Andalousie. Le premier courrier date de 1991 et le dernier a été envoyé l’année dernière, lorsque nous avons organisé le 500ème anniversaire de l’expulsion des morisques d’Andalousie (1609-2009). Ces positions ont fait que les autorités politiques et culturelles espagnoles ont empêché toute collaboration scientifique avec notre Fondation. Nous avons, malgré cela, continué à organiser nos congrès internationaux sur les Morisques qui sont aujourd’hui au nombre de quinze et nous en avons publié tous les actes dont 500 recherches en langue espagnole et avons préparé des mélanges destinés à quatre scientifiques espagnols afin de leur rendre hommage pour la recherche scientifique sur l’histoire des Morisques.
Après une longue attente de huit ans et afin de rendre hommage à notre défunt ami Gil Grimau, nous avons décidé de publier les travaux du deuxième congrès du dialogue scientifique hispano-maghrébin sans soutien, parce que nous voulons rester fidèles à nos convictions ; mais si d’autres collègues universitaires tunisiens et autres ont abandonné leurs convictions et leurs indépendances, nous ne pouvons que le regretter pour eux !
Je tiens à remercier tous les chercheurs espagnols et maghrébins qui croient à la construction de nouvelles relations saines entre nos espaces géopolitiques espagnol et maghrébin. Nous croyons que l’Espagne peut jouer un rôle important dans notre espace maghrébin aujourd’hui et demain.
Nous dédions cet ouvrage à la mémoire de notre ami et collègue défunt Rodolfo Gil Grimau en signe de reconnaissance pour le chercheur, puisqu’il fut le véritable organisateur de ce deuxième congrès du dialogue scientifique hispano-maghrébin. J’espère qu’un troisième congrès hispano-maghrébin se réalisera dans un proche avenir.

Prof. Abdeljelil TEMIMI
Traduit par Sonia Temimi

 
TABLE DES MATIERES Revue d’Histoire Maghrébine n° 145
 



1- Partie française

Pages

7 - Abdeljelil Temimi. – L’impasse du dialogue Hispano-Maghrébin après le congrès de Séville ………………….
11 - Discour Abdeljelil Temimi ………………………………..
13 - Discours Mohamed Larbi Messari ……………………..
Etudes :

17 - Adila, Mustapha. - Al Norte de punta cires : Por un mayor entendimiento entre Marruecos y España……

31 - Abdel-Karim, Gamal. - Una mirada dinámica para una sociedad interdependiente : andalucía y el Magreb …….

45 - Algora Weber, Mª Dolores. - Planteamientos y Voluntades ante Los Cambios Internacionales ………

55 - Benabud, Mhammad. - España Marruecos : Dialogo y Convivencia …………

65 - Benhamamouche Fatma. - Orán-España : cruces culturales …...................


71 - El-Madkouri Maataoui, Mohamed. - La imagen de España : dificultades para la instauración de un Modelo en el Magreb ……………………

101 - Gil Grimau, Rodolfo. - Nueva era mundial. planteamientos nuevos para rancios problemas y nuevas pruebas Hispano-Marroquíes ……………………….

113 - Hached-KHabou, Maymouna. - Las relaciones entre España y Túnez en la actualidad ………………….…..….

125 - Malki, Mhammed. - La Question Migratoire Dans Les Relations Maroco-Espagnoles ………………………..……

135 - Messari, Mohamed Larbi. - Pasado presente y futuro de las relaciones Hispano Marroques …………………….….
143 - Morales Lezcano, Víctor. - En torno a los diálogos ribereños …………………
155 - Mouffok, Nafissa. - El Euromediterranismo : ¿Visiones Opuestas? ……………

163 - Parejo Fernández, Mª Angustias. - L’incorporation de l’islamisme politique à la formule politique marocaine ….

181 - Temimi, Abdeljelil. - Vie intellectuelle et recherche en Espagne : Quels enseignements pour le Maghreb ? ….

189 - Toledo, José Manuel. - España-Marruecos, una reflexión sobre las dos Orillas …………………………………………..


193 - Benjelloun, Abdelmajid. – La participation de marocains a la guerre civile espagnole (1936-1939) était-elle illégale sur la base du droit international public alors en vigueur ? ………………………………………………………….

207 - Srour, Mahmoud. – La Tunisie post révolution dans la nouvelle géopolitique du Maghreb …………………..…..
1- Partie arabe

7 - Abdeljelil Temimi. – L’impasse du dialogue Hispano-Maghrébin après le congrès de Séville ………………….
11 - Discour Abdeljelil Temimi ………………………………..
13 - Discours Mohamed Larbi Messari ……………………..
 
Avis à nos affiliés
 

La Revue Leaders dirigée par M. Taoufik Habaib, en date du 16 courant a inséré la liste de mes articles et livres en français et ce depuis 1972 jusqu’aujourd’hui, liste jamais publiée auparavant.
Malheureusement les mauvaises langues et une jalousie affichée ont fait circuler sur facebook, que je suis un pro-arabe eu égard à mes prises de positions pour défendre l’arabité de ce pays ; je voudrai leur adresser ce message : qu’aucun homme de lettres ou historien tunisien, voire maghrébin depuis l’indépendance n’a honoré la langue française à travers ses publications que ma personne, tout en indiquant que tous mes travaux ont été publiés également dans ma langue maternelle depuis toujours. L’honnêteté et une vertu en perte de vitesse dans ce pays !
Ci-joint, http://www.leaders.com.tn/article/abdeljelil-temimi pour votre information, la liste publiée par Leaders.



Abdeljelil Temimi
 
Parution d’un ouvrage de référence sur la Révolution Tunisienne
 

Depuis le début de la révolution tunisienne, nous avons organisé 23 rencontres auxquelles des personnalités politiques, juridiques, intellectuelles, économiques et syndicales ont été invitées. Elles ont parlé de la révolution, des moyens susceptibles de faire aboutir ses objectifs et de la protéger des dangers intérieurs et extérieurs. Cette révolution ingénieuse compte, aux yeux des stratèges qui suivent l’évolution du printemps arabe, comme un acquis inestimable, ayant changé à jamais la réalité de la scène politique dans notre pays et dans le monde arabe.
Les textes de ces vingt trois rencontres constitueront probablement dans l’avenir une référence incontournable pour les historiens et les chercheurs tunisiens, arabes voire internationaux toutes tendances et spécialités confondues. Nous avons vécu et enregistré le rythme de cette révolution au jour le jour en entamant un dialogue direct avec de nombreux leaders et opposants de l’ancien régime.
Nous tenons à remercier nos invités ainsi que le public fidèle de ces rencontres depuis leur début. Je tiens à les remercier pour leur coopération, leur confiance et leurs encouragements à publier ce livre référence sur la révolution tunisienne.
Nous espérons en tant qu’historiens profondément attachés à cette révolution, avoir assumé notre devoir envers cette illustre révolution, événement important de l’histoire du temps présent de notre pays. Espérons que les responsables, élites, leaders, hommes d’affaires et directeurs apprécient à sa juste valeur cette réalisation qui fait honneur à tous, face au silence des autres institutions nationales, françaises ou autres.
Prof. Abdeljelil Temimi

Table des matières du Deuxième Tome
2- Partie française


-A.Temimi : Avant propos ……………………….………………
-A.Temimi : l’observatoire de la révolution tunisienne à travers les prises de positions des leaders politiques et élites……………………………………
- Nicolas Beau : Dysfonctionnement et défaillance du système Ben Ali et enjeux géopolitiques de la nouvelle Tunisie…………………………….
- Interview avec Pr Abdeljelil Temimi publié dans le journal ‘la Presse’ en date du 12 Septembre 2011 .
- Premier communiqué ………………………………………………………………
- Deuxième communiqué ……………………………………………………………
- Troisième communiqué …………………………………………………………….
- Quatrième communiqué …………………………………………………………..
- Index des noms de personnes et de collectivités …………………………………..
- Index des noms géographiques ……………………………………………………….
- Publications de la Fondation sur les sept congrès sur Bourguiba ainsi que sur les travaux sur la mémoire nationale …………………………………………
Table des matières du Premier Tome
1- Partie arabe

A Temimi : Avant propos …………………………………..
- A Temimi : Préface : L’observatoire de la Révolution Tunisienne à travers les prises de positions des élites
- 1ère rencontre le 19 janvier : sur l’évolution de la situation dans notre pays
- 2ème rencontre le 22 janvier, défis de la situation politique en Tunisie
- 3ème rencontre le 27 janvier, comment assurer le passage de l’Etat sécuritaire à l’Etat civil, la question de la légitimité et la situation constitutionnelle actuelle.
- 4ème rencontre le 29 janvier, sur la légitimité constitutionnelle et le passage de l’Etat sécuritaire à l’Etat civil …………………………………………
- 5ème rencontre le 18 février, témoignages des jeunes révolutionnaires……………………………………………………………………….
- 6ème rencontre le 30 Avril avec Prof. Yadh Ben Achour sur l’avenir politique du pays………………………..……
- 7ème rencontre le 7 mai avec le Prof. Qayyis Said sur la loi électorale…………………………………………….………
- 8ème rencontre le 26 mars avec M.Abid Briki sur les positions de l’UGTT avant et après la révolution …
- 9ème rencontre le 5 mars avec le Dr. Moncef Marzouki sur les mécanismes et les stratégies de protection des acquis de la révolution tunisienne
- 10ème rencontre avec M. Mustapha Kamel Nabli, Gouverneur de la Banque Centrale, sur les défis économiques de l’après révolution ……………………..
- 11ème rencontre avec M. Mansour Maalla le 4 juin sur les défis de la révolution et l’adoption d’une culture du développement ……………………..
12ème rencontre le 5 février, avec M.Abdel Fatah Mourou, l’un des fondateurs et leaders d’Ennahdha ………….
13ème rencontre le 19 mars avec M.Rachid Ghanouchi fondateur et leader d’Ennahdha …………………..………………………………………………………...
Index des noms de personnes et de collectivités .….
Index des noms géographiques …………………………
2– Partie française
A. Temimi. Avant propos ………………………………...

Deuxième Tome
2- Partie arabe


- 14ème rencontre le 12 Mars 2011 avec Mr. Ahmed Najib Chebbi sur l’expérience de M. Ahmed Najib Chebbi au sein du gouvernement de transition et sur l’avenir du PDP dans le futur régime politique ……………
- 15ème rencontre le 16 Avril 2011 avec Prof. Ahmed Ibrahim sur Contribution du Mouvement Ettajdid à la Révolution, participation aux deux gouvernements de transition, Quel rôle du mouvement dans l’avenir politique du pays ? ……………
-.16ème rencontre le 2 Avril 2011 avec Mr. Hamma El-Hammami sur : Porte parole du Parti Communiste Tunisien (PCOT) autour du rôle de ce parti aujourd’hui et demain dans le nouveau paysage politique de notre pays
- 17ème rencontre le 18 Juin 2011 avec Mme Sihem ben Sedrine sur les défis de la transition démocratique ………………………………………………
- 18ème rencontre le 11 Juin 2011 avec Mr. Mokhtar Yahyaoui sur Etat des lieux et défis de la réforme de la justice ………………………………..
- 19ème rencontre le 12 Fevrier 2011 avec Mr. Mustapha Filali ……….
- 20ème rencontre le 19 Février 2011 avec Hédi Baccouche ancien Premier Ministre sur : Défis politiques, économiques et scientifiques de la Tunisie après la révolution
- 21ème rencontre le 30 Juillet 2011 (Une table ronde) sur : Les normes de la liberté de la presse et des médias en Tunisie six mois après la révolution avec MM Mohamed Haddad, , Hishem Snoussi Nagi Baghouri, Slaheddine Jourchi, Mohamed Komani,…………
- 22ème rencontre le 13 Août 2011 avec M. Abou Yaarib al-Marzouki sur : Les conditions de réussite d’une révolution pacifique……………………………..……
- Temimi, Abdeljelil. – Mécanismes de l’oppression menée par l’ancien régime contre nous ………………………………..……………………………………...
- Index des noms de personnes et de collectivités .…………………
- Index des noms géographiques …………………………………………..
- Publication de la Fondation ………………………………………………

 
Pour la défense de la mémoire collective du peuple tunisien
 


La lettre, transformée en pétition signée par de nombreuses personnes, que j'ai adressée à M. Habib Sid, Ministre de l'Intérieur, a eu un écho très favorable auprès de beaucoup de citoyens. Je proposai en effet de transformer les sous- sols du ministère de l'Intérieur en musée qui vit la torture physique et psychologique de citoyens lors des deux régimes policiers. Il existe pourtant une torture encore plus grave faite à la mémoire collective tunisienne qui consiste en l'oubli de milliers de Tunisiens tombés en désuétude. Je m'adresse à la génération de l'indépendance pour lui demander : quelqu'un se souvient-il encore des femmes avant-gardistes de la société civile tunisienne telles Bchira Ben Mrad, Assia Ghalleb, l'enseignante Fatima Ben Ali, la syndicaliste Habiba Temimi, le premier médecin Tawhida Bencheikh, Zakia Fourati et des centaines d'autres femmes qui ont fait honneur à la Tunisie ?
Qui, parmi les hommes d'affaires des finances, garde en mémoire Khidr Houssayn ou encore le rôle joué par Moncef Bey dans l'unification du peuple ainsi que les rôles de Youssef Rouissi et de Habib Thameur, symboles importants dans le mouvement national, ou encore Husayn Triki, le doyen des combattants avec ses 97 ans, qui a lutté pour l’indépendance du Maghreb, de l'Algérie ou de la question palestinienne durant plus de cinquante ans de son séjour en Argentine ou encore le colonel Ezzeddine Azzouz. Avec de nombreuses autres personnes, ils ont fait preuve d'héroïsme dans la défense de l'indépendance politique de notre peuple, devenant ainsi des symboles dans la mémoire collective.
Il est vraiment regrettable qu'aucune de ces personnes ne soit citée dans les manuels scolaires et que nos médias, avant et après la révolution, ne leur aient accordé aucune attention. Le même reproche peut être fait aux hommes de cinéma et de théâtre dont aucune œuvre ne rappelle le parcours de ces personnes. La répression intellectuelle et politique des opposants aux orientations politiques, économiques et culturelles de l'Etat, a atteint un tel degré par le passé qu’un grand nombre d’acteurs véritables de la société civile ont été écartés, avant et après l'Indépendance. Ceci englobe les pauvres zeitouniens, les youssefistes martyrs et les combattants qui ont été non seulement torturés et assassinés pour certains, mais également effacés volontairement de la mémoire collective des Tunisiens.
Les dirigeants de la future deuxième République sont invités à prendre ces réalités historiques en considération et œuvrer pour la réhabilitation de la mémoire nationale ainsi que d'adopter le principe de la réconciliation nationale à laquelle de nombreux historiens ont vivement réclamé depuis longtemps. J'ai personnellement adressé depuis quelques années une lettre aux hommes d'Etat les invitant à dédommager toutes les victimes de la répression. Notre appel a été entendu depuis de nombreuses années par les Marocains et totalement été ignoré par l’ancien régime policier tunisien. La réalisation de ces demandes sera une des conséquences importantes de la révolution de la dignité et de la démocratie.
Prof. Abdeljelil Temimi

 
Lettre ouverte à M. Habib Sid, Ministre de l’Intérieur
 

Je vous prie de bien vouloir prendre connaissance de ma lettre et d’étudier la proposition qui y figure
Comme de nombreux concitoyens, j’ai regardé sur la chaîne de télévision nationale comment les autorités administratives de votre ministère ont permis à un groupe d’élèves de visiter les espaces de torture au ministère de l’Intérieur. Ils leur ont permis de dessiner sur les murs et par conséquent de changer l’aspect originel des lieux où les noms des prisonniers sont gravés ainsi que les dates d’emprisonnement et le nombre de jours misérables qu’ils y ont passés. Vous aviez auparavant ordonné le nettoyage de ces lieux à la mauvaise réputation. Toute trace d’instrument de torture dont ont souffert des milliers de Tunisiens avait disparu.
Permettez-moi, M le ministre, de vous signaler que ceci est une violation flagrante de la mémoire nationale que nous avons œuvré à conserver à travers les témoignages de ceux qui ont subi des tortures. Ceci me rappelle le témoignage du feu Nourreddine Ben Khidhr qui nous a arraché des larmes en nous narrant les techniques de torture physique et morale qu’il a subi au sein de ce ministère. Des dizaines d’autres tunisiens nous ont également livré leur témoignage.
Que tous les responsables au sein de votre ministère sachent qu’ils n’ont aucun droit d’agir ainsi avant de consulter les historiens, les sociologues, les anthropologues et les juristes locaux et internationaux en tant que dépositaires de la mémoire nationale et chargés d’enregistrer les témoignages et de préserver les « lieux de mémoire » qu’il s’agisse du ministère de l’Intérieur ou des prisons. Votre administration n’a aucun droit de transformer les espaces de torture en lieu de visite pour les élèves et les étrangers et d’en changer l’aspect initial. Le ministère essaye de faire montre de transparence et d’intégrité afin de l’utiliser médiatiquement au profit de certains politiciens, ce qui est inadmissible.
En tant qu’acteur depuis plus de deux décennies dans la préservation de la mémoire nationale et défenseur de l’école historique tunisienne qui a fait honneur au pays, nous vous demandons instamment de cesser cette mascarade médiatique qui nous fait du tort en tant qu’historiens. Nous vous demandons également d’effacer les traces des dessins qui ont été collés sur les murs de vos geôles. Le ministère doit préserver le caractère originel de ces murs. Ces espaces doivent être conservés afin de témoigner de la torture qui y a été exercée. Je joins ma voix à celle du Dr. Moncef Marzouki qui a suggéré, lors de la rencontre que nous lui avons consacrée au sein de la Fondation, de transformer ces lieux en musée suivant le modèle des pays développés qui préservent tous les éléments matériels en rapport avec leur mémoire nationale. Vous avez-vous-même, M. le Ministre, rendu visite à Berlin où vous avez été accueilli par le Dr. Hubertus Knab, directeur du centre de torture au temps de la Stasi, Gedenkstatte, et vous avez vu comment ce centre a été transformé en musée visité par des centaines de milliers d’Allemands et d’Européens.
En espérant que vous prendrez en compte mes suggestions, veuillez agréer, M. le Ministre, mes salutations.


Tunis le 10/10/2011                                                             Prof. Abdeljelil Temimi

 
 

 
« Rien ne sera plus jamais comme avant parce que la peur est partie et la parole s’est libérée… »
 

Madame Hédia Barakat, du Journal La Presse a eu le soin de m'interviewer sur la Révolution ; l'interview vient de paraître aujourd'hui, lundi 12 septembre, nous vous l'adressons pour lecture.

Merci de votre attention :"



Entretien avec Pr Abdeljelil Témimi

« Rien ne sera plus jamais comme avant parce que la peur est partie et la parole s’est libérée… »



Dans cette zone de turbulences que traverse la transition démocratique en Tunisie, la posture des chercheurs et des penseurs permet de maintenir le cap. Ils n’ont pas beaucoup d’amis sur facebook. Ils se font rares sur les plateaux télé - contrairement à ce qui se passe en vieille terre de démocratie -. Ils ne figurent pas à l’actualité immédiate de la révolution et de la transition. Mieux, ils l’expliquent, l’analysent, la dédient à la postérité et rendent possible son historicité. Le 14 janvier a remis à la surface du pays une mine insoupçonnée de chercheurs et de penseurs que l’opinion gagne à découvrir et écouter. Sans couleur politique, ni appartenance idéologique, sans optimisme stratégique, ni dramatisation pragmatique, juste avec l’outil scientifique, ils donnent du sens et de la consistance aux évènements. Le sens qui leur manque et l’objectivité et la sérénité qui font entrevoir le futur… forcément meilleur…

Professeur Emérite - Histoire Moderne -, Abdeljélil Témimi en fait partie. Sa fondation (Fondation Témimi pour la Recherche Scientifique et l’Information) a servi d’observatoire non stop de la révolution et de la transition et ses figures et ses courants de pensée. Nous l’avons rencontré.

La Presse :

- Quelle est votre lecture propre de la révolution tunisienne ? Pensez-vous, comme certains, que cette révolution a prématurément cédé la place à une hâtive et improbable démocratie ?

La révolution tunisienne constitue une nouvelle référence pour les peuples opprimés par les dictateurs. Elle a été, avant même les revendications de la démocratie, une aspiration populaire de la part des plus démunis à la dignité et à plus de justice. Pourquoi être pessimiste et parler d’une improbable démocratie. Il y aura certes encore des problèmes économiques et sociaux, certes des périodes de doute et d’incertitude, mais la Tunisie est un pays jeune et la jeunesse a soif de s’inscrire dans la marche du monde aujourd’hui en pleine mutation. Pourquoi douter ? Cinq ou dix ans sont beaucoup dans la vie d’un homme mais peu dans l’histoire d’un pays. Soyons confiants et travaillons à construire notre démocratie même si les obstacles sont difficiles à franchir et les mauvaises habitudes difficiles à corriger. Rien ne sera plus jamais comme avant, déjà parce que la peur est partie et ensuite la parole libérée…

- Quelles sont selon vous les principales caractéristiques de cette phase de transition, ses singularités, ses forces et ses faiblesses ?

Il est vrai qu’après l’effervescence des journées révolutionnaires, des premières semaines de liberté retrouvée où tous voulaient s’exprimer ou s’expliquer, cette période transitoire parait un peu mièvre et pousse certains à désespérer. Mais justement, c’est une période de transition et on ne peut donc pas y prévoir ou concrétiser de grands projets ou de grandes réformes. Cela appartient au futur gouvernement. Cependant, cette période est essentielle en ce qu’elle permet aux différents partis et courants politiques de mieux se faire connaître. Elle permet aussi de découvrir les courants contre-révolutionnaires, de faire la révélation des dossiers politico-financiers douteux et de prendre la mesure, avec plus de sérénité, de l’exploitation terrible dont le pays a été victime sous la dictature. Certains en profitent pour se blanchir, c’est humain et inhérent à toute révolution. Je pense que le peuple tunisien est assez sage pour exiger la justice rendue, pas les purges. Bien que cette période de transition puisse paraître longue, elle permet aux esprits de s’apaiser et de juger plus calmement ; il ne faut cependant pas qu’elle s’éternise.

- Sans couleur politique ni appartenance idéologique, votre Fondation a travaillé sous l’ancien régime, mais a vraiment commencé à faire œuvre de militantisme scientifique depuis les premiers jours de la révolution. Quelle mission vous étiez-vous, dès lors, donnée ?

Près de douze ans avant la révolution, je militais pour une réécriture de l’histoire du mouvement national. J’ai, au sein de la Fondation, procédé à plus de 400 enregistrements de personnalités, toutes tendances confondues, qui ont participé au mouvement d’indépendance et à la construction de l’Etat moderne ; comme j’ai organisé avec le concours de la Fondation Konrad Adenauer en Tunisie, sept congrès sur le président Habib Bourguiba ; mais le régime et ses conseillers lui ont fait ombrage. car à cette époque le 7 novembre était devenu plus important que le 20 mars dans le processus de « débourguibisation » du pays. Persévérer dans cette voie relevait du militantisme scientifique. J’ai vécu la liesse et l’entreprise de l’indépendance, je suis entrain de vivre celles de la révolution, et je suis heureux que mes enfants aient pu vivre cette période exaltante où tout parait possible, où l’avenir s’ouvre à nouveau, pour eux surtout. Dès lors, j’ai participé à ma façon, par ce que vous appelez le militantisme scientifique : une tentative de donner du sens à ce qui se passe, de le réfléchir et le consigner sur les pages de l’histoire.

- Quels sont les débats majeurs et les principales réflexions que votre Fondation a suscités et accueillis au long de cette période de transition ? Pensez-vous qu’ils ont répondu aux grandes questions que se pose le pays et qu’ils ont eu l’impact attendu auprès du public et des médias ?

Il est quasi impossible de traduire l’essence des débats et des réflexions qui ont eu lieu de part et d’autre. Notre Fondation a reçu des personnalités politiques, des juristes et des économistes, des intellectuels et des universitaires. Beaucoup ont parlé de la révolution et des moyens à mettre en œuvre pour la sauvegarder, mais aussi faire aboutir ses objectifs de démocratie, de dignité et de justice car cet acquis a changé à jamais la réalité politique dans notre pays et dans le monde arabe.

Les textes de ces vingt-six rencontres constitueront dans l’avenir une référence incontournable pour mesurer et sentir l’effervescence suscitée par la révolution ; l’ouvrage aura pour titre « Observatoire de la révolution tunisienne ». Il sera présenté en 2 tomes et sur 1000 pages. Nous avons suivi le rythme des événements en entamant un dialogue direct avec de nombreux leaders politiques et d’opposants à l’ancien régime et avons donné la parole à près de 500 personnes, panel de l’opinion publique tunisienne. A travers ces échanges, les Tunisiens et Tunisiennes ont redécouvert leur attachement profond aux acquis de la modernité. Les débats ont souvent été riches, salutaires, parfois controversés, mais tous reflétaient le désir profond que la révolution réussisse.

En ce qui concerne les médias, quelques journaux en langue arabe ont publié des extraits de ces rencontres, mais beaucoup ont ignoré les 90 heures d’enregistrement des témoignages des leaders politiques, économiques et intellectuels. Cette diffusion aurait pourtant pu contribuer à éclairer l’opinion publique.

- Dans le cadre de vos rencontres régulières, un débat crucial a eu lieu sur le thème de la bonne gouvernance. Qu’est-ce que la bonne gouvernance et en quoi cette notion importe aujourd’hui ?

La bonne gouvernance aujourd’hui est une exigence de la mondialisation. Elle doit garantir la participation du peuple aux choix d’avenir, la répartition plus juste des richesses du pays aux régions et aux habitants, la lutte contre la corruption, laquelle est monnaie courante dans le monde arabe. Le peuple tunisien a trop souffert de la mauvaise gouvernance de l’ancien régime. La révolution a permis de mesurer l’ampleur de la corruption et du dysfonctionnement administratif dans notre pays. C’est vrai, il se disait et certains le savaient, mais nul ne pouvait mesurer la réelle profondeur du gouffre dans lequel nous étions plongés. C’était la trahison du pacte moral qui doit exister entre gouvernants et gouvernés. En partenariat scientifique avec l’ambassade des Pays-Bas en Tunisie, nous avons organisé un congrès sur la bonne gouvernance. Le rapport final stipule que le concept de bonne gouvernance est un contrat ayant pour clauses fondamentales la confiance, la transparence et le respect mutuel.

- Quelles seraient selon vous, les conditions de réussite d’une révolution pacifique et d’une transition démocratique ?

Pour que l’après révolution soit une réussite – malgré les obstacles, et il y en aura -, il faut éviter de renouveler les erreurs passées et de croire que seuls les gouvernants savent ce qui est bon pour le peuple. Il faut surtout que les villes prospères se réconcilient avec l’intérieur marginalisé, souvent oublié, presque méprisé ; ne nous étonnons pas si une certaine haine est encore perceptible dans son attitude. Un mea culpa et une reconnaissance du rôle fondamental des populations du Sud dans le mouvement d’indépendance est aujourd’hui nécessaire comme l’a souligné notre collègue Hassine Raouf Hamza dans une conférence magistrale à la Fondation au début de la révolution.

Ne pas oublier que la révolution n’a pas été déclenchée par les populations des grandes villes mais par celles de l’intérieur du pays, et ce, deux ans auparavant dans le bassin minier de Redeyef où la répression fut terrible. Rétabli cette justice doit être le rôle du prochain gouvernement et de l’Assemblée Nationale Constituante qui aura la mission combien historique de préparer notre nouvelle constitution, comme il aura pour tâche de redynamiser la promotion sociale et de permettre aux enfants diplômés de ces régions participer à l’avenir du pays et de leur région. Permettre aux talents d’éclore, d’où qu’ils viennent, garantira la pérennité des acquis de la révolution pacifiquement. Sinon, nous créerons une situation très dangereuse, que je n’ose qualifier d’autre chose ! Et, dans ce sens, le temps presse.

- Quel aura été selon vous le rôle des penseurs, des chercheurs et des universitaires dans la clarification des zones d’ombre de la révolution et de transition ?

Je relève que les juristes ont envahi la scène médiatique et la presse écrite pour n’évoquer, en général, que des questions à caractère purement juridique, ce qui est très important dans la phase de transition que nous traversons. Mais ces débats entre enseignants juristes, avocats et juges se sont engagés dans une lutte d’influences déclarée, alors que le devoir de tous était de poursuivre et diffuser les nobles objectifs de la révolution.

L’attitude des penseurs, chercheurs et universitaires est pratiquement absente, à part quelques sociologues et historiens, hommes libres qui se sont investis pour cette belle et magnifique révolution moyennant une campagne partisane de leur propre idéologie de droite ou de gauche. Il y a beaucoup de zones d’ombre non élucidées, de champs d’études restés vierges quant aux rôles des femmes de l’intérieur du pays, des marginaux de la société et surtout des jeunes qui ont eu le premier sit-in de la Kasbah 1, 2 et 3 et comment les intellectuels, toutes tendances confondues n’ont pas rendu hommage à ces vrais enfants de la révolution. D’autre part, un nombre d’historiens chercheurs ont été induits en erreur par le rectorat de Sousse pour organiser un minable congrès sur la ville natale du président déchu, Hammam Sousse avec la complicité des pro-Ben Ali, c’est une honte. Mais nombre d’historiens ont mené un véritable combat intellectuel digne de défendre la révolution, moyennant des recherches, des écrits et des participations à des séminaires et rencontres scientifiques. L’histoire en sera le juge.

- Huit mois après, la révolution tunisienne semble être en manque d’éthique, à court de sens et d’idées… Comment l’expliquer ? Comment y remédier ?

Pour comprendre les spécificités de la révolution tunisienne, il faut étudier la chape de plomb sous laquelle vivait notre pays pendant le dernier quart de siècle, voire depuis l’indépendance. Toute forme d’organisation de la société civile a été mise sous contrôle de l’Etat, les médias également. Ce qui s’est répercuté par la suite sur la révolution qui, sans direction ni idéologie, a été adoptée par les contre-révolutionnaires mêmes. Il faut signaler que ceux-ci n’expriment pas les vraies valeurs de la révolution, parce qu’ils sont incapables de changer les logiciels qui datent du règne du président déchu. Et s’ils sont en manque d’éthique ou d’imagination, cela n’engage en rien la révolution elle-même. Les Tunisiens se sentent enfin libres ! La liberté les aidera à imaginer un avenir meilleur, à saisir le vrai sens de l’histoire et s’y engager. Et c’est ça le vrai sens de cette grande révolution tunisienne.

Interview réalisée par Hedia Baraket



Pavés

1 - Bien que cette période de transition parait longue, elle permet aux esprits de s’apaiser ; il ne faut cependant pas qu’elle s’éternise.

2 - Nous avons suivi le rythme des événements en instaurant un dialogue direct avec de nombreux leaders politiques et opposants à l’ancien régime et avons donné la parole à près de 500 personnes, panel de l’opinion publique tunisienne.

3 - Les débats ont été riches, salutaires, parfois controversés, mais tous reflétaient le désir profond de faire réussir la révolution ; leur médiatisation aurait pu contribuer à éclairer l’opinion publique.

4 - La bonne gouvernance doit garantir la participation du peuple aux choix d’avenir, la répartition plus juste des richesses, la lutte contre la corruption… C’est un contrat ayant pour clauses la confiance, la transparence et le respect mutuel.

5 - Les débats médiatiques entre enseignants juristes, avocats et juges se sont engagés dans une lutte d’influences déclarée.

6 - Nombre d’historiens ont mené un véritable combat intellectuel : des écrits, des participations scientifiques. L’histoire en jugera.

7 - La révolution a été adoptée par les contre-révolutionnaires. S’ils sont en manque de valeurs, d’éthique ou d’imagination, cela n’engage en rien la révolution.

8 - Les Tunisiens se sentent enfin libres ! La liberté les aidera à imaginer un avenir meilleur, à saisir le vrai sens de l’histoire et s’y engager.

 
Vient de paraître aux publications de la Fondation Le 33ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine sur :
 


LA BONNE GOUVERNANCE : ENJEUX ET DEFIS POUR  LE MAGHREB

Etudes réunies et préfacées par
Prof. Emérite Abdeljelil TEMIMI


Publications de la Fondation Temimi pour la Recherche
Scientifique et l'Information & l’Ambassade des Pays-Bas en Tunisie
Tunis, Juillet 2011

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LA BONNE GOUVERNANCE A LA LUMIERE DES REVOLUTIONS ARABES


Prof. Abdeljelil TEMIMI


Les sociétés arabes n’ont pas connu un débat animé et approfondi autour de la notion de la bonne gouvernance comme celui entamé depuis quatre mois, c'est-à-dire depuis le début des révolutions arabes à commencer par la tunisienne. Elle a révélé l’ampleur de la mauvaise gestion imposée à la société tunisienne tout comme celles des autres sociétés arabes : égyptienne, libyenne, syrienne, yéménite…etc. Les responsables administratifs intègres et patriotes capables de protéger l’intérêt public ont été écartés. Nous avons vu comment les institutions publiques et privées ont été gérées par des responsables corrompus et inaptes scientifiquement et « patriotiquement » ont pillé le pays faisait fi des lois et les utilisant à leur profit. Ils ont laissé leurs peuples succomber sous le poids de la pauvreté et de la privation après les avoir obligés à se défaire d’une part de leur humanité. Ce sont les conséquences les plus directes de la corruption administrative qui a touché les institutions financières, économiques, judiciaires, universitaires ainsi que les institutions étatiques et privées, nous éloignant des principes de la bonne gouvernance.
La révolution de la dignité et de la démocratie, qui a renversé l’ancien régime, nous a montré, preuves irréfutables à l’appui et des milliers de dossiers évoqués sur les chaines de télévision nationales et étrangères, l’ampleur du dysfonctionnement administratif, de la corruption et de la trahison du pacte moral par les responsables politiques qui ont foulé aux pieds toutes les valeurs nobles. Nous resterons redevables à la révolution tunisienne qui a appelé à appliquer la bonne gouvernance, droit fondamental et seule garante de la participation populaire dans la gestion des affaires du pays, loin du clientélisme détestable et des allégeances partisanes ou tribales, importants maux qui ont touché nos sociétés depuis un demi siècle d’indépendance.
La tyrannie administrative explique la nature et les mécanismes de la prise des décisions arbitraires et injustes dont les conséquences ont été destructrices. Nous n’avons pas réussi à réaliser le développement durable de notre société, ni n’avons réussi à instaurer une justice indépendante, pilier de la bonne gouvernance. Une des causes de ces transgressions est le fait que les compétences locales, de différentes spécialités, n’ont pas été employées. Elles ont au contraire été combattues, marginalisées et écartées des planifications et programmes de développement. Plus encore, certaines ont été jugées et emprisonnées parce qu’elles avaient osé critiquer la politique étatique et avaient refusé de soutenir ses choix économiques et sociaux, mettant en garde l’opinion publique et internationale trompées par des statistiques fabriquées.
A la lumière de ce qui précède, nous pouvons dire que le mérite essentiel de la bonne gouvernance est l’ouverture d’un dialogue avec toutes les parties et l’utilisation des compétences pour le bien public qui devrait conduire, en cas d’application, à la démocratie. Il n’est pas possible de réclamer la démocratie sans préparer le terrain en exigeant l’application de la bonne gouvernance, point sur lequel nous avons insisté dans ce trente-troisième congrès du Forum de la Pensée Contemporaine.
Les lecteurs sont invités à s’attarder sur le contenu, en arabe et en français, de cet ouvrage et surtout sur les débats entamés entre les participants, révélant une base de données unique portant sur les conditions de l’établissement de la bonne gouvernance dans différents domaines. Ces débats ont été traduits en français afin de permettre à l’opinion publique européenne de saisir les problématiques évoquées dans un climat académique exceptionnel et indépendant au sein de notre Fondation.
J’aimerais saisir cette occasion pour remercier l’ambassadeur des Pays Bas, Madame Caroline Weijers, et le Gouvernement Hollandais pour leur soutien dans la tenue de ce congrès et leur confiance ; ces efforts sont couronnés aujourd’hui avec la parution des actes en arabe et en français, en un temps record après tout juste cent jours. Je voudrais également remercier les participants qui nous ont aidé à réaliser cet ouvrage référence sur la bonne gouvernance. Il vient conforter notre message visant à renforcer le savoir et la recherche scientifique dans notre pays. Cela fait honneur à cette belle révolution tunisienne qui nous invite tous à préserver ses acquis.

Tunis, le 03/07/2011 Prof. Abdeljelil TEMIMI

 
TABLE DES MATIERES
 


1- Partie française

Pages
9 - Abdeljelil Temimi. - La bonne gouvernance à la lumière des révolutions arabes
11 - Discours du Prof Abdeljelil Temimi au congrès
15 - Allocution de Mme Caroline Weijers, Ambassadeur des Pays-Bas à Tunis
17 - Discours du Prof. Massoud Daher, au nom des participants
Etudes :
21 - Bachrouch, Taoufik. - De la bonne gouvernance, dites-vous ?

27 - Ekovich, Steven.- Democracy, Good Governance, Public Administration, and Economic Development

41 - Hendriks, Bertus. - Le Rapport ambigu entre bonne gouvernance et démocratie

45 - Kraiem, Mustapha. - Bonne gouvernance : Sociétés modernes et sociétés traditionnelles

53 - Razgallah, Abdelaziz. - La bonne gouvernance dans les organismes de sécurité sociale au Maghreb

59 - Zaafrane, Wafa. - Le rôle social de l'Etat en Tunisie à l'épreuve de la bonne gouvernance

79 - Zaanouni, Mustapha. - Les aspects de la bonne gouvernance politique, économique et sociale : La Tunisie comme exemple


Résumés de quelques études publiées en arabe :

83 - Alashaal, Abdallah . - The Challenges of Interaction Between the Dictatorship and the Arab Cultural Heritage
85 - Débat du congrès
181 - Rapport final
187 -Index des noms de personnes et collectivités
191 -Index des noms de lieux géographiques
193 -Publications de la Fondation
1- Partie arabe
9 - Abdeljelil Temimi. - La bonne gouvernance à la lumière des révolutions arabes
11 - Discours du Prof Abdeljelil Temimi au congrès
15 - Allocution de Mme Caroline Weijers, Ambassadeur des Pays-Bas
17 - Discours du Prof. Massoud Daher au nom des participants
Etudes :


21 - Alashaal, Abdallah . - The Challenges of Interaction Between the Dictatorship and the Arab Cultural Heritage

27 - Bechaouch, Hanen. - Ali Ibn Isa et ses bonnes réformes ministérielles

47 - Belkahla, Adel. - La gouvernance entre l’Etat et l’autonomie locale

73 - Ben Abdelfatteh, Dahmen. - L’indépendance du pouvoir monétaire : un indice de la gouvernance au Maghreb ..
99 - Boudhief, Ammar. - La participation populaire dans la gestion municipale et les exigences de la bonne gouvernance : l’exemple de l’Algérie
123 - Turkmani, Abdallah. - Pour une complémentarité de la société politique et civile

137 - Edkhil, Bachir. - La régionalisation au Maroc comme modèle d’une bonne gouvernance
147 - Seddiki, Mohamed Naceur. -Une autre interprétation de la bonne gouvernance : ‘Olfa‘ chez les Karmates

185 - Daher, Massoud.- La société civile et la société politique : complémentarité ou rupture ?
199 - Gassoumi, Mouldi. - La bonne gouvernance et le développement
231 - Goui, Bouhania. - La société civile et la société politique en Algérie. Quelle relation pour une bonne gouvernance de la société civile maghrébine ?
249 - Kouch, Omar. - Aspects de complémentarité et de différence entre la société civile et l’Etat
261 - Messari, Mohamed Larbi. - Les fondations comme support de l’Etat démocratique moderne
269 - Résumés de quelques études publiées en français
271 - Débat du congrès
365 - Rapport final
371 -Index des noms de personnes et collectivités
377 -Index des noms des lieux géographiques
381 -Publications de la Fondation

 
Repercussions of the Revolution of Dignity and Democracy on the Universities and Scientific Research in the Humanities and Social Sciences
 


Our [Arab] countries have unquestionably entered a new exceptional historical period inaugurated by the Tunisian Revolution of Dignity and Democracy. The door to reshaping the established political and economic scene in our countries has been opened by and in resonance with the principles and aspirations of this revolution after twenty three years of our countries tasting the two bitter conditions of repression and belittling dictatorship that led to the seemingly inescapable impasse of nationalism manifest to all those expert observers and analysts.
This revolution has derived its legitimacy from the farthest reaches of the indigenous countryside; [it is not vanguardist], the participation of the intellectual, political, and economic elites was limited to some of the institutions of civil society and engaged political opposition. The greatest benefit of the revolution, in everyone’s view, is the depths of its origin, its leadership, and its momentum among the people. This explains how it [the Tunisian Democratic Revolution] became the igniting spark that quickly set aflame the Arab countries from one end to the other, animating and bringing out the masses of youth, who had never before united with such intensity except on football fields and in sports stadiums, or in pursuit of sundry frivolous entertainment. We are brought to reflect, in the course of this revolution, on how attached [how committed] these youth are to their right to build and make the future, raising new [poetic] slogans, breaking with the past, demanding freedom, dignity, self-esteem, and respectable employment in accordance with their qualifications and competences. This is what made a major Arab intellectual talk about the “Tunisianization of the Arabs,” when describing how this revolution has swept across the Arab countries from the Atlantic to the Gulf, giving a new sense of respect and appreciation not only for Tunisians, but for all Arabs.
Indeed, the successive Tunisian, Egyptian, Libyan, and Yemeni revolutions precipitated an earthquake in how the world views the Arab people, completely demolishing forever the state of exception they were in, returning the Arabs to the flow, the stage of history, after they had been completely marginalized. Moreover, the repercussions of this [Tunisian] revolution have even reached some European countries, as well as China, in addition to the Islamic World, where its aftershocks are spreading the same spirit and insistence on the right to build the future and restore to the people their humanity, which was distorted by a merciless globalization and a coercive government.
Significant matters, paramount among them the Palestinian cause, at the margins of which are such issues as Arab unity, development, and democracy, have been lost in a sort of Arab stupor. It is rather noteworthy, in this overall context, that there is no constructive policy providing for the restructuring of universities and ensuring the real reform of higher education and scholarly research. Equally as noteworthy is the absence of any solid criteria for appointing university presidents, directors, deans, and administrators in the scientific research sector. Many of those who have been appointed [by the security state] have been associated throughout the entire duration of their stewardship of this most important sector of knowledge with the damage done to the universities and academics as a consequence of adherence to party doctrine, opportunism, and the marginalization of sincere scholarly competence, as well as the lack of any proper system of assessment and supervision, whether scholarly, financial, or bureaucratic. This state of affairs accounts for the poor academic results constantly recorded over the past twenty years, as well as the continual decline of our universities to the lowest rankings at every level of research and study.
The Revolution of Dignity and Democracy has arrived to break completely with this old regime and its symbols among the university presidents and directors who have killed and buried academic values and virtue, and who have shown absolutely no interest in energizing our universities or working to create an affective and ennobling dynamics. On the contrary, we note, with the profoundest regret, how these “honorable university presidents” forced compliance with the [proposed] re-nomination of the past president, Ben Ali, for 2014, and how some of them even went so far as organizing a conference to recognize his “qualities” and “heroism,” as well as playing a leading role in the liberation [from colonial rule] of his homeland, according his family high distinctions in the national resistance struggle [against the French] when the historical documentation confirms the exact opposite. These are indications of the wretchedness and fear infesting the Ministry of Higher Education, and the whole lot of university presidents, and directors, who operate behind distortions of reality and falsification of history, never proposing the adoption of even a sign of strategic research or planning, neither national or regional [Maghrebian]. Nor do they generate, on any regular basis, a multilingual scholarly cadre of international standing in the humanities and social sciences, or even the hard sciences, which would enable Tunisia to properly benefit from the learning and knowledge that has been provided by its extraordinary pioneers of knowledge throughout its history.
Our people have irreversibly entered a new stage, with secure confidence in their extraordinary eventful capacity to seize the initiative to actively make history, after having lived for decades with a failure of will, content in the position of silent spectator, quietly confronting whatever happened in the Maghreb, the Arab world, or the international world at large. Here lies the value, the true importance, of what has occurred in the Arab World in 2011, which will go down in history as the year of the Arab.
We must work collectively so that our universities, research laboratories, and centers occupy a new place of guidance for the Revolution of Dignity and Democracy, and share responsibility with the new generation of Tunisians who have demonstrated, on the basis of their competence, the depth of their faith in this country of small [geographic] size yet huge and radiant civilization, and its ability to achieve the impossible. It is in accord with the repercussions of this revolution and in consonance with its ambitions and aspirations that we call for having confidence in the youth of this revolution, and in support of their academic, economic, and political initiatives, establish academic freedom and codify the establishment of institutions that will form the basis for the future of knowledge and scholarly research. Our concern here is with academic institutions, both private and international, which have engineered the destinies of the developed nations, fostering their growth. The exact opposite has been the case with the government-based Arab academies, centers, and universities, which have all devastatingly failed over the past sixty years.
A project we must of necessity undertake with decisiveness is the development of a new national policy for equitable and just distribution of government-provided academic scholarships that, in the past, went to secure the interests of partisan academics, as well as the most prominent sympathizers and loyalist of the past regime. In that light, among the repercussions of the Revolution of Dignity and Democracy is the open public listing of all these scholarships and grants on an internet website so that everyone can see for themselves the aptitude and competence required for receiving one.
Another serious and even more focused project concerns the committees of [academic] appointment that have been tightly controlled by the Director of Higher Education over the last 13 years without any administrative or ethical oversight. As a result, there has been a steady decline in the number of academic appointments in every branch of knowledge, which accounts for how hundreds who have successfully completed the undergraduate and doctoral educations have been unable to secure any position because of the Ministry’s failure to provide an adequate number of university positions; and this has been the state of affairs for twenty years. We note, however, with extreme regret, that the same Ministry has completely overwhelmed the already burdened professoriate by coercing them into regularly taking on teaching overload, locking them in a closed loop of intellectual calcification without any way of conceiving any change in their own country, or the world for that matter. These are the conditions that have destabilized our universities and caused the loss of any spirit of innovation and creativity in research.
There are numerous projects needing to be opened and processed with patriotic care in accordance with the civilizing message provided us by the Revolution of Dignity and Democracy. That is the message we address to the Minister of Higher Education and Scientific Research, so as to break completely with the practices of former officials and work to create a new dynamic that will make Tunisia a radiating [event] in the Maghreb, the Arab World, and globally.



Tunisia 06/03/2011


Prof. Abdeljelil Temimi

Translate from Arabic by Dr. Ronald Judy,
Professeur de théorie critique et études culturelles a l’Université of Pittsburgh

 
SIXIEME COMMUNIQUE sur la : 7ème rencontre avec M. Hedi Baccouche
 

Eclairage nécessaire et méthodologique autour de l’invitation de M. Hédi Baccouche à la tribune de la Fondation
Samedi 19 février 2011



Depuis une douzaine d’années, la Fondation a donné à toutes les tendances politiques, syndicales ou autres, sans exception, l’occasion de venir présenter leurs témoignes. Nous avons réussi à constituer une importante base de données audiovisuelle sur la mémoire nationale et sur l’histoire du temps présent. Nous avons également consacré à la révolution de la dignité et de la démocratie 8 séminaires et avons donné à une partie de la jeunesse qui a fait la révolution de venir s’exprimer. Nous avons jusqu’à présent publié 6 communiqués et avons enregistré tous les débats qui ont suivi les témoignages surtout que l’audience était nombreuse et diversifiée. Nous sommes fiers de cette réalisation scientifique.
Nous avons remarqué, à travers la presse tunisienne comment les avis autour de la personnalité de M. Hédi Bacchouche sont controversés sur sa position vis-à-vis de la révolution. Certains ont prétendu qu’il était derrière la composition du premier puis du deuxième gouvernement de transition, qu’il avait un bureau au sein du Premier ministère ou encore que MM. Mbazaa et Ghannouchi lui demandaient conseil pour toute décision à prendre ! Certains écrits sur Facebook et Twitter, sont même allés jusqu’à l’accuser de comploter contre la révolution pour la faire échouer. Les accusateurs sont également allés jusqu’à s’en prendre à ma personne suite à l’invitation de M. Baccouche, prétendant qu’avec cette invitation, la Fondation perdait sa crédibilité. Je ne peux ici que regretter cette position malheureuse qui ne fait pas honneur à son auteur.
Je réaffirme que la Fondation restera toujours le seul espace académique indépendant dans notre pays et qui a pour but de servir la mémoire nationale et la révolution de la dignité et de la démocratie. Nous continuerons d’œuvrer sans relâche pour renforcer les acquis de cette révolution. L’écume disparaît mais restent les réalisations.

Prof. Abdeljelil Temimi
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Septième rencontre autour de l’avenir politique de la Tunisie après la révolution de la dignité et de la démocratie ----Le témoignage de M. Hédi Baccouche

Samedi 19 février, s’est tenue la septième rencontre autour de la révolution de la dignité et de la démocratie. Notre invité était M. Hédi Baccouche, ancien Premier Ministre. Plus de deux cent personnes étaient présentes, appartenant à différentes tendances politiques. Parmi l’audience se trouvaient quelques révolutionnaires parmi les jeunes, originaires du sud de la Tunisie, ces mêmes jeunes que la Fondation avait tenu à inviter pour écouter leurs revendications en leur réservant une rencontre qui leur sont totalement réservée, du fait qu’ils sont les premiers acteurs de cette révolution de la dignité et de la démocratie, qui a redonné aux Tunisiens le sentiment de fierté d’appartenir à ce pays. Cette révolution a également mis fin à l’une des dictatures les plus criminelles et minables de l’histoire contemporaine arabe.
M. Baccouche est intervenu pendant près de 6 heures. Les questions et interventions des participants se sont succédées, notamment celles des jeunes. Ceci a donné lieu à un dialogue libre, sincère et animé quelquefois que M. Baccouche a accueilli de façon positive, précisant son contentement de voir l’ambiance de liberté de parole et de démocratie constructive qui régnait. M. Baccouche a évoqué plusieurs dossiers comprenant son parcours avant l’indépendance, en passant par son rôle dans le mouvement du 7 novembre ou encore sa position par rapport à la période de Ben Ali ainsi que les interrogations autour de son rôle après la révolution. Nous en faisons ici un très bref résumé :

Premièrement : sa position par rapport à la révolution de la dignité et de la démocratie
- M. Baccouche a affirmé que cette révolution avait quatre principales conséquences qui sont la destitution de Ben Ali, la fin de son règne, le gel de son parti le RCD en attendant sa dissolution légale et enfin le début d’une ère nouvelle.
En évoquant la scène politique après le départ surprise de Ben Ali, M. Baccouche a précisé que « le Président par intérim et le Premier ministre ont formé un gouvernement d’union nationale en deux étapes, comprenant des députés issus des partis de l’opposition, des personnalités indépendantes de la société civile et des technocrates compétents. Le gouvernement a commencé à répondre aux demandes des révolutionnaires et à essayer de rétablir la confiance et la sécurité ainsi que l’activité économique. Le Président par intérim et le Premier ministre ont consulté plusieurs personnalités dont je faisais partie. Je suis allé au siège du Premier ministère et au siège provisoire de la présidence de la République à la Casbah trois jours d’affilée. J’ai donné mon avis sur les nouveaux événements, avis qui allaient dans le sens de la révolution parce que je crois qu’il faut aider à concrétiser cette révolution sur le terrain. J’ai ensuite arrêté tout contact avec le gouvernement, contrairement à ce qui a été dit dans les médias. Je n’étais pas derrière la formation du premier ou deuxième gouvernement ni encore derrière la nomination des nouveaux gouverneurs que je ne connais absolument pas. Tous savent que le Président par intérim et le Premier ministre ont différents conseillers parmi les ministres et personnalités de la société politique et civile. Je n’ai jamais été conseiller privé et ne possède ni bureau ni secrétaire au Premier ministère ». C’est ce qui a été mentionné par M. Baccouche lors de son témoignage.
- Il a également précisé « Je pense que la Constitution actuelle a été dépassée par les événements et ne peut plus s’appliquer à la Tunisie d’aujourd’hui ».
- Il pense également que « la protection de la révolution est un objectif noble pour lequel doivent œuvrer les Tunisiennes et Tunisiens afin que soient remplies ces quelques conditions :
Premièrement : que l’accord règne entre les différentes composantes de la société et que la représentativité soit la plus large possible d’où personne n’est exclu.
Deuxièmement : qu’un programme national soit mis en place pour assurer le passage entre l’ère de la frustration à celle de la liberté.
Troisièmement : se mettre d’accord sur un plan rapide pour la reprise de l’économie, pour faire face au chômage et afficher des choix clairs pour la prochaine élection présidentielle et la mise en place d’une nouvelle Constitution ainsi que l’élection d’un Conseil constitutionnel libre, démocratique et ouvert à toute personne désirant se porter candidate.
- la Tunisie a fait l’expérience des méfaits du régime présidentiel sous Bourguiba et Ben Ali, régime qui s’est transformé en un pouvoir individuel illimité. Cette révolution nous invite à l’adoption d’un régime parlementaire afin que soit arrêtée toute tentative d’instauration d’un régime autoritaire où le président détiendrait tous les pouvoirs et se transformerait en dictateur.
- en tant que citoyen libre, destourien qui a lutté pendant une soixantaine d’années, je n’hésiterai pas à donner mon avis lorsqu’il me sera demandé à propos de la question nationale. J’aime profondément mon pays et le servirai avec toute la force et la clairvoyance nécessaire jusqu’au bout.
- je confirme l’importance de cette révolution qui nous garantit la démocratie, les droits de l’homme, la liberté des médias, le pluralisme politique et, bientôt, l’alternance au pouvoir. Construire un nouvel Etat et en assurer le développement nécessite l’examen minutieux et courageux de tous nos choix dans le passé afin de les évaluer pour comprendre les dysfonctionnements et les raisons pour lesquelles nous n’avons pas réussi à réaliser le développement des régions défavorisées. Cette nouvelle ère a commencé dans ces régions. Nous devons aujourd’hui beaucoup à la volonté et à l’éveil de notre jeunesse. Cette révolution n’est pas le fruit d’un accord entre une minorité de responsables mais le fruit de l’action pacifique de notre jeunesse.
Nous ne doutons pas de la réussite de cette révolution à construire une Tunisie nouvelle au sein du Maghreb, en s’appuyant sur toutes les capacités et sur la jeunesse. Il faudra instaurer une bonne entente nationale qui respecte la différence où personne n’est marginalisé ni exclu loin des règlements de compte et des désirs de vengeance.
Deuxièmement : quelques éclairages sur le mouvement du 7 novembre :
M. Hédi Baccouche a donné de nouveaux détails sur la déclaration du 7 novembre, affirmant que « Ben Ali a eu vite fait d’ignorer ses promesses et a traîné à s’engager vers la démocratie. Il a trahi la promesse faite au peuple. Le fait que je n’accepte pas le libéralisme sauvage et que j’essaye de convaincre la Banque Mondiale de prendre en compte la dimension sociale dans le développement, n’a pas arrangé les choses qui se sont envenimés lorsqu’on a essayé de convaincre Ben Ali que l’Etat avant une tête et deux jambes… J’ai vite été éloigné comme Premier Ministre, en moins de deux années. J’ai pris ma retraite mais certains de ses hommes de main ont essayé de m’impliquer dans un complot avec les islamistes en s’appuyant sur une rencontre que j’avais eue avec l’un des leaders du mouvement pour m’informer qu’ils sont innocents et pacifiques.
- Le gel du RCD est un pas décisif car l’ancien président a taillé ce parti à sa convenance et en a fait un instrument docile, aidé par certains profiteurs aux calculs personnels. Des personnes étrangères à toute action politique ou à la lutte nationale ont été nommées. Le RCD a refusé que le vote soit démocratique et libre, ce qui a retardé l’émergence de leaderships locaux ou régionaux. Il a opéré une rupture avec le passé glorieux du parti destourien et du père de la nation Bourguiba que Ben Ali a considéré comme un simple leader, refusant ainsi le respect qui est dû à l’histoire de la Tunisie. Les arrivistes de l’époque de Ben Ali avaient même pour règle de le jamais prononcer le nom de Bourguiba lors des réunions, de ne jamais montrer une image de lui ou d’applaudir lorsque son nom est évoqué. Le parti a dégringolé à son plus bas niveau. Des chiffres mensongers se sont répandus. Il est nécessaire d’entamer une autocritique véritable et de présenter des excuses publiques à tout citoyen ayant eu à souffrir du parti. L’Etat devrait s’en charger.
- Je suis de ceux qui appellent à changer le nom du RCD, à l’adapter à la nouvelle loi sur les partis, à dissoudre le bureau politique et à charger une commission de préparer un congrès exceptionnel de renouvellement afin que soient réhabilités les éléments nationalistes qui ont été exclus. Il serait ainsi rendu justice à ce parti et à son combat premier depuis 1920 sous la direction de Thaalbi, de Klibi, de Bourguiba, de Youssef Rouissi, de Salh Ben Youssef et bien d’autres leaders. C’est cela qui m’a poussé à proposer à M. Mustapha Filali de prendre cette initiative pour son sens patriotique, pour son expérience en tant que ancien Directeur du parti. Il a accepté au départ mais il a préféré ultérieurement s’engager au sein de la commission d’union nationale pour la sauvegarde de la révolution aux larges attributions et à la création de la laquelle ont appelé d’importantes personnalités telles que M. Ahmed Mistiri et Ahmed Ben Salah,. Ceux deux personnes comptaient parmi les personnalités les plus importantes et nationalistes dans notre pays. Je pense que les figures du temps du combat pour l’indépendance se réuniront dans un futur proche pour rappeler les valeurs nationalistes auxquelles ils ont adhéré.
- Ce qui nous unit est l’amour de la patrie. L’étranger reste un étranger. Nous faisons affaire avec lui, nous le respectons, nous coopérons avec lui sans nous soumettre à lui ni l’associer à la gestion des affaires internes de notre pays ni encore lui demander de jouer le rôle de juge.
- Je réaffirme ici qu’il n’est pas question que je joue un quelconque rôle. Mon âge avancé ne me permet plus d’assumer des responsabilités et je n’ai aucune ambition personnelle. Je suis en revanche prêt à encourager tout mouvement destourien qui réhabiliterait Habib Bourguiba et réunirait les anciens destouriens comme le doyen des combattants en la personne de Hussine Triki à l’âge de 95 ans, qui est rentré ces jours d’Argentine. Il a vécu toutes les périodes du combat nationaliste depuis les événements du 9 avril 1938. Il a été condamné deux fois à mort sous le protectorat et sous Bourguiba et été l’un des fondateurs du bureau du Maghreb arabe au Caire avec quelques autres leaders maghrébins comme le docteur Habib Thamer. M. Triki a également défendu l’indépendance de l’Algérie et la libération de la Palestine ».
***
Voilà le résumé du témoignage de M. Baccouche qui a été suivi par un très riche débat. L’intervenant a fait face à des dizaines de questions sur son passé nationaliste et ses positions par rapport à certaines questions très délicates de l’histoire de notre pays. Notre invité a répondu en toute franchise. La publication de son intervention viendra enrichir la documentation sur la révolution tunisienne et nous permettra de connaître cette personnalité que les médias tunisiens et internationaux ont ignorée. Il est notable que lors d’une des réponses les plus délicates que notre invité ait eu à faire, il a regretté de ne pas avoir été assez ferme à l’époque de Ben Ali sur certaines questions sensibles et a précisé « je n’ai pas eu le courage de prendre une telle décision ». Cet aveu courageux de sa part est à relever venant de la part d’un homme politique tunisien important.

Prof. Abdeljelil Temimi

 
Cinquième communiqué
 
Sixième rencontre autour
Des circonstances de la création du conseil national de l’entente et du sauvetage
Les défis de l’avenir politique de la Tunisie après la révolution de la dignité et de la démocratie


Le samedi 12 février 2011, M. Mustapha Filali était notre invité pour parler des deux dossiers suivants :

1) : les circonstances de la création du Conseil National de l’entente

2) : Les défis de l’avenir politique de la Tunisie après la révolution de la dignité et de la démocratie

M. Filali a abordé des multiples questions qui émanent de ces deux dossiers, en appelant à des dialogues avec des personnes représentatives de la nouvelle génération de cette révolution. Cette révolution est partie des régions reculées de ce pays et des couches sociales marginalisées ; il est du devoir des analystes, sociologues et historiens aujourd’hui de protéger la révolution et d’éviter les confusions entre régional et national, privé et public, urgent et de moindre priorité.

M. Filali est revenu sur l’idée première de la création du conseil national de l’entente , en indiquant qu’il a reçu le 16 janvier un coup de téléphone de M. Hédi Baccouche lui suggérant d’un conseil ; c’est ainsi que M. Filali a contacté MM. Ahmed Ben Saleh et Ahmed Mestiri et tous les trois ont rencontré le président provisoire de la République qui a donné un accord de principe ; cette idée approuvée par l’UGTT et quelques partis politiques ainsi que M. Rached Ghannouchi, de qui de Londres a émis un avis favorable. Finalement, le Président de la République a fait marche arrière et a fait paraître un court communiqué dans la presse faisant part de ses services. Le projet a finalement été abandonné.

Vu la vitesse avec laquelle les événements se succèdent en Tunisie, ainsi que l’existence de cellules appartenant à l’ancien régime et qui oeuvrent à déstabiliser l’Etat et à semer la peur puisque de grandes quantités d’armes et d’argent ont été retrouvées ; il est urgent que tous, gouvernement provisoire, société, jeunesse, élite, institutions de la société civile, affrontent ces forces, afin que la sécurité soit rétablie dans le pays, que la reprise de la vie scolaire et universitaire soit effective et que l’économie reprenne son cours au niveau local, arabe et international. Nous devons œuvrer à ouvrir une nouvelle page pour cette révolution encore menacée.

Suite au dialogue entre notre invité et les participants, ces derniers ont souhaité exprimer certains points dont les plus importants sont les suivants :

- Il est urgent de réactiver l’idée de la création d’un conseil national de l’entente et du sauvetage de la révolution. Il faut qu’il soit constitué de plusieurs personnalités nationales afin qu’il soit consulté sur les décisions importantes pour le pays. Cette création répondrait à une partie des demandes de la révolution. Le gouvernement provisoire ne détient pas l’exclusivité d’oeuvrer au nom de l’intérêt puisqu’il existe de nombreux citoyens et citoyennes sincères qui veulent participer à la réussite de la révolution.

- Réviser la composition des différentes commissions de réformes politiques et économiques afin d’y intégrer les meilleurs spécialistes ? et également expliquer l’étendue de leur compétence afin de profiter au mieux de leur expérience.

- Mettre en garde, en ce moment sensible de l’histoire de notre pays, contre les dangers des divisions avec la création de dizaines de petits partis politiques, ce qui sera contre productif pour la société dans l’avenir. Il faudrait donc que la classe politique trouve un terrain d’entente et unisse ses efforts pour rationaliser les orientations partisanes. Le danger serait que notre pays évite le même scénario algérien qui a vu la création de 64 partis politiques.

- Les défis de l’avenir politique, économique et scientifique est la responsabilité de tous. Que chacun l’assume à partir de sa position : la jeunesse consciente qui a fait la révolution, les spécialistes de différents domaines, les universitaires indépendants, les hommes d’affaires et les diverses sociétés. Tous doivent œuvrer à protéger la révolution populaire et à une redistribution plus équitable de la richesse nationale.

- Les participants mettent en garde l’opinion publique tunisienne contre les agissements des médias qui ne savent toujours pas choisir les intervenants. Certains de leurs invités étaient des symboles de l’ancien régime. Il est demandé aux médias d’être en phase avec la révolution et de mieux choisir des invités qui débattent des dossiers géopolitiques, économiques et scientifiques pendant cette période délicate de l’histoire de notre pays.

Synthèse établie par A. Temimi
 
Les défis de l’avenir politique, économique et scientifique de la Tunisie après la révolution de la dignité et de la démocratie (Septième rencontre ) avec M. Hèdi Baccouche Samedi 19 février 2011
 

Six séminaires ont été organisés par la Fondation pour étudier les dimensions et retombées de la révolution de la dignité et de la démocratie. Ils ont donné lieu à la publication de cinq communiqués qui ont résumé de façon très précise les préoccupations, ambitions et peurs exprimées par tous, le but étant de protéger cette révolution du peuple. Les participants se sont intéressés aux différentes étapes de la révolution en faisant la lumière sur ses causes et ses conséquences directes et indirectes.
Dans le but de diversifier nos sources d’informations sur les mécanismes de l’ancien régime dictatorial et afin d’écouter différentes opinions sur la façon de protéger la révolution des dangers internes et externes, nous avons invité M. Hédi Baccouche afin qu’il nous livre une partie de son témoignage sur le régime de Ben Ali et surtout sur les moyens de protéger cette révolution de certains profiteurs.
Le nom de M. Baccouche a été mentionné à plusieurs reprises lors des précédents séminaires. La presse tunisienne l’a également interviewé à plusieurs reprises. Il a en effet joué un rôle déterminant dans la rédaction de la déclaration du 7 novembre. Il a également une fine connaissance de la personnalité de Ben Ali avec lequel il entra en désaccord lorsqu’il était premier ministre à cause notamment du non respect des principes contenus dans la déclaration du 7 novembre, sorte de contrat social entre gouvernants et gouvernés. M. Baccouche a été écarté du poste et une nouvelle génération de corrompus est apparue qui a anéanti les structures administratives et les institutions économiques du pays.
Très tôt, M. Baccouche a rejoint les rangs de la lutte nationaliste puisqu’il a été emprisonné à 18 ans. Il a également été arrêté à Paris parce qu’il venait en aide aux membres du FLN. Par ailleurs, il était lié aux leaders du mouvement de libération marocainث. Il est considéré comme l’un des bâtisseurs de l’Etat national tunisien puisqu’il assuma successivement le rôle de gouverneur, de PDG de certaines entreprises nationales, consul général puis ambassadeur en Algérie, ministre puis premier ministre de Ben Ali. Il a lutté en faveur des classes défavorisées pour plus de justice sociale. Hédi Nouira l’avait choisi comme conseillé et il avait réussi à trouver un terrain d’entente entre le gouvernement et l’UGTT, ce qu’il continua de faire après le 7 novembre.
Il n’est pas possible de résumer le parcours de M. Baccouche en quelques lignes car sa mémoire est riche de souvenirs sur des événements datant d’avant l’indépendance en passant par les époques de Bourguiba et de Ben Ali, souvenirs qu’il a promis de livrer bientôt à la tribune de la Fondation qui a bénéficié, à maintes reprises, de ses encouragements.
Nous allons, entre autres, demander à M. Baccouche de donner plus de détails à l’opinion publique tunisienne sur les nombreuses initiatives évoquées après la révolution ainsi que sur la façon dont il envisage l’avenir de la Tunisie et ses défis politiques, économiques et scientifiques.
L’invitation est ouverte à tous, samedi 19 février à partir de 9h15, au siège de la Fondation.

Prof. Abdeljelil Temimi

Adresse : Immeuble Al-Imtiaz-Centre Urbain Nord-1003 Tunis
Tél. (00216) 71231444 ou (00216) 71 751 164 fax : (00216) 71 236 677
E. Mail : fondationtemimi@yahoo.fr ou fondationtemimi@gnet.tn Internet://www.temimi.refer.org (en français/عربي)

 
La cinquième rencontre autour de la révolution de la dignité et de la démocratie : Quatrième communiqué
 


Depuis la révolution tunisienne, nous avons organisé quatre rencontres sur le thème « Les défis politiques, économiques et scientifiques après la révolution de la dignité et de la démocratie » qui ont abouti à la publication de trois communiqués distribués en arabe et en français. Lors de la cinquième rencontre, nous avons invité M. Abdelfattah Mourou, un des fondateurs et leaders du mouvement Nahdha depuis sa création dans les années 1960.
Bien que je n’aie pas eu l’occasion auparavant de rencontrer M. Mourou car l’appareil sécuritaire m’avait empêché de l’inviter, j’avais beaucoup entendu parler de la modération de ses positions. A la suite de la révolution, nous avons invité donc le sheikh Mourou à la tribune de la Fondation qui est ouverte à toutes les tendances intellectuelles et idéologiques contradictoires ou complémentaires.
M. Mourou s’est exprimé pendant cinq heures. En toute sincérité et honnêteté, il a dressé un tableau des fondements intellectuels et religieux sur lesquels s’appuie le mouvement Nahdha. Il s’est adressé à une large audience, constituée notamment de Tunisiens rentrés spécialement d’Europe pour être témoins de ce nouveau climat démocratique où les convictions politiques et religieuses sont respectées.
Vu l’abondance des informations que M. Mourou avait à livrer sur le parcours de la Nahdha sous Bourguiba et surtout pendant la période de la dictature de Ben Ali, M. Mourou a surtout insisté sur les points suivants :

- le mouvement islamiste en Tunisie croit en la nécessité de remodeler la pensée tunisienne de telle sorte qu’elle soit ouverte sur la modernité sans pour autant être coupée de ses racines historiques. Il n’est pas question de revenir sur les acquis en matière des droits de la femme qu’il faudrait au contraire continuer à développer.

- les leaders du mouvement Nahdha ne s’occupent pas des questions de la vente ou de l’interdiction d’alcool, du port ou non du voile ou de la barbe. M. Mourou a affirmé qu’il s’agissait là de questions sur lesquelles la société avait tranché et la décision devait être respectée.

- il est important que tous comprennent que ce qui intéresse un mouvement islamiste moderne est le développement équitable et la solidarité réelle au sein de la société. Il est important que cette solidarité revête une dimension culturelle et religieuse. La question essentielle reste celle du développement à travers l’indépendance dans la prise de décision.

- M. Mourou a affirmé que « ce qui nous préoccupe actuellement est l’avenir de la Tunisie ». La liberté dont nous jouissons aujourd’hui est la conséquence du soulèvement d’un peuple empli de colère, de malheur et d’injustice, éléments auxquels les islamistes et leurs sympathisants n’ont pas échappé.

- en près d’un quart de siècle, le mouvement islamiste a subi des injustices qui en ont fait un mouvement éclaté. De nombreuses accusations pèsent sur ses membres et leaders, en les accusant d’être des agents à la solde de certaines forces régionales ou arabes. Tous les Tunisiens ont subi la dictature mais les islamistes se trouvaient à l’intérieur du four, a-t-il précisé.

- le cheikh Mourou a affirmé que la base du nouvel islamisme adopté par le mouvement est le travail collectif, même si tous au sein du mouvement ne sont pas d’accord. Cette différence n’est pas gênante et n’a pas de retombée négative sur le mouvement Nahdha. Il est important aujourd’hui de reprendre l’action islamiste nouvelle et en unissant les efforts des islamistes et des non islamistes, car tous sont des citoyens de la Tunisie « contemporaine ». Le but commun est d’apporter stabilité et prospérité à la jeunesse tunisienne et un avenir prometteur qui garantisse à chacun le respect de ses convictions. M. Mourou a affirmé que deux questions étaient prioritaires aujourd’hui : la protection de la pluralité démocratique en trouvant une formule à laquelle tous se soumettent et le dialogue pour la préparation de lois qui préserverait le pays de tout retour à la dictature.

Il s’agit là de certaines idées exprimées par M. Abdelfattah Mourou. Son intervention a été suivie par un riche débat. Les intervenants ont exprimé leur satisfaction de cette orientation mature et modérée du mouvement Nahdha dont les retombées seront positives.

Notre Fondation reste ouverte à tous notamment à M. Rached Ghannouchi afin de continuer à servir la révolution de la dignité et de la démocratie.



Prof. Abdeljelil Temimi.

 
Troisième Communiqué
 


La « Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l’Information » a organisé les 19, 22, 27 et 29 janvier 2011, quatre réunions auxquelles ont participé plus de 180 personnalités de diverses spécialités et de différentes sensibilités, toutes animées d’un égal souci et unies dans une même détermination de défendre la sécurité du pays et de préserver les acquis de la glorieuse révolution de ses jeunes.
Le large débat qui s’est instauré à cette occasion a porté sur des questions fondamentales ayant trait aux impératifs qui doivent présider à la transition d’un Etat sécuritaire à un Etat civil et moderne et à l’élaboration d’une Constitution pour la deuxième République, sur une saine et authentique démarche institutionnelle. Les commissions créées à cet effet et qui sont composées notamment de juristes, auraient dû impliquer, pour davantage d’efficience, d’autres personnalités parmi les érudits les historiens, les anthropologues et les sociologues qui restent quand même la référence de base pour déceler, apprécier et devancer les attentes de la société, dans toutes ses composantes.
Aussi, pour remédier à cette lacune et dans le souci de préserver les principes et les valeurs de cette révolution des nombreuses intrigues et conspirations tant intérieures qu’extérieures, les participants appellent à une reconstitution des trois commissions sur des normes plus opérantes d’équilibre et d’efficacité. Ils ont également formulé nombre de propositions qu’ils soumettront au pouvoir politique :
- Le gouvernement actuel, pour pouvoir prétendre assumer ses fonctions à l’abri des contestations et des protestations, doit proclamer, de manière claire et sans équivoque, qu’il est uniquement chargé de gérer les affaires courantes à caractère administratif du pays, sans aucune responsabilité politique.
- Fixer dès à présent une date précise pour des élections législatives et municipales libres et directes et ce afin de les organiser dans les meilleures conditions. Les participants proposent d’organiser le scrutin durant la dernière semaine du mois d’octobre 2011.
- S’employer à passer de l’Etat à vocation sécuritaire à un Etat civil, fondement de l’Etat de droit et démanteler toutes les structures de la police politique.
- En ce qui concerne la Constitution, les participants suggèrent de procéder d’abord à une évaluation de l’état de nos institutions et de nos diverses juridictions, sachant que le blocage qu’elles connaissent actuellement est la résultante d’un régime présidentiel sclérosé et inopérant. La solution réside donc dans un régime parlementaire, choisi directement et librement, et qui reste le seul à même de nous prémunir contre le vide politique ou institutionnel et, partant, contre les errances et l’instabilité. Le modèle allemand pourrait servir, à cet égard, de référence pour asseoir un régime parlementaire tunisien dont notre peuple est digne et qui réponde à son génie propre, à ambitions et aux valeurs morales qui fondent sa personnalité.
- Les participants proposent de jeter les fondements d’un pluralisme politique opérant et durable ainsi que la création d’un « Conseil des Sages », réunissant des hommes d’expérience parmi des personnalités indépendantes, patriotes et intègres qui puissent constituer la référence pour toutes les questions majeures de la Tunisie.

Adresse : Immeuble Al-Imtiaz-Centre Urbain Nord-1003 Tunis
Tél. (00216) 71231444 ou (00216) 71 751 164 fax : (00216) 71 236 677
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Un deuxième appel au peuple, à notre armée nationale et à nos élites
 


Un deuxième séminaire s’est tenu, le 22 janvier 2011, au sein de la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l’Information autour de La révolution de la fierté et de la démocratie et les défis de l’avenir politique de la Tunisie.
De nombreuses personnalités y ont participé venant d’horizons et de spécialités différents. Tous ont exprimé le désir de mettre leurs compétences au service de cette révolution conduite par le peuple tunisien, premier exemple du genre dans l’histoire moderne des peuples arabes. Réaffirmant leur totale adhésion aux principes de la révolution de la jeunesse et après un débat riche, élargi et pluraliste, les participants sont parvenus aux résultants suivants, transmis aux responsables, élites et médias tunisiens, arabes et internationaux :

1 - nous réaffirmons notre attachement à notre premier appel paru le 19 janvier et prenons acte du fait que le gouvernement ait positivement répondu à certaines demandes. Nous appelons les intellectuels, les personnalités probes et les différentes sensibilités politiques et civiles à prendre en compte l’avenir du pays pour sauver la patrie et les acquis de cette noble révolution.

2 - nous demandons que soient prises en compte les demandes de la jeunesse et appelons les différentes associations et organisations civiles à apporter leur aide aux catégories marginalisées afin que leurs droits soient préservés. Nous appelons également à la lutte pour l’éradication de l’injustice et de la corruption qui ne sont pas une fatalité ainsi qu’à l’adoption rapide d’un programme de développement réel. Nous demandons également aux différentes composantes du peuple de reprendre le travail, de et d’approfondir la solidarité sociale et de faire barrage aux essais de récupération de la révolution par certains opportunistes.

3 - nous joignons notre voix aux organisations et comités professionnels de différents secteurs qui appellent à la responsabilité nationale et leur demandons de s’organiser pour sauver le pays de tous les dangers intérieurs et extérieurs, actuellement et dans l’avenir.

4 - nous réaffirmons notre désir de voir la Constitution actuelle suspendue, suivi de l’élection d’un Conseil constituant qui aurait pour mission la mise en place d’une nouvelle Constitution qui préserverait l’identité nationale, affirmerait son attachement à un Etat civil afin de mettre en place une nouvelle République parlementaire, pluraliste et démocratique garantissant la séparation entre les trois pouvoirs avec pour nécessité de remplacer le régime républicain présidentiel par un régime républicain parlementaire.

5 - nous réaffirmons à nouveau notre désir de voir le dossier du RCD remis entre les mains de la justice pour rendre compte des graves abus commis ayant nui à l’Etat et au peuple. Nous demandons également que soient exclus de ce gouvernement de sauvetage national les ministres qui se sont, de par leurs responsabilités politiques, compromis dans la défense de l’ancien régime.

6 - nous demandons que soient remplacés les gouverneurs, journalistes, présidents d’universités ainsi que tous les symboles de l’ancien régime par des personnalités probes et compétentes, dont regorge la Tunisie, et qui n’ont pas contribué à ternir la réputation de notre pays.

7 - nous proposons la création d’une commission nationale qui aurait pour mission de contacter les partenaires économiques de la Tunisie afin de les rassurer et leur redonner confiance dans l’avenir politique et économique du pays.

8 - nous demandons de façon urgente la promulgation d’un décret présidentiel qui protégerait les archives de tous les ministères, surtout les ministères de souveraineté, contre toute forme d’atteinte et d’accorder aux archives nationales, qui sont la mémoire du peuple, toute l’importance qui leur est due.

9 - nous apportons notre soutien à l’initiative de Maître Kamel Gafsi à propos du conseil de sauvetage national et invitons à ce que soit fixée la date des élections législatives libres et directes.

Les participants ont également décidé de continuer le débat autour du thème :

Assurer le passage d’un Etat policier à un Etat civil, la question de la légitimité et la situation constitutionnelle actuelle, et ce le jeudi 27 janvier 2011 à 09.30

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Communiqué du 19/01/2011
 
Nous, intellectuels réunis le 19 janvier 2011 au sein de la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l’Information, croyant à la nécessité de soutenir la révolution populaire, de protéger ses aspirations et ses acquis historiques, et après avoir pris acte de la formation d’un gouvernement de transition, demandons que soient appliquées certaines conditions pour la mise en place un gouvernement de sauvetage nationale regroupant les différentes composantes de la société civile, sans exclusion. Ces conditions sont les suivantes :
1 la promulgation d’un arrêté officiel séparant l’Etat du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) et de tout parti politique.
2 la promulgation d’un arrêté officiel gelant tous les fonds et biens du RCD et renvoyant son dossier devant une commission d’enquête.
3 la mise à l’écart, au sein de ce gouvernement de sauvetage national, des ministres qui ont clairement participé à la corruption et à la répression sous l’ancien régime.
4 l’attribution du ministère de l’Intérieur à une personnalité indépendante car il s’agit d’un ministère central pour rétablir de façon urgente la sécurité intérieure et faire face aux adversaires de la révolution, à l’intérieur et à l’extérieur.
5 l’attribution du ministère de la Défense à une personnalité indépendante pour le rôle stratégique joué par ce ministère dans la défense de la patrie.
6 l’attribution des autres ministères clés à des personnalités indépendantes et intègres afin que ce gouvernement de sauvetage national soit bâti sur de bonnes bases.

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Communiqué
 



Nous, intellectuels réunis le 19 janvier 2011 au sein de la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l’Information, croyant à la nécessité de soutenir la révolution populaire, de protéger ses aspirations et ses acquis historiques, et après avoir pris acte de la formation d’un gouvernement de transition, demandons que soient appliquées certaines conditions pour la mise en place un gouvernement de sauvetage nationale regroupant les différentes composantes de la société civile, sans exclusion. Ces conditions sont les suivantes :
1 la promulgation d’un arrêté officiel séparant l’Etat du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) et de tout parti politique.
2 la promulgation d’un arrêté officiel gelant tous les fonds et biens du RCD et renvoyant son dossier devant une commission d’enquête.
3 la mise à l’écart, au sein de ce gouvernement de sauvetage national, des ministres qui ont clairement participé à la corruption et à la répression sous l’ancien régime.
4 l’attribution du ministère de l’Intérieur à une personnalité indépendante car il s’agit d’un ministère central pour rétablir de façon urgente la sécurité intérieure et faire face aux adversaires de la révolution, à l’intérieur et à l’extérieur.
5 l’attribution du ministère de la Défense à une personnalité indépendante pour le rôle stratégique joué par ce ministère dans la défense de la patrie.
6 l’attribution des autres ministères clés à des personnalités indépendantes et intègres afin que ce gouvernement de sauvetage national soit bâti sur de bonnes bases.
 
 


MESSAGE DE RECONNAISSANCE ET D’ESTIME


Prof. Abdeljelil Temimi

Rendre hommage à d’éminents scientifiques internationaux et arabes qui ont mis en exergue la contribution des Arabes à la civilisation mondiale, est l’une des traditions sur lesquelles veille notre Fondation depuis plus de trois décennies. C’est dans ce cadre que nous avons préparé des Mélanges à treize scientifiques arabes, turcs et internationaux : historiens, archéologues, moriscologues, spécialistes en bibliothéconomie et sciences de l’information et de la documentation ; dont 5 Français, 2 Espagnols, 2 Egyptiens, une Portoricaine, un Hollandais et un Turc. Sans nous arrêter sur l’ensemble de leurs réalisations, sur lesquelles le site de notre Fondation jette des lumières, remarquons qu’ils ont écrit avec passion et amour tout en respectant la rigueur scientifique.
Rappelons à cet égard qu’en tant que Président de l’Arab Federation for Libraries and Information (AFLI), nous avons pris une initiative avant-gardiste qui consiste à rendre hommage au Prof. Dr. Chaaban Abdelaziz Khalifa, éminent spécialiste égyptien en bibliothéconomie et sciences de l’information et de la documentation. Car en effet, nous croyons qu’il incombe aux sociétés scientifiques de reconnaître le rôle joué par les pionniers et les éminents chercheurs dans leur vivant, ce qui contribue au renforcement des liens entre les générations de scientifiques arabes dont les noms sont gravés dans la mémoire collective arabe et musulmane.
C’est dans ce même cadre que nous rendons hommage aujourd’hui au Dr. Ahmed El-Sheikh Amine du Soudan ; qui fut l’un de ceux qui travaillent avec discrétion loin de toute propagande. Il a fait de son mieux au sein de l’ALECSO, pour créer des bases de données, et encourager les chercheurs ayant des projets pour promouvoir les bibliothèques arabes et les domaines de l’information et de la documentation.
Nous connaissons de très près le Dr. Ahmed El-Sheikh, sa probité, et son dévouement pour le travail panarabe multilatéral ; il fut un trait d’union incontournable quant aux relations entre l’AFLI et l’ALECSO ; c’est lui qui fut derrière la signature des deux conventions de coopération qui ont abouti à la réalisation de tant de projets scientifiques, surtout en ce qui concerne les publications de l’AFLI et la tenue de ses congrès réguliers. En effet, le Dr. Ahmed El-Sheikh était bienveillant à l’égard de l’Arab Federation for Libraries and Information qui occupe aujourd’hui une place de choix sur la scène arabe ; sa réputation même sur la scène internationale est due à ses activités régulières, ses publications scientifiques et ses congrès très ciblés. Lors de la crise aigüe qu’a connue cette Fédération, le Dr. El-Sheikh s’est engagé corps et âme pour qu’elle poursuive son travail dans la légitimité et garde son autonomie et ses principes qui sont derrière la place qu’elle occupe parmi les organisations panarabes spécialisées.
En tant que directeur du département de la documentation et de l’information de l’ALECSO, le Dr. El-Sheikh a su tisser des relations étroites avec la plupart des spécialistes arabes en bibliothéconomie et sciences de l’information, et a essayé de les engager dans les divers projets de l’ALECSO ; ce qui fut derrière le développement de ce domaine et la propagation des outils de travail dans les bibliothèques arabes.
C’est ainsi que nous avons programmé de consacrer ce volume double de notre revue, en hommage au Dr. Ahmed El-Sheikh pour son rôle et ses efforts très appréciables et continus. C’est le couronnement du parcours, au sein de l’ALECSO, d’une personnalité scientifique digne de tout respect.
Les contributions à ces mélanges nous sont parvenues de chercheurs arabes et internationaux originaires de plusieurs pays arabes, tant du Machreq que du Maghreb ainsi que d’Europe et des Etats-Unis ; elles sont en langues arabe, française et anglaise ; ce qui reflète la place qu’occupe le Dr. Ahmed El-Sheikh sur la scène arabe et internationale. Nous remercions par ailleurs, tous ceux qui ont contribué à ce projet de Mélanges qui paraissent dans ce numéro double de la Revue Arabe, d’Archives, de Documentation et d’Information (RAADI).
Après ces Mélanges Ahmed El-Sheikh, ce sera le tour d’autres éminentes personnalités scientifiques arabes spécialistes en bibliothéconomie et sciences de l’information, signalons entre autres le Prof. Jassem Mohamed Jirjees (Iraq), Yahya ibn Juneïd (Arabie Saoudite), Mohamed Fathi Abdelhadi (Egypte). En effet, ces mélanges sont un message de reconnaissance et d’estime de cette la Tunisie où est née l’AFLI, accueillie et défendue toujours; elle restera fidèle aux principes qui ont guidé cette organisation panarabe loin de toute politisation, au service des bibliothèques et de l’information dans le monde arabe.
Tunis, le 08/12/2010 Prof. Abdeljelil Temimi

 
Messages de transparence :
 


Une table ronde sur l’aide et le soutien du peuple tunisien à son homologue libyen lors de sa lutte contre l’occupant italien :

Les relations tuniso-libyennes connaissent depuis quelques années un dynamisme économique, commercial et politique important, traduisant les liens forts et la complémentarité entre les deux peuples, visibles dans la presse des deux pays depuis l’occupation italienne jusqu’à l’indépendance de la Libye. La presse tunisienne a suivi attentivement tous les développements de la lutte libyenne à laquelle certains Tunisiens ont participé, notamment le groupe des Jeunes Tunisiens, dirigés par Ali Bach Hanba, qui dès 1911, ont soutenu les Libyens, organisé des campagnes de collectes de fonds sur les pages de leurs journaux, ont recueilli des fonds destinés au Croissant Rouge ottoman et ont encouragé les gens à aider les combattants libyens.
Le peuple tunisien a également aidé les caravanes du Croissant Rouge ottoman qui se dirigeaient vers la Libye et dont certains fonds ont été collectés par le Croissant Rouge tunisien. La presse tunisienne a également encouragé les combattants libyens en invitant les lecteurs à participer aux dons, en publiant les actes barbares commis par le colonisateur italien. Citons l’exemple du journaliste Chadhli Qastilli, qui écrivait dans al-Nahda et qui publiait les informations fournies par les Libyens et notamment par Muhammad Hédi Mchirgui qui utilisait un pseudonyme pour écrire des articles dénonçant les actes du colonisateur italien. Il y a aussi Abd al-‘Azîz Thaâlbî qui a fondé une association d’aide aux combattants tripolitains à laquelle participèrent Mohieddine Klibi et Muhammad Mqaddim. Cette association a rempli plusieurs missions, notamment :
- aider les combattants libyens,
- aider les familles et tribus libyennes qui se sont réfugiées en Tunisie en passant par le désert,
- désamorcer les conflits entre les combattants, rôle joué par Abd al-‘Azîz Thaâlbî.
Ce sont quelques faits oubliés de l’histoire du combat commun de la Tunisie et de la Libye. Les institutions et centres politiques et scientifiques tunisiens et libyens auraient dû prendre en charge l’étude de ces dossiers et inviter les nouvelles générations d’historiens et chercheurs des deux pays à étudier cette période riche en événements. Nous rappelons que la Fondation a publié plus de 300 études documentées sur l’histoire moderne et contemporaine de la Libye et des centaines de nouveaux documents trouvés dans les archives turques, françaises et britanniques soit dans la Revue d’Histoire Maghrébine ou dans l’Arab Historical Review of Ottoman Studies. Où sont les études et documents concernant la Tunisie et publiés en Libye ?
Nous vivons une époque où les intérêts personnels et l’appât du gain priment sur les visions et ambitions scientifiques communes. Il est regrettable qu’aucun congrès ou rencontre scientifique non politisé ne soit organisé entre les deux pays, venant renforcer leur partenariat scientifique. Nous allons étudier la possibilité d’organiser une table ronde autour de ce dossier.

  
L’encyclopédie de Kairouan qui continue d’être ignorée :

Dans le cadre des séminaires de la mémoire culturelle, nous avions invité, il y a un mois, le Dr. Mongi Kaabi, auteur de L’encyclopédie de Kairouan, parue au cours de l’année 2009, à l’occasion de la manifestation « Kairouan, capitale de la culture musulmane ».
Lors d’un entretien avec M. Kaabi, il m’a raconté les débuts du projet. Une commission avait été chargée de préparer l’Encyclopédie, sous la direction scientifique du Dr. Mongi Kaabi. Les différents échecs, entraves et désorganisations l’ont poussé à prendre la décision de la préparer seul. Il y est parvenu en un temps record. Son encyclopédie comprend finalement 800 pages. Il l’a publiée à compte d’auteur, juste avant la fin de la manifestation « Kairouan, capitale de la culture musulmane ». Il n’a pas pu la présenter aux hautes autorités et n’a même pas été invité à la cérémonie de clôture de la manifestation, ce qui est inadmissible. Vu la sensibilité du sujet, nous avons invité le Dr. Kaabi à nous faire le récit de cette expérience douloureuse qui s’est accompagnée de l’ingratitude du Ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine et du directeur de l’ISESCO. L’auteur n’a pas été remercié pour ses efforts lors de la préparation de l’encyclopédie et aucun exemplaire n’a été commandé. Le ministère en question a même préparé une encyclopédie parallèle, tirée à 1500 exemplaires, retirée précipitamment du marché lorsqu’on s’est aperçu qu’elle ne respectait pas les critères scientifiques.
Soucieux de faire la lumière sur cette question, nous condamnons ces actes qui portent malheureusement atteinte au pays. Les responsables devraient en rendre des comptes.

***
Une lettre aux bibliothécaires, membres de l’AFLI (Arab Federation of Libraries and Information)

Suite à ma participation au XXIème congrès de l’AFLI tenu à Beyrouth, je n’avais pas l’intention d’adresser ce courrier aux bibliothécaires mais je le fais pour me décharger de quelque responsabilité que je ressens en tant que fondateur et défenseur de l’AFLI depuis sa création à Kairouan en janvier 1986.
Il est inutile de rappeler les sacrifices financiers et les efforts d’organisation que j’ai dû assumer puisque j’ai organisé les six premiers congrès au sein de la Fondation à Zaghouan. Après mon élection à la tête de l’AFLI, j’ai organisé certains congrès exceptionnels à Amman (1997), Damas (1998), Nabeul (Tunisie 1999) et Le Caire (le congrès parallèle d’IFLA, organisé à Jérusalem en 2000). Ces rencontres étaient une véritable réussite sur le plan de l’organisation ou de l’entraide entre participants et organisateurs. Les actes de ces différentes rencontres ont tous été publiés. Mon devoir, tel que je l’ai mentionné dans un courrier, daté du 15 juillet 2010, adressé au Dr. Hassan Alsereihy était de « veiller à la continuation des activités de l’AFLI dans le futur et d’œuvrer à redonner confiance à la nouvelle génération de spécialistes ».
Croyant au rôle que peut jouer l’AFLI dans le regroupement des spécialistes arabes, j’ai accepté, depuis le premier congrès de Beyrouth, le principe de l’alternance à sa direction, à condition que le siège reste à Tunis et que le secrétaire général et le trésorier soient issus du pays de résidence, comme témoignage du rôle qu’il a joué dans la préservation de cet acquis scientifique. Je n’ai ménagé aucun effort pour surmonter toutes les difficultés rencontrées alors. Lors du congrès du Caire, par exemple, j’ai réussi à réunir la somme de quatre-vingt-dix mille dollars grâce à mes relations personnelles avec un nombre de personnalités et d’organismes arabes. Un nouveau conseil d’administration a été élu et les participants m’ont nommé président d’honneur de l’AFLI. Durant toute cette dernière décennie, l’AFLI a traversé de nombreuses crises qui ont failli lui coûter son unité. Grâce à la croyance sans faille en cette structure et à la rationalisation dans la prise de décision, ces difficultés ont été traversées et de nouveaux succès scientifiques ont été réalisés lors des congrès suivants.
J’aimerais faire quelques remarques qui n’ont pas échappé aux participants du dernier congrès de Beyrouth :
Premièrement : depuis 1975, j’ai de très bons rapports de coopération avec les spécialistes saoudiens en bibliothéconomie grâce à leur expérience et à leurs nombreuses publications. Notre coopération s’étale sur plusieurs plans. Nous leur avons publié de très nombreux travaux dans notre revue spécialisée qui paraît régulièrement depuis quatorze ans. J’ai intégré une jeune professeure saoudienne à son comité scientifique. Il est donc malvenu et regrettable d’essayer de s’en prendre à ces relations en répandant calomnies et mensonges. De très nombreux saoudiens connaissent ma position vis-à-vis de l’AFLI et me soutiennent depuis longtemps.
Deuxièmement : Je ne pense pas que l’éviction du rôle de la Tunisie lors des deux derniers congrès à Casablanca et à Beyrouth soit honnête. Je crois que de nombreux Saoudiens présents ont exprimé leur désaccord avec ce qui s’est passé surtout que le rôle joué par certains tunisiens a été occulté notamment le Dr. Wahid Gdoura, un des meilleurs spécialistes arabes et internationaux en bibliothéconomie. Depuis la création de l’AFLI, il a œuvré à sa préservation avec professionnalisme et sans aucune tentative de politisation de ses rencontres scientifiques. S’agissant de ma personne, on a ignoré tous les services rendus à l’AFLI et j’ai été empêché, lors de la dernière rencontre à Beyrouth, d’intervenir en ma qualité de président d’honneur de l’AFLI, qui, à ma connaissance, ne m’a pas été retirée jusqu’à ce jour. Cette position porte réellement atteinte au respect mutuel, principe sur lequel était basé le fonctionnement de l’AFLI depuis sa création. La direction aurait dû le suivre sans complexe de domination ou de supériorité ou encore tentative de contenir certaines personnalités.
Troisièmement : partant de ce tableau triste, où l’on a essayé d’occulter le rôle joué par la Tunisie et d’ôter au conseil d’administration ses véritables fonctions, établies lors de la modification du statut de l’AFLI pendant le congrès de Hammamet, je suis personnellement mécontent de cette déchéance et regrette profondément ce qui s’est passé lors du congrès de Beyrouth, espérant que les sages et les responsables arabes œuvreront à enraciner l’influence de l’AFLI au Maghreb et au Machrek et reconnaitront le rôle joué par certaines personnes dans son parcours scientifique. Nous continuerons à défendre notre AFLI malgré les essais visant à occulter le rôle de la Tunisie et de ses hommes qui ont œuvré à préserver ce précieux acquis pendant plus de vingt ans lorsque certains autres ne se préoccupaient pas de son devenir mais ont, au contraire, essayé de porter atteinte à son unité.

 
Les séminaires hebdomadaires sur la Mémoire Nationale : Une réalisation documentaire importante pour l’histoire du Temps Présent*
 

Notre Fondation s’est intéressée depuis plusieurs années aux fondements de l’Etat National en Tunisie et au Maghreb ; nous avons organisé, pour cet effet, sept congrès sur Bourguiba et une dizaine d’autres sur le Maghreb où furent traités nombreux dossiers considérés jusqu’aujourd’hui comme tabous ; tous les actes ont été publiés ; en outre nous nous sommes engagés à organiser des séminaires et des tribunes de discussions sur la Mémoire Nationale tunisienne et maghrébine, chaque semaine, en faisant appel à de nombreuses personnalités politiques, syndicales, universitaires, artistiques, intellectuelles et d’hommes d’affaires, appartenant à divers courants de pensée, ce qui nous a amené à publier 23 ouvrages et plus d’une centaine de textes de ces témoignages, qui furent derrière la création d’une base de données audio-visuelle, incontournable, et très précieuse à bien d’égards.
L’ensemble de ces textes de témoignages audio-visuels ont participé à la démocratisation de l’écriture de l’histoire du peuple, en s’intéressant aux groupes sociaux les moins favorables, en donnant la parole, pour la première fois à tous les courants idéologiques sans exception aucune, ce qui nous a conduit à récolter des témoignages d’une grande importance pour l’histoire du Temps Présent en Tunisie, qu’aucune autre institution tunisienne, maghrébine, arabe, française ou européenne n’a pu réaliser ; je relève ici que nous avons également pu recueillir les opinions et regards croisés avec les débats de tous les participants, ce qui a enrichi, indiscutablement notre base de données, que tout chercheur peut exploiter ; quant aux bourguibiens, nous les invitons à connaître mieux l’histoire de notre pays et rompre le silence, qui a duré trop longtemps ce qui ne plaide pas en leur faveur ; l’Histoire en jugera !
Voici donc la liste complète des actes des sept congrès sur Bourguiba ainsi que les textes des séminaires sur la Mémoire nationale et l’histoire du temps présent:

I – Actes sur Bourguiba et d’autres travaux complémentaires :
1. Actes du 1e Congrès international sur : Habib Bourguiba et l’établissement de l’Etat national : Approches scientifiques du Bourguibisme, 533p (en arabe et français), Zaghouan, Avril 2000.
2. Actes du IIe congrès sur : Bourguiba, les Bourguibiens et la Construction de l'Etat National, 506p, Septembre, 2001.
3. Actes du IIIe Congrès sur : Mécanismes du pouvoir à l’époque de Bourguiba en Tunisie et dans le Monde arabe, Février 2003, (en arabe et français), 510 p.
4. Actes du IVe Congrès sur : Justice et législation dans la Tunisie Bourguibienne et les pays arabes, Février 2004, (en arabe et français), 560 p.
5. Actes du Ve Congrès sur : Fin du règne de Bourguiba (1980-1987) et les leaderships politiques arabes : ascension et régression, (en arabe et français), mars 2005, 608 p
6. Actes du VIe Congrès sur : Les enjeux de la culture et de la connaissance en Tunisie et au Maghreb (1956-2005), (en arabe et français), septembre 2006, 408 p
7. Actes du VIIe Congrès sur : Etat de droit et prise de décision à l'époque de Bourguiba et au Maghreb, mars 2009, 326p ; ISBN 978-9973-32-089-6
8. - Temimi, Abdeljelil, Etudes sur la pensée et la politique Bourguibismes, 134 pages en arabe, Mars 2004, (nous attendons l’autorisation de sa diffusion, depuis mars 2004)
9. Mémoires politiques et écrits historiques de Youssef Rouissi, élaboré et présenté par A. Temimi, Zaghouan, 293p (en arabe et en français), Avril, 1995.
10. Actes du 1er congrès international sur : Farhat Hached : mouvement ouvrier et lutte nationale, 370p, (en arabe et en français), Zaghouan, Janvier 2002.
11. Témoignage d’Ahmed Ben Salah sur son parcours national et international, 176p., (en arabe), mars 2002.
12. Témoignage politiques de Tahar Belkhodja, 132 p, (en arabe et en français), mars 2002
13. Taieb Baccouche : Mouvement Syndical & démocratie en Tunisie (1971-1989), 170 p, (en arabe et en français) août 2003.
14. Le 17ème congrès du Forum de la pensée contemporaine sur : Rôle de la Femme Maghrébine dans le Mouvement de Libération et l’Edification de l’Etat National (408 p, mai 2007 en arabe et en français)
15. Séminaires de la Mémoire Nationale et l'Histoire du Temps Présent, Tome I, 412p, ISBN 978-9973-32-083-4, Tunis, Avril 2008.
16. Séminaire de la Mémoire Nationale et l'histoire du Temps Présent, Tome II, 420p, ISBN 978-9973-32-085-8, Tunis, Juillet 2008.
17. Le Rôle politique et culturel de Perspectives et des Perspectivistes dans la Tunisie Indépendante, Tome III, 290p, ISBN 978-9973-32-087-2, Tunis, Septembre 2008.
18. Le cinquantenaire de l’Université tunisienne : Témoignages de quelques doyens et directeurs, Tunis, Juillet 2009. 410p ; ISBN 978-9973-32-094-0
19. Mouvement syndical et nationalisme dans le parcours d’Ableaziz Bouraoui (1944-1988), 240 p. Tunis, Septembre 2009
20. Place de l’armée, la Garde Nationale et la Douane dans la Construction de l’Etat Tunisien., 240 p. Tunis, Avril 2010.
21. Témoignages de la mémoire culturelle sur : arts, langue et identité, 326 p, Tunis, Avril 2010.
22. Témoignages sur l’Union Générale des Etudiants de Tunisie, 290 p, Tunis, Août 2010.
23. Témoignages Mongi Kooli (à paraître très prochainement).

 
 
II- Liste des textes des séminaires publiés jusqu’à présent :
1. Témoignage de Mustapha Filali, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n° 109, pp 201-264, (en arabe) janvier 2002.
2. Témoignage de Mohamed Ennafaa, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n° 110, pp 201-246 (en français), janvier 2003.
3. Témoignage de Mohamed Ennafaa, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n° 111, pp 557-598 (en arabe), janvier 2003.
4. Témoignage de Ahmed Zemni, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n° 109 pp 317-346, (en arabe) janvier 2003.
5. Témoignage sur la bataille de Bizerte, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n° 111 pp 599-625, (en arabe) juin 2003.
6. La diplomatie tunisienne depuis l’indépendance, in, Revue d’Histoire Maghrébine n° 112 pp 757-786, (en arabe) juin 2003.
7. Témoignage sur le dossier du 26 janvier 1978 regards croisés, in, Revue d’Histoire Maghrébine (en français), n°14, pp. 163-191, (en arabe), janvier 2004.
8. Témoignage du 26 janvier 1978, in, Revue d’Histoire Maghrébine (en arabe), n°114, pp. 259-291, (en français), janvier 2004.
9. Témoignage sur le conflit Bourguiba/Ben Youssef (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n° 114, pp. 215-258, janvier 2004.
10. Témoignage sur le complot de 1962 (en français), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°114, pp. 127-163, janvier 2004.
11. Témoignage sur le complot de 1962 (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°114, pp. 215-258, janvier 2004.
12. Témoignage de Mustapha Filali (en français), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°114, pp. 163-191, janvier 2004.
13. Témoignage de Béji Caïd Essebsi (en français), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°115, pp. 145-154, mai 2004.
14. Témoignage de Gilbert Naccache (en français), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°115, pp. 155-176, mai 2004.
15. Témoignage de Chedly Ayari (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°115, pp. 197-212-, mai 2004.
16. Témoignage de Béji Caïd Essebsi (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°115, pp. 213-253, mai 2004.
17. Témoignage de Mohamed Kraiem (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°116, pp. 225-254, mai 2004.
18. Témoignage du Prince Chadly Bey (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°117, pp. 119-139, mars 2005.
19. Témoignage de Mohamed Mzali (1) (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°117, pp. 139-161, mars 2005.
20. Témoignage de Rachid Driss (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°118, pp. 411-462, mars 2005.
21. Témoignage sur Ahmed Tlili (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°118, pp. 463-483, mars 2005.
22. Témoignage de Mohamed Harmel (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°120, pp. 399-420, juin 2005.
23. Témoignage de Mohamed Masmoudi (en arabe), in, Actes du VIe Congrès sur : Fin du règne de Bourguiba (1980-1987) et les leaderships politiques arabes : ascension et régression, pp. 451-496, mars 2005.
24. Témoignage de Omar Chéchia (en arabe), in, Actes du VIe Congrès sur : Fin du règne de Bourguiba (1980-1987) et les leaderships politiques arabes : ascension et régression, pp. 497-534, mars 2005.
25. Témoignage sur la diplomatie tunisienne en Afrique (en arabe), in, Actes du VIe Congrès sur : Fin du règne de Bourguiba (1980-1987) et les leaderships politiques arabes : ascension et régression, pp. 535-555, mars 2005.
26. Témoignage de Hessine Triki (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°122, janvier 2006.
27. Témoignage de Mohamed Mzali (2) (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°121, janvier 2006
28. Témoignage de Hédi Turki (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°122, janvier 2006.
29. Témoignage d’Aboulkacem Kerrou (1 et 2) (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°122, pp 197-227, janvier 2006.
30. Témoignage de Omar Chachia (en français) in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°122, pp ,115-155, janvier 2006.
31. Témoignage du Dr. Tawhida Ben Chikh, in Actes du 17ème congrès du Forum de la pensée contemporaine sur : Rôle de la femme Maghrébine dans le mouvement de libération et de l’édification de l’état national, pp. 237-246, Novembre 2006
32. Témoignage de Madame Fathia Mzali sur le planning familial en Tunisie à ses débuts, in Actes du 17ème congrès du Forum de la pensée contemporaine sur : Rôle de la femme Maghrébine dans le mouvement de libération et de l’édification de l’état national, pp. 247-272, Novembre 2006.
33. Témoignage de Chadly Ayari et Mustapha Filali, Nous et les autres, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°124, pp, 199-220, juin 2006.
34. Le coût du non Maghreb (présenté par le Prof. Mustapha Filali) in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°121, pp. 131-158, mars 2006.
35. Témoignage du grand leader Hassine Triki (2), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°125, pp. 145-172, mars 2007.
36. Témoignage de l’ancien Gouverneur Maître Tahar Bousemma : Souvenirs d’un Gouverneur, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°125, pp. 173-188, mars 2007.
37. Témoignage de Mohamed Kraiem (2), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°126, pp. 151-172, mars 2007.
38. Témoignage sur le Grand Militant Syndicaliste Habib Achour, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°126, pp. 173-204, mars 2007.
39. Témoignage sur Le tournant syndical en Tunisie 1976-1986 et rôle des deux acteurs Salih Zghidi et Jounaidi Abdeljawed, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°126, pp. 205-222, mars 2007.
40. Mémoires du Cheikh Hassen Ayadi : Itinéraire d’un combattant, pp. 119-157 (en français) in Revue d’Histoire Maghrébine, n°126, février 2007.
41. Témoignage de M. Mahmoud Bessrour, ancien Ambassadeur en Indonésie, pp. 89-108 (en français) in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 126, février2007.
42. Témoignage de M. Salah Zghidi : Un itinéraire syndical : voyage de 20 ans à l’intérieur de l’UGTT, 1972-1993, pp. 109-118 (en français) in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 126, février2007.
43. Témoignage de M. Mustapha Zaanouni (1 et 2) in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°127, pp. 133-178, mars 2007.
44. Tribune de discussions sur : Les débuts du courant nationaliste arabe en Tunisie in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°127, pp. 179-204, mars 2007.
45. Séminaire de la mémoire nationale Maghrébine avec le Prof. Zerouali Ouariti Nejib, ambassadeur du Royaume du Maroc à Tunis sur : Réforme de l’Enseignement Supérieur au Maroc sur : l’Université : Outil de Développement in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°127, pp. 205-222, mars 2007.
46. Tribune de discussion animée par MM. Mohamed Belhadj Omar et Tahar Belkhodja sur : Les débuts de l’UGET (1952-1960), la coopérative (1962-1969) et le procès de MUP (1977) in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°127, pp. 223-233, mars 2007.
47. - Témoignage avec le Professeur Amor Chadli sur la création de la Faculté de Médecine de Tunis et ses douze premières années, pp 151-182, (en français) in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 128, juin 2007.
48. Moncef Ouannes , Les enjeux scientifiques en Tunisie l’exemple du CERES in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 129, mars 2008.
49. Témoignage (1) l’un sur : l’avenir des Sciences Humaines et Sociales au sein du CERES et le deuxième avec Hassan Annabi et Hichem Sekik, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°129, pp. 123-160, (en arabe), mars 2008.
50. Témoignage (2) l’un sur : l’avenir des Sciences Humaines et Sociales au sein du CERES et le deuxième avec Hassan Annabi et Hichem Sekik, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°129, pp. 161-188, (en arabe), mars 2008.
51. Tribune de discussions sur la Mémoire Nationale sur : Rôle de Bizerte dans le mouvement National avec Mohamed Salah Fliss, Mohamed Salah Nehdi, Rachid Terras, Ali Ben Salem,Faouzi Sedkaoui et Mohamed Ali Garci, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 15-52, (en arabe), mars 2008.
52. Tribune de discussions sur la mémoire nationale sur : Répercussions politiques, économiques et sociales de la guerre de Bizerte sur la société tunisienne Moyennant des témoignages et analyses de Bizertins et autres, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 52-82, (en arabe), mars 2008.
53. Séminaire de la mémoire nationale sur : Rôle de Sfax dans le mouvement national, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 83-104, (en arabe), mars 2008.
54. Séminaire de la mémoire nationale sur : Rôle de Kairouan dans le mouvement national avec la participation de MM. Omar Feddha, , Ahmed Ladjimi, fils du Caïd Ladjimi et bien d’autres, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 105-120, (en arabe), mars 2008.
55. Séminaire sur la Mémoire Nationale avec Si Mustapha Filali sur le dossier du désarmement des Fellaga, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 121-134, (en arabe), mars 2008.
56. Tribune de discussions (1) sur : Le Zaîm Saleh Ben Youssef avec Sadok Chaib, Habib Lamsi, Noureddine Ben Jemai, Youssef Chriki et Moncef Chabbi, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 135-146, (en arabe), mars 2008.
57. Tribune de discussions (2) sur : Le Zaîm Saleh Ben Youssef, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 147-160, (en arabe), mars 2008.
58. Le leader Hédi Chaker, sa fonction, son parcours de nationaliste, et les répercussions de son assassinat sur le mouvement national à Sfax et dans le pays avec les témoignages de MM. Mhamed Chaker, Mohamed Bakour, Abdelaziz Bouraoui, Hamed Zghal et autres, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 161-190, (en arabe), mars 2008.
59. Témoignage de M. Sadok Ben Jemaa in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 191-224, (en arabe), mars 2008.
60. Deux témoignage avec Néjib Bouziri, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 225-264, (en arabe), mars 2008.
61. Séminaire sur la Mémoire Nationale avec le syndicaliste Si Mohamed Ezzeddine, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 265-280, (en arabe), mars 2008.
62. Témoignage de M.. Taieb Triki Sur la décennie du feu Mahmoud Messaadi 1958-1968, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 281-312, (en arabe), mars 2008.
63. Séminaire de la mémoire nationale avec M. Mohamed Hédi Khelil, Ancien Ministre de l’Education Nationale sur : Approches personnelles sur les questions d’Education avec les Ministres et les décideurs du Ministère, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 313-331, (en arabe), mars 2008.
64. Amel Ben Aba.- Perspectives miennes, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 15-26, (en français) mars 2008.
65. Séminaire de la Mémoire Nationale sur : La Création et le développement de la Faculté des Sciences de Tunis avec le Prof honoraire Mohamed Larbi Bouguerra, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 27-36, (en français) mars 2008.
66. Néjib Bouziri.- Réplique à M. Béji Caïd Essebsi, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 37-46, (en français) mars 2008.
67. Rachid Terras.- La guerre de Bizerte, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 47-50, (en français) mars 2008.
68. Séminaire International avec M. l’Ambassadeur de Chine en Tunisie Son Excellence Liu Yuhe sur : Ouverture et développement de la Chine Quelles opportunités pour le monde arabe et l’Afrique ?, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 53-80, (en français) mars 2008.
69. Séminaire avec le Prof. Nejib Zerouali Ouariti Ambassadeur du Royaume du Maroc à Tunis sur : Le dialogue des cultures et civilisations, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 81-104, (en français) mars 2008.
70. Séminaire international sur Le rôle des Pays-Bas dans la coopération au développement avec Mme l’Ambassadeur Dr. Rita Dulci Rahmen, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 105-117, (en français) mars 2008.
71. Séminaire sur la Mémoire Nationale avec Si Tahar Kacem, in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 55-70, juillet 2008.
72. Séminaires Séminaire sur la Mémoire Nationale avec l’ancien ambassadeur M.Habib Nouira , in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 71-102, juillet 2008.
73. 6 dialogues sur le feuilleton diffusé par le Canal Al-Arabia sur : « Zaman Bourguiba », in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 105-168, juillet 2008.
74. Témoignages de Salah El Mahdi, in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 169-224, juillet 2008.
75. Si Habib Boughrara sur : L’Historique du début de la chanson tunisienne (1904-1955), in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 225-252, juillet 2008.
76. Séminaire de la mémoire nationale avec : Ali Chalfouh, Belgacem Chabbi et Abderrazak Kilani sur : Le mouvement national en Tunisie : Les Baâthistes tunisiens dans l’évolution du mouvement national (1961-1968), ), in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 253-282, juillet 2008.
77. Séminaire sur la Mémoire Nationale sur : Les activités politiques des Tunisiens à Paris (1973-1987) avec Maître Massoud Chabbi, in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 283-306, juillet 2008.
78. Séminaire de la Mémoire Nationale avec l’un des principaux chefs Baâthistes le Dr. Mohamed Salah Harmassi, in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 307-334, juillet 2008.
79. Séminaire sur la Mémoire Nationale sur : Les Baathistes en Tunisie (1968 à 1989) avec Dr. Afif Bouni et Khayreddine Souabni in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 335-377, juillet 2008.
80. Séminaire de la mémoire nationale sur : la participation de Bizerte au mouvement de la libération nationale, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 132, pp 101-122 (en français) Tunis 2008
81. Séminaire avec l’ambassadeur américain, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 132, pp 123-148 (en français) Tunis 2008
82. Séminaire de la Mémoire Nationale (1er session) sur : Rôle du Sud Tunisien dans la résistance armée et le mouvement national entre reconnaissance et ignorance, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 134, pp 181-204 (en arabe) Tunis 2009
83. Le 22 Mars 1968 : date inoubliable pour un perspectiviste : Témoignage personnel d’Ahmed Smaoui, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 134, pp 133-148 (en français), mars Tunis 2009
84. Débat scientifique sur l’ouvrage du Prof Sadok Belaïd (Ancien Doyen de la Faculté de Droit) : "Le coran et le droit : Une nouvelle lecture des versets prescriptifs du coran’, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 134, pp 219-246 (en arabe), mars Tunis 2009
85. Séminaire sur le militant Ibrahim Toubal, avec Habib Lamsi et Moncef Chebbi, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 135, pp 185-226 (en arabe)Tunis 2009
86. Séminaire avec le Professeur Saadeddine Zmerli, ancien ministre de la Santé, un des fondateurs de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 135, pp 153-188 (en français)Tunis 2009
87. - Séminaire sur : La Zitouna comme institution éducative avant et après l’indépendance : les mécanismes et le devenir, avec le témoignage du professeur Mohamed Habib al-Hila, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 136, pp 69-116 (en arabe)Tunis 2009
88. Séminaire sur : Les débuts de l’Ecole Coloniale d’Agriculture et la création de l’Institut National d’Agriculture en 1971 avec Si Mustapha Filali et Mohamed Belhadj Amor, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 136, pp 117-138 (en arabe)Tunis 2009
89. Tribune de discussions sur: La méthodologie de l’écriture du Mouvement National, avec Mohamed Sayah, Moncef Chebbi, Ali Mahjoubi, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 136, pp 14-182 (en arabe)Tunis 2009
90. Séminaire avec Taoufik Bachrouch sur son parcours universitaire et Doyen de la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, , in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 136, pp 191-230 (en arabe)Tunis 2009
91. – Séminaire avec Si Tijani Ketari sur : Les conditions de la création de la Garde Nationale, les orientations et les réalisations au début de l’indépendance, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 137, pp 215-236 (en arabe)Tunis 2010
92. - Séminaire avec Si Ameur Kriaa et Salem Sabbagh sur : Les débuts de création et formation de la Garde Nationale 1955-1970, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 138, pp 53-86 (en arabe), Tunis 2010
93. Séminaire sur Tunisification et développement de la douane tunisienne avec M. Hassan Babbou, Hamadi Skhiri et Abdelnour Jaabillah, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 138, pp 87-114 (en arabe), Tunis 2010
94. Séminaire (2ème rencontre) sur : Le rôle de la douane dans l’économie rationale, Réalisations et échecs, avec MM. Mustapha Badreddine, Hamadi Skhiri, Nabil Sboui et Khaled Boushnak, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 138, pp 115-142 (en arabe), Tunis 2010
95. Séminaire sur : La situation dans le Royaume de Tunis après le départ de Tunis des armées (1944-1955) , in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 138, pp 143-182 (en arabe), Tunis 2010
96. Séminaire sur : Les événements de Wardanin, fin Janvier 1969 et ses répercussions sur le processus des coopératives, avec Si Hassen Babou, Directeur de la Sûreté Nationale, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 138, pp 183-212 (en arabe), Tunis 2010
97. Séminaire avec M. Mohamed al-Issawi al-Chetoui Ministre de l’Education et de l’Information nationale dans le premier gouvernement de Kadhafi, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 139, pp 193-222 (en arabe), Tunis 2010
98. Séminaire de la Mémoire nationale et l’histoire du temps présent sur : Le rôle du Dr. Ali El-Okbi dans la construction de l’Unité de santé maghrébine avec Prof. Saadeddine Zmerli, , in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 140, pp 135-154 (en français), Tunis 2010

III- En préparation :
99. Témoignage sur Dr. Slimen Ben Slimen
100. Deux témoignages avec Si Mohamed Sayeh
101. Témoignage de M. Mustapha Masmoudi sur : La Tunisie indépendante face à la révolution informatique et l’avenir du processus du savoir à l’échelle mondiale
102. Tribune de discussions sur : Le courant unioniste arabe en Tunisie (1962-1970) avec : Sadok Abidi, Masud Chabbi, Bousiri Akrami et Moncef Chabbi
103. Séminaire de la Mémoire Nationale, avec l’ancien Ambassadeur Si Mahmoud Maamouri
104. Séminaire avec L’ancien Bâtonnier Maître Lazhar El-Karoui Chebbi sur l’Historique de la Profession d’Avocat avant et après l’indépendance
105. Séminaire sur un sujet de politique internationale avec son Excellence Abdelwaheb El-Sawoui Khalfallah, Ambassadeur du Soudan en Tunisie sur : Darfour : Luttes intérieures et extérieures croisées et enjeux d’avenir
106. Dialogue avec Ahmed Ben Salah, ancien Ministre
107. Séminaire sur : Les mutations du mouvement communiste au Mashrik avec Dr. Abdallah Turkmani
108. Séminaire (1) avec : .Maître Béchir Khantouche sur : le métier d’avocat durant la période bourguibienne
109. Séminaire (2) avec : .Maître Béchir Khantouche sur ses plaidoiries suivantes : Affaires politiques, syndicales, mouvement islamique d’El Nahdha, les hommes de gauche, l’affaire des juges, le combat contre la corruption, la mauvaise gouvernance et le divorce de Habib Bourguiba de Wassila Ben Ammar
110. Séminaire sur Bahi Ladgham à l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition avec une présentation de l’historien Hassine Raouf Hamza
111. - Séminaire sur : Taïeb Mhiri avec Sadok Jomâa, Mohamed Ghrab, Néjib Bouziri, Moncef Chebbi.
112. 2ème Séminaire sur : Feu Taieb Mhiri avec MM. Mohamed Habib Ghrab et Mme Aicha Mhiri
113. Séminaire sur : Ali Zlitni, une grande figure du nationalisme avec MM. : Habib Lamsi, Mohamed Salah Bratli , Hamadi Ghars et Adel Mchirgui
114. – Séminaire sur : Monji Slim (première séance) avec messieurs Ahmed Chturu, Najib Bouziri et Habib Guerfal
115. - Séminaire sur : Monji Slim (deuxième séance) avec MM. Ahmed Chtourou, Abd al-Hay Chouikha et Habib Guerfal
116. Séminaire sur Lamin Chabbi, deuxième ministre de l’Education nationale, après l’indépendance, avec le témoignage de son directeur de Cabinet, feu Mohamed Mzali, ancien Premier ministre et de son fils, Mourchid Chabbi
117. Séminaire sur Le dossier du plateau continental avec M. Sadok Belaid
118. Séminaire avec Monsieur Habib Guerfal Autour de son rôle dans la construction de l’Etat national tunisien
119. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec L’expert international, M. Ahmed Smaoui autour du tourisme, de l’économie et du rôle du transport aérien
120. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec Monsieur Boubaker Aziz sur son parcours nationaliste
121. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec Monsieur Mohamed Bel Hadj Amor sur son parcours nationaliste et son rôle dans la création du Parti de l’Unité Populaire (P.U.P.) ainsi que des mécanismes de son fonctionnement (1984-1999)
122. Séminaire de la mémoire nationale et du temps présent avec M. Mohamed Abdelkafi, l’une des figures politiques et intellectuelles de Tunisie
123. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec Monsieur Ahmed Ibn Mohamed Ibn Mbarik Ibn Nasir (plus connu sous le nom de Ahmed Tlisi )(1ère partie) autour de la résistance armée et de l’ambiance politique en Tunisie au début de l’indépendance) ; (2ème partie) autour de : - l’assassinat de Mokhtar Atiyya ; le rôle du bureau politique du Destour dans la résistance ; le rôle de Hassan Ayyadi dans les assassinats ; le rôle des avocats dans la bataille de libération en Tunisie et en Algérie
124. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec MM. Abdessattar El-Hani et Mokhtar Ben Saad El Hammi et leur rôle dans la lutte nationale (1ère séance)
125. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec le Professeur Seddik Jeddi sur : Les mécanismes de la construction des bateaux aux îles de Kerkennah et la gestion de l’hôpital El Razzi (1977-1992)
126. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec le Professeur Seddik Jeddi sur : "Son parcours à l'hôpital Razi et les enjeux"
127. Séminaire sur la Mémoire Nationale avec M. Mustapha Zaanouni sur : Le Mouvement des Démocrates Socialistes en Tunisie
128. Séminaire avec Prof. Suraiya Faroqhi sur : "Marchands tunisiens à Istanbul au 18e siècle"
129. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec MM. Samir Innabi et Chadhli Ben Younès autour de : La profession d’avocat à l’époque du président Bourguiba
130. Tribune de discussion arabo-arabe avec Son Excellence le Dr. Farid Abboud, ambassadeur du Liban à Tunis autour de : Le nouveau climat politique libanais et les défis de l’avenir et l’importance des archives américaines pour l’histoire de la région arabe
131. Séminaire de la mémoire nationale sur L’histoire de la profession d’avocat à l’époque du président Bourguiba : nouveaux éclairages avec MM. Lazhar al-Karoui al-Chabbi, Chadhli Ben Younes et d’autres
132. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec MM. Ameur Horchani et Ameur Kria sur : Les défis de la gestion de l’eau
133. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec M. Ameur Horchani et Ameur Kriaâ (2ème partie) sur : Les réserves hydriques de la Tunisie durant les trente prochaines années ; -La place du désert et son rôle économique et social d’aujourd’hui
134. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec Prof. Ali Hili sur Les organisations non-gouvernementales et de l’environnement : état et perspectives
135. Séminaire sur les réalisations en matière de documentation, d’information et de communication au sein de l’ALECSO : Etat des lieux et perspectives d’avenir avec le Dr. Ahmed al-Cheikh al-Amîn, expert au sein de l’organisation
136. Séminaire International avec son Excellence Stephen Day, ancien Ambassadeur du Royaume Uni sur : Ma Mission de diplomate dans les pays arabes et ailleurs
137. Séminaire de la mémoire nationale et l’histoire du Temps Présent avec M. Ameur Kriâa sur : Le développement du Gouvernorat de Seliana
138. Séminaire de la Mémoire national et l’histoire du temps présent avec M. Ahmed Kahlaoui sur : le rôle du Syndicat de l’enseignement secondaire
139. Séminaire de la Mémoire nationale et l’histoire du temps présent avec M. Ahmed Kahlaoui sur : le rôle du Syndicat de l’enseignement secondaire
140. Séminaire de la Mémoire Nationale et l’Histoire du Temps Présent avec M. Mustafa Zaânouni sur : Le développement National à la lumière des projets adoptés
141. Séminaire de la Mémoire Nationale et l’Histoire du Temps Présent avec M. Ferid Memmich sur : Souvenirs des années 1960 : témoignages d’un militant étudiant à Paris
142. Séminaire sur : Bilan et perspectives du Centre d’Etudes Maghrébines à Tunis (CEMAT) avec son Directeur Dr. Laurence O. Michalak
143. Séminaire de la mémoire culturelle en Tunisie indépendante sur : l’Union des Ecrivains Tunisiens (UET) avec MM. Radhouane El-Kouni et Souf Abid
144. Deux séminaires de la mémoire nationale avec M. Hachemi Kooli sur Histoire du textile dans la contribution de l’Etat National
145. Séminaire Culture Etat et Société Série des témoignages pour la mémoire culturelle (Deuxième épisode) Invité : Jalloul Azzouna autour de l’histoire de l’Union des Ecrivains Tunisiens
146. Séminaire de la mémoire universitaire et de l’histoire du temps présent sur : Le dossier de l’arabisation des sciences tant au niveau de l’enseignement que de la recherche avec les Prof. Ahmed Dhiyab et Abdelatif Abid
147. Séminaire sur la mémoire universitaire et l’histoire du Temps présent sur le parcours universitaires et syndical du Prof. Jalloul Azzouna
148. Séminaire de la Mémoire culturelle et de l’Histoire du Temps présent avec le professeur Moncef Charfeddine sur : Les débuts du théâtre à la veille de l’Indépendance et après en Tunisie
149. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec M. Abdallah Bchir sur : Le rôle de Monastir dans le mouvement national jusqu’à l’indépendance
150. Séminaire de la mémoire nationale et Histoire du Temps présent : avec M. Mohamed Kilani sur Le rôle de la gauche tunisienne depuis les années 70 jusqu’à nos jours
151. Séminaire de la mémoire nationale et Histoire du Temps présent : avec M. Mohamed Kilani sur L’expérience du Parti communiste ouvrier (PCOT) de Tunisie et du Parti socialiste de gauche (PSG) (2ème et 3ème rencontres)

 
A PROPOS DE LA RECLAMATION D’EXCUSES ET DE REPARATIONS
 


Prof. Abdeljelil Temimi

Des appels de sphères politiques, partisanes et culturelles se sont multipliés dernièrement dans l’espace maghrébin, et plus généralement arabe, pour revendiquer le droit des peuples qui étaient soumis à la colonisation française, britannique, espagnole et italienne à réclamer des excuses pour les dommages subis ainsi que des réparations. Lors de la réunion des partis politiques arabes à Damas il y a deux mois, le principe de la demande collective d’excuses et de réparations a été adopté, venant ainsi confirmer la tendance.
Cette tendance générale fut adoptée par certaines personnalités tunisiennes appartenant à des partis politiques partisanes et qui se sont mises à réclamer des excuses de la part de la France et des réparations pour les dommages causés aux peuples tunisien, algérien et marocain.
Sans vouloir dresser une liste des nations qui ont présenté des excuses, nous pouvons affirmer que ce nouveau phénomène mondial a commencé à être appliqué par certains pays dont les régimes politiques ont commis des erreurs envers certains peuples. L’Allemagne a présenté des excuses aux Juifs pour ce qui leur est arrivé pendant la Seconde Guerre mondiale et continue jusqu’à aujourd’hui à payer de fortes réparations. La France, sous le règne de Jacques Chirac, en a fait de même pour avoir envoyé des Juifs à l’holocauste. Le Japon a présenté des excuses à la Chine pour ce que son armée a fait subir aux citoyens chinois pendant la Seconde Guerre mondiale. Le président de la république portugaise en a fait de même auprès du monde arabo-musulman à cause de ce qui est arrivé aux Morisques Andalous dans son pays, lors d’une cérémonie officielle à Lisbonne, en présence de certains ministres arabes. Le Vatican a présenté, également, ses excuses pour les drames dues aux croisades. Il en va de même pour l’Autriche-Hongrie vis-à-vis des pays des Balkans à qui elles ont rendu leurs archives nationales. L’Italie a présenté des excuses officielles à la Libye. Le Premier ministre italien s’est rendu en personne en Libye et a annoncé les excuses officielles de son pays pour ce qu’a commis l’armée italienne lors de l’occupation en consacrant la somme de 5 milliards d’euros aux réparations. Le Premier ministre australien Kevin Rudd a présenté des excuses solennelles au demi-million d’« Australiens oubliés », victimes pendant des décennies de maltraitance dans des institutions publiques du pays. Environ 7000 d’entre eux étaient des Britanniques déplacés en Australie dans le cadre d’un programme mis en place entre 1920 et 1970 par les autorités de Londres pour préserver la présence de la race blanche britannique. Le Premier ministre australien a qualifié ces faits de « motifs de honte » et a exprimé les regrets de l’Australie pour ce drame marqué dans son histoire. Le Premier ministre britannique a annoncé qu’il présenterait des excuses officielles lors du prochain discours de la Couronne. Le 29 novembre dernier, le Pérou a présenté des excuses à son peuple qui a été exposé aux injustices pendant la période coloniale, excuses publiées dans le journal officiel de l’Etat du Pérou.
Après ce bref préambule, j’aimerais faire quelques :
Premièrement : alors que certains demandent des excuses et des réparations, ces partis politiques, ces organisations et ces Etats arabes dont les peuples ont été colonisés se sont-ils demandés le pourquoi du manque d’intérêt pour ce dossier depuis plus de cinquante ans, c'est-à-dire depuis les indépendances de nos pays, dossier qui n’a pas été préparé selon les normes suivies lors de telles demandes ? Dans ce domaine, nous ne notons que la démarche du colonel Kadhafi qui a réussi à obtenir les excuses officielles et publiques de l’Italie et son acceptation du principe des réparations, événement relayé par les médias.
Il aurait été plus opportun pour les institutions de recherche arabes et les différentes autres organisations de s’intéresser à cette question en préparant des études appuyées par des statistiques précises, tirées des archives locales, françaises, britanniques, italiennes et espagnoles qui montrent, documents, cartes et statistiques officielles à l’appui et basées sur les préjudices subis dans de nombreux domaines, agricole, économique, commercial et surtout éducatif, afin que nos demandent acquièrent la légitimité nécessaire auprès des organisations juridiques internationales. A ma connaissance, nos demandes sont restées confinées à certaines déclarations de presse incendiaires et circonstancielles puisqu’aucun pays arabe n’a entrepris de préparer un projet étudié, supervisé par des comités d’experts de ces questions et conscients de toutes ses dimensions juridiques.
Deuxièmement : les historiens et chercheurs indépendants refusent que la conjoncture actuelle de tension entre la France et les pays du Maghreb soit utilisée par certains politiciens pour demander instamment des excuses et réparations. Nous devons tous distinguer entre deux France : la première est la France coloniale dont les peuples maghrébins ont largement souffert, France à laquelle nous devons demander de présenter des excuses. Dans ce cadre, nous considérons que la décision des parlementaires français, adoptée en février 2005, de blanchir la présence coloniale française dans ses anciennes colonies a véritablement nui aux valeurs françaises qui défendent les droits de l’homme sans distinction pour cause de religion, de couleur, d’opinions ou de principes moraux. Les historiens français intègres se sont élevés contre cette décision et ont mené une large campagne, soutenue au niveau international, notamment par les historiens maghrébins. Ceci a provoqué une telle opposition que le Président Chirac a été dans l’obligation de supprimer la loi. La deuxième France est celle dont nous estimons la force et le rayonnement intellectuel des Lumières, qui a fourni des génies de la pensée humaine dont la France, et plus généralement tous les intellectuels, peuvent être fiers. La civilisation française ‘a-t-elle pas été un des piliers de la civilisation rationnelle active à l’époque de la Renaissance européenne ? Est-il convenable qu’en tant qu’intellectuels, nous feignons d’oublier et d’ignorer de tels acquis ?
Troisièmement : nous faisons la distinction entre la demande d’excuses, qui est un élément de civilisation complètement absent et la demande de réparations qui doit s’appuyer sur des données chiffrées précises et documentées des conséquences dramatiques de la colonisation française de l’espace maghrébin, notamment l’Algérie. Il est impossible à tout historien, quelques soient ses convictions, d’ignorer les drames vécus par le peuple algérien tout au long de l’occupation française de 132 ans. Blanchir ce passé et le qualifier d’acte de civilisation serait un revers important de toutes les valeurs humanistes. Nous pensons que le fait que le président Chirac a annulé le projet de loi a tranquillisé les intellectuels qui ont compris que la France n’irait pas jusqu’à permettre une telle transgression de ses valeurs et principes. Le fait que les peuples colonisés demandent aujourd’hui des excuses est une donnée imposée par les changements d’aujourd’hui, préconisant l’approfondissement du dialogue des cultures et des civilisations… Il est inacceptable aujourd’hui, quelques soient les causes, que la France ne présente pas d’excuses.

 
 

 
POURQOUI LE TRANSFERT DE NOTRE FONDATION A TUNIS ?
 

Dix-huit années se sont écoulées depuis la création de notre Fondation dans la ville andalouse de Zaghouan ; durant cette période nous avons conçu et adopté une stratégie de recherche, très élargie, influente et dynamique qui couvre neuf spécialités en sciences humaines et sociales : études morisco-andalouses, histoire des provinces arabes à l’époque ottomane, recherche scientifique, corpus d’archéologie ottomane dans le monde, les problématiques de l’édification de l’Etat national et maghrébin, démocratie et liberté d’expression scientifique, archives et sciences de l’information ; de même nous nous sommes engagés depuis plus de deux décades à promouvoir le dialogue scientifique turco-arabe, anglo-maghrébin, hispano-maghrébin, golfe-maghreb et islamo-chrétien ; depuis peu.

Notre bibliothèque, constituée d’un fonds personnel du Prof. Abdeljelil Temimi évalué à vingt mille titres, outre les périodiques, a aidé beaucoup à ce beau résultat ; d’ailleurs ce succès nous le devons à la confiance de tous les chercheurs. Eu égard à ce succès enregistré à Zaghouan, beaucoup nous ont demandé de transférer le local de la Fondation à Tunis, afin que les chercheurs puissent tirer profit de la bibliothèque et de la dynamique stratégie d’action de recherche déjà réalisée ; cette idée nous a été suggérée dès le début par M. Hédi Baccouche, ancien Premier Ministre et par d’autres chercheurs et historiens. Après réflexion, nous nous sommes engagés depuis plus de quatre ans, à la réalisation de ce projet, en commençant par l’acquisition, après maintes difficultés financières, d’un espace dans un immeuble au Centre Urbain Nord de Tunis, cela nous a permis de nous procurer une salle de lecture et une salle de conférences.
Nous aurons à cœur de poursuivre nos activités de recherche scientifique en sciences humaines et sociales, à dimension interarabe et internationale et de faire la preuve, si besoin est, qu’une Fondation scientifique privée est appelée à contribuer à valoriser la recherche et à couper court aux médiocres rendements des institutions et centres de recherches étatiques arabes, qui ont bénéficié et bénéficient encore, de budgets lesquels peuvent atteindre, dans les pays pétroliers, des millions de dollars.
La foi qui nous anime pour notre projet est notre unique capital auquel nous sommes profondément attaché et que nous considérons au-dessus de tout bavardage ou chantage inutile, car notre projet de recherche est une réalisation liée à notre parcours personnel d’universitaire depuis trente-cinq ans, ce qui a donné à notre Fondation scientifique, une réputation interarabe et internationale, avec la publication de 151 ouvrages en langues : française, arabe, anglaise et espagnole, ainsi que la publication de trois périodiques académiques et l’organisation de 114 congrès interarabes et internationaux.


* * *

Nous avons annonçé donc le transfert définitif de la Fondation à partir du 15 Novembre 2004 à son nouveau local sis à :
Immeuble Al-Imtiaz – Centre Urbain Nord- (Face à l’INSAT) – 1003 Tunis
Tél : 00216 71 23 14 44 ou 00216 71 75 11 64
Fax : 00216 71 23 66 77

 
Lettres de sympatisants
 

A la suite du lancement de notre nouveau site web, des chercheurs, toutes nationalités confondues nous ont adressé des messages de félicitations ; voici quelques-uns :

1- Maria T. Narváez
Prof. à l'Université de Puerto Rico
vendredi 15 juillet 2005 02:04

"Dearest Abdeljelil:
It was wonderful to see you again at Tunis last May. I have just received your new Website address and I have already seen it. Congratulations! I am very happy you can use the ultimate technology to
communicate to the world your great effort in maintaining a scientific and scholarly foundation where we can all give information on our research and be able to know about others researches. I admire your
unfailing enthusiasm and your generosity giving also young students and researchers the opportunity to meet and change ideas with other scholars from around the world. The scientific community has a huge
debt with you for all your efforts in accomplishing your goals so successfully.
I was very happy to see that you included me in the photos. You know about my loyalty and love for your work and human qualities. Receive my deepest love.
María Teresa "

2- Mhammad Benaboud
Prof. à l'Université de Tétouan
dimanche 17 juillet 2005 22:43


"Cher professeur Temimi

Je vous félicite a l occasion de l inauguration du nouveau siège de votre Fondation a Tunis. Je vous souhaite tout le succès du monde et serais près a collaborer avec vous dans le cadre de mes possibilités.
Il y une idée que je dois en toute sincérité vous communiquer. Votre projet a connu un succès extraordinaire et admirable. Votre Fondation a atteint le sommet de son évolution. Cependant, je constate que le pilier de ce projet c est le professeur Temimi. Cependant, vous devez peut être penser
maintenant à une formule pour assurer sa continuité, non seulement pour les
Tunisiens, mais pour le monde arabe.
Dans l’analyse final, ce projet est votre création. Sa continuité, je parle à longue terme, pourra assurer la continuité de votre nom, Il sera triste de voir sa disparition, dans dix ans, dans vingt ans ou dans cinquante ans. L’idée de sa continuité est donc fondamentale. Je connais de grands savants à Tétouan, qui ont laissé de magnifiques bibliothèques dont les livres sont terminés dans les marchés d’antiques.
Bonnes vacances"

Prof. M'hammad Benaboud

3- Dr. Nedim Yalansiz
Dokuz Eylul University-Vice President – Turkey
15/07/2005


"Your new web site is quote explanatory. I am very happy for our cooperation… We would like to make much more cooperation in all feeds : conferences, symposiums researches and academic exchange. Thank you very much indeed. Sincerely ,"

4- Mr. Houissa Hamdi (Tunis)
15 /07/2005

"Ca fait vraiment plaisir de voir un projet témoignant une maturité culturelle et scientifique, j’espère que ce projet régénère d’autres. Merci "

5- Mr. Taoufik Monastiri (Tunis)
19/07/2005
"Votre nouveau site est très beau et bien pratique ; hélas il lui manque un moteur de recherche ; il aurait être aisé d’indexer par hypertexte au moins les noms d’auteurs, puisque les index notamment de la RHM, existe en imprimé."

6- Dr. Mohamed Lamine Belghith
Université d’Alger
20/07/2005
"Bravo cher Dr. Temimi le progrès c’est toujours d’être le meilleur. Merci."

7- FMSoft
23/07/2005
"Salut, Nous vous félicitons de votre nouveau site web, et vous invitons à l'insérer gratuitement dans l'annuaire de sites web de notre portail www.MyPortail.com bénéficiant ainsi de la notoriété de notre annuaire et notre classement 1ére page GOOGLE.
Salutations
FMSoft Service portail "

8- Belkacem Boutayeb

Tunis le 22 Juin 2007

َA mon maître Abdeljelil Temimi

Le 22ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine sur l’autocensure m’aura permis d’approfondir les sentiments d’affection et d’amitié qui sont mis spontanément lors de notre première rencontre à Oujda, au Maroc, pour la personne du Professeur Emérite Si Abdeljelil Temimi dans le cadre du colloque international sur l’intégration maghrébine, organisé par l’Union des Jeunes Euro Maghrébins.
Victor Hugo ne pensait pas si bien dire : "La volonté trouve, la liberté choisit, trouver et choisir, c’est penser !
La volonté farouche de mon désormais grand ami Si Abdeljelil, son courage intellectuel et son amour de la liberté, le conditionnent de manière structurelle dans le mérite "de l’exemplémentarité suicidaire" qui ne cherche ni à plaire ni à se complaire !
Ne dit-on pas qu’un homme peut affirmer avoir réussi sa vie, s’il a rempli 3 conditions :
Faire un enfant
Ecrire un livre
Planter un arbre
Et André Malraux déclare qu’il faut 60 ans pour faire un homme !
Quel bonheur de constater combien Si Abdeljelil a réussi sa vie et ses vies, et qu’à la veille de la célébration de ses 70 ans, l’homme s’affirme avec bonheur vers l’exception d’engagement et de volonté pour la science et le progrès !

Que Dieu et ses anges veillent sur vous et sur la Fondation Temimi !

Belkacem Boutayeb
Institut Marocain des Relations Inernationales
Casablanca – Maroc

 
 
 
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