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Documentation -  Bulletins De LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE EN SCIENCES HUMAINES

N° 64 avril 2013

Préambule n° 1 :

Lettre ouverte à Monsieur Abdelaziz Bouteflika,
Président de la République Algérienne


Mr le Président,
Je ne comptais pas vous écrire cette lettre mais les événements précipités que vit la Tunisie aujourd’hui m’ont poussé à le faire, espérant que malgré vos nombreuses occupations, vous trouverez le temps de la lire.
La Tunisie, qui croit en sa complémentarité avec l’Algérie dans la lutte contre l’occupant, a accueilli plus de 35 mille soldats (résistants algériens) lors de la bataille de libératuion de l’Algérie et représentait sa base arrière. De nombreux militants tunisiens ont contribué aux batailles de libération et des hautes personnalités politiques tels Ibrahim Toubal et Ahmed Tlili ont veillé à ce dossier ; une première conséquence fut le bombardement de Saqiat Sidi Youssef par les Français.
Des armes en provenance d’Egypte ont traversé le territoire tunisien pour parvenir en Algérie, comme en témoignent les historiens surtout algériens. Le peuple tunisien a éprouvé de la sympathie pour la guerre de libération algérienne. Pour rappel, l’administration de la mosquée Zitouna a créé deux succursales à Constantine afin de participer à la formation des étudiants algériens qui s’y étaient inscrits par centaines et instruits par des cheikhs tunisiens qui se rendaient annuellement à Constantine afin d’assurer les examens. De nombreux militants et leaders algériens ont reconnu l’importance du rôle éducatif joué par la Zitouna dans leur formation. Ceci reflète la complémentarité entre les deux peuples. Malgré les divergences politiques qui ont opposé les tenants du pouvoir dans les deux pays, les deux peuples sont restés unis et continuent de croire que ce qui les unit est plus important que ce qui les sépare. Le fait que la Tunisie ait abandonné la borne du désert numéro 233 est significatif et traduit la foi inébranlable en l’unité de l’espace géographique tuniso-algérien pour la future construction maghrébine.
Je suis, en tant que chercheur, préoccupé par l’avenir de l’espace maghrébin. Il est vrai que depuis quelques temps la Tunisie traverse une période très critique économiquement, alors que l’Algérie ou la Libye ont des réserves pétrolières conséquentes et ont une rente de plusieurs milliards de dollars annuellement. L’Algérie a répondu favorablement au prêt demandé par la Banque Mondiale grâce à ses réserves monétaires importantes. Il aurait été souhaitable de soutenir la Tunisie sous quelque forme que ce soit. En tant que chercheur qui œuvre pour la construction du Maghreb et qui croit en la complémentarité entre nos pays, je suis peiné de constater cette nonchalance à laquelle je ne trouve pas d’explication logique. Je pense qu’il serait possible de soutenir la Tunisie à travers un simple dépôt à la Banque Centrale Tunisienne.
Soyez assuré, Monsieur le Président, que cette position est celle d’un chercheur indépendant politiquement. Je l’ai exposée à mon ami, monsieur Abdelkader Hajjar, ambassadeur algérien en Tunisie, que j’ai connu il y a plus de 42 ans à l’occasion des rencontres de la pensée musulmane organisées par notre ami, feu Mouloud Kacem.
Je me souviens que ma première visite en Algérie remonte à 1966. J’ai décidé par la suite de préparer mon doctorat d’Etat à l’Université d’Aix-en Provence, contrairement aux historiens tunisiens plutôt spécialistes de la Tunisie. Je suis tombé amoureux de votre pays et j’ai découvert à ce moment-là Hajj Ahmed, le dernier Bey de Constantine, et j’ai décidé de me consacrer à son étude.
Pour les besoins de mon travail, j’ai appris la langue turque. J’ai été le premier chercheur maghrébin et arabe à étudier les archives ottomanes sur l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Je suis par la suite partie en Grande Bretagne et j’ai découvert des centaines de documents sur l’histoire de l’Algérie. Tout ceci a contribué à enrichir ma thèse universitaire sur cette personnalité algérienne exceptionnelle. Pour rappel, Hajj Ahmed a envoyé la plus longue pétition, signée par des centaines de Constantinois au Parlement Britannique pour demander du soutien à leur lutte contre la France.
J’ai passé dix années à préparer ma thèse. J’ai effectué des dizaines de séjours dans les archives turques, britanniques, françaises et italiennes. Je n’ai absolument rien demandé à l’Algérie pour cela, car c’est la Tunisie qui a, en partie, soutenu ce travail. Ce travail, dont je suis si fier, a été publié il y a 35 ans et reste une référence en la matière.
J’ai, par la suite, créé la Revue d’Histoire Maghrébine, qui fêtera bientôt ses 40 années d’existence. Plus de 2000 études y ont été publiées dont 450 sur l’histoire moderne et contemporaine de l’Algérie, écrites par les jeunes historiens algériens qui nous ont fait confiance. Le numéro 150 de la revue comprend une partie importante sur l’histoire de l’Algérie avec 10 différentes études.
J’ai également organisé plus de 150 congrès maghrébin, arabe et international auxquels ont été invités des dizaines de chercheurs algériens dont les frais de transport et de séjour ont été assumés. Des liens scientifiques ont ainsi pu être établis. Notre bibliothèque leur a également été ouverte. 212 titres ont été publiés par la Fondation, avec 3 revues académiques régulières.
La Fondation a également ouvré à « maghrébiniser » le savoir et la recherche scientifique et 4 congrès ont eu lieu sur « le coût du non-Maghreb », dont trois à la Fondation et le 4ème à Tanger. Je pense que nous avons prouvé notre sérieux à vouloir contribuer à la construction du Maghreb malgré les nombreux obstacles.
Mon ami, monsieur Abdelkader Hajjar, était présent lors du dernier congrès organisé en septembre 2012 et a prononcé un discours d’ouverture. Je resterai fidèle à mes convictions maghrébines et à lutter pour la réalisation de ce projet de construction commune.
J’ai espoir que vous prendrez ma proposition en considération.
C’étaient là quelques-unes des idées que je voulais vous faire parvenir, Monsieur le Président.

Respectueuses salutations

Tunis le 21/3/2013 Prof. Abdeljelil Temimi

***

Préambule n° 2 :

Absence de festivité lors de la fête de l’indépendance de la Tunisie, le 20 mars 2013 :

J’ai dit et répété lors d’interviews à la radio et à la télévision nationales tunisiennes que l’absence de festivité cette année lors de la fête de l’indépendance de la Tunisie est une trahison des martyrs et des militants qui ont lutté pour l’obtention de cette indépendance, symbole dans notre mémoire nationale. Des centaines de personnes ont été exécutées et des milliers emprisonnées. Une partie importante de notre peuple a été marginalisée. Nous avons enregistré le témoignage de nombreux militants à la Fondation. L’assistance a quelquefois eu les larmes aux yeux en entendant les récits de ces militants qui ont tout sacrifié pour cette indépendance. Certains des condamnés ont laissé une dernière volonté aux générations à venir : « nous avons sacrifié nos vies pour cette indépendance. N’oubliez pas qu’elle nous a coûté nos vies » !
Nous avons précédemment écrit que cette indépendance était le fruit de la lutte de tous les Tunisiens et Tunisiennes, des différentes écoles de pensée et non le résultat du parcours militant d’un seul homme. L’honnêteté nous impose de reconnaitre le rôle avant-gardiste du leader Habib Bourguiba et l’ampleur de sa lutte, mais cela ne doit pas nous faire oublier le rôle joué par de nombreux autres leaders de toute la Tunisie, zeitouniens, youssefistes et hommes de gauche qui ont fait tant de sacrifices. C’est une question historique et personne, quelque soit sa position au sein du pouvoir, ne doit nous imposer sa logique ou son opinion. Seuls les historiens ont les compétences requises pour recadrer la vérité historique, surtout pas ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui. Leur comportement lors de cette date de l’indépendance traduit une ignorance totale des aspects de la lutte nationale et de ses symboles, leur excuse étant que le pays traverse une période économiquement difficile !
Le gouvernement de la Troïka a commis une grave erreur vis-à-vis de notre histoire, de notre mémoire, de nos héros et de nos symboles tels que Farhat Hached, Hédi Chaker, Habib Thamer, Saleh Ben Youssef, Youssef Rouissi, Mohamed Saleh Nayfer ainsi que de nombreux symboles féminins. Seuls les historiens honnêtes et apolitiques sont à même d’écrire l’histoire du mouvement national loin des allégeances et des oublis volontaires de l’histoire de la lutte nationale et de la mémoire nationale.


Activités de la Fondation : 1 – Séminaires et tribunes de discussions durant les trois prochains mois :

- 30 mars 2013 : Séminaire de la mémoire nationale avec avec Si Jaloul Ayed sur L’économie et la finance à travers une troisième voix pour servir le peuple et sortir du cadre idéologique dogmatique
- 06 avril 2013 : Séminaire de la mémoire nationale avec M.. Abdelkhalek Bouagga sur Le recrutement de la jeunesse révolutionnaire ordonné par Kadhafi dans le monde arabe.
- 20 avril 2013 :. Séminaire de la mémoire nationale sur le parcours d’un grand médecin Salem ElChadly, avec la participation du Dr. Belkahia Chalbi, Saida Duki et d’autres compagnes du défunt.
- 27 avril 2013 :. Séminaire de la mémoire nationale avec M. Fakher Fakhfakh sur Le rôle actif des médias dans le système de paiement, le développement économique et social de la Tunisie nouvelle
- 04 mai 2013 : Séminaire de la mémoire nationale avec M. Rafiq Chelli, ancien directeur de la sûreté présidentielle : De nouveaux éclairages sur la sûreté présidentielle.
- 11 mai 2013 : Séminaire de la mémoire nationale avec M. Ahmed Essoussi, Président de l’Unité de Recherche de Droit Constitutionnel et Fiscal Maghrébin sur les attentes des Tunisiens de la nouvelle constitution, les données et les faits absents.
- 18 mai 2013 : Séminaire de la mémoire nationale : témoignages de Mohamed Kraiem ; Kheireddine Salhi, Sadok Besbes et Abdeljelil Ben Abbes sur le mouvement syndical 1943-1988.
- 25 mai 2013 : Séminaire de la mémoire nationale avec le Dr. Jamila Abulgasem, universitaire de Libye sur la violence politique en Libye avant et après la Révolution causes et conséquences

-Les publications :
Durant les trois derniers mois, la Fondation a publié les titres suivants :
1- Figures militantes du patrimoine national : Sliman ben Sliman, Tahar Sfar, Ali Zlitni & autres, Décembre 2012. 295p ; ISBN 978-9973-32-130-5
2- Actes du 14ème congrès d’études ottomanes sur : Relations économiques et communication humaine et sociale entre les provinces arabes aux XVIII et XIX siècles, Janvier 2013. 612p ; ISBN 978-9973-32-131-2
3- Etudes et témoignages sur la torture et la répression au Maghreb (1956-2010), Mars 2013. 516p, ISBN 978-9973-32-132-9
4- La Revue d’Histoire Maghrébine n° 149, 287 p., en français.
5- La Revue d’Histoire Maghrébine n° 150, 330 p., en arabe.

Futurs congrès scientifiques programmés :

1) : 11.12.13 avril 2013 : Le 39ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer sur La transition démocratique au Maghreb : Etat et perspective (ci-joint la première circulaire) :
« La Tunisie, comme d’autres pays arabes, a connu une révolution populaire caractérisée par l’absence d’une motivation idéologique et de leadership. Ce fut une révolution conduite par des jeunes notamment, ayant concernée toutes les régions du pays et particulièrement celles de l’intérieur, pauvres et délaissées. Le slogan le plus scandé au court de cette révolution consistait en « Travail, Liberté et Dignité Nationale ».
Malheureusement peu des attentes de la population révoltée ont été jusqu’ici concrétisées. En effet, le chômage ne cesse de progresser, de même que la pauvreté, aggravée par le renchérissement du coût de la vie. Les régions de l’intérieur se débattent toujours dans des conditions de vie et de sécurité déplorables. Si bien que le coût de la transition démocratique apparait aux yeux de la plupart des citoyens comme étant excessif.
Se pose alors, avec une acuité grandissante, la question de savoir comment faire pour minimiser le coût de cette transition, en s’inspirant des expériences réussies de par le monde.
L’objet du congrès est de débattre de cette question d’une importance capitale, pour notre pays, mais également pour tous les pays similaires. La réussite de cette transition conditionne en effet dans une large mesure l’avenir et la sécurité de toute la région.
Il s’agit de montrer l’importance des mesures à prendre, par toutes les composantes de la société, pour rassembler, réconforter et donner de l’espoir à une population gagnée par le sentiment d’inquiétude, d’angoisse, de peur et désespoir. Cela passe d’abord et avant tout par une grande opération de réconciliation nationale en vue de tourner aussi vite que possible la page du passé et regarder davantage vers l’avenir, dans un élan d’unité autour de l’intérêt supérieur du peuple, sans esprit de revanche, ni haine, ni exclusion.
Cela passe également par une entente aussi large que possible sur l’établissement des priorités du moment et les moyens et mesures à prendre pour relever les nombreux défis auxquels se trouve confronté le pays. »
2) : 29-30 mai et 01er juin 2013 : Le 16ème congrès d’Etudes Morisques sur Les futures études morisques et l’activation du partenariat entre les chercheurs scientifiques (voici la première circulaire en espagnol) :
“Con el propósito de continuar con esta serie de congresos especializados en los estudios moriscos y andalusíes, y teniendo en cuenta las recomendaciones del ultimo congreso, el Comité Internacional de Estudios Moriscos (C.I.E.M) y laFundación Temimi para la Investigación Científica y la Información organizan el congreso XVI sobre: el porvenir de los estudios moriscos y la activación de la colaboración científica entre los investigadores, los días 29-30/05 y 01-06-13 en Zaghouan. Túnez acogió, hace cuatro siglos, a más de cien mil moriscos, y nuestra Fundación acogió, por su parte, a centenares de investigadores especializados en los estudios moriscos y andalusíes venidos de varios países.
Los ejes temáticos del congreso serán:
- Historia de los estudios literarios e históricos sobre los moriscos.
- La literatura morisca secreta frente a la literatura española oficial.
- Visión critica sobre los estudios históricos durante los últimos treinta años: situación y perspectivas.
- Nuevos hallazgos de manuscritos y documentos sobre la literatura aljamiada.
- La nueva generación de investigadores y las técnicas para activar la moriscología y el porvenir de los estudios andalusíes.
La organización de este congreso no es más que un mensaje dirigido a los interesados por la cuestión morisca y andalusí para profundizar el diálogo entre España y el Magreb de un lado,
y el mundo árabe e islámico de otro; este diálogo se debe crear sobre bases, valores y virtudes nuevas, cuyo eje será el humanismo, la hermandad y la colaboración justa y fructífera, y no la dominación.
Dirigimos nuestra invitación a todos los especialistas internacionales y a los árabes para participar en este Congreso Internacional, y los tendremos informados de todos los detalles.
El congreso tendrá lugar en el espacio de la Fundación en Zaghouan que se ha abierto para la organización de los congresos internacionales.
Nuestra Fundación se hará cargo del alojamiento y de la comida de los invitados, y les informaremos en el momento adecuado del transporte desde el extranjero hacia Túnez.
Fijaremos una cuota simbólica para la participación.
3) : 3.4.5 octobre 2012 : Le 40ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer sur Le partenariat économique et politique tuniso – libyen et son impact sur la construction maghrébine: (ci-joint la première circulaire) :
« La Fondation a eu le soin d’organiser 4 congrès sur le coût du non Maghreb et nous avons publié plus d’une centaine d’études sur ce dossier, (voir les actes des 3 congrès comme nous préparons les actes du 4ème congrès avec plus de 25 communications).
A travers les interchanges et les débats entre les participants, on a mis en évidence toutes les difficultés géopolitiques et économiques de l’échec de l’unité maghrébine.
Nous persistons encore et toujours à maintenir vivant ce grand rêve formulé depuis plus de soixante ans par nos prédécesseurs, illustres leaders qui ont mené un véritable combat pour l’unité maghrébine à Damas, au Caire et au sein du Maghreb.
Mais eu égard aux difficultés, de tout genre, rencontrées déjà, quelques chercheurs ont avancé quelques idées avant-gardistes en insistant sur la problématique du partenariat tuniso-libyen comme étant une étape préliminaire et sérieuse à l’unité maghrébine ; d’ailleurs toutes les conditions sont réunies entre les deux pays pour faire valoir une telle opportunité d’avenir ; rappelons le ici qu’un nombre important de mesures administratives, financières et économiques dans le passé, ont été prises comme la circulation légale du dinar tunisien et de la livre libyenne au niveau de la Tunisie et de la Libye ; la circulation des capitaux, des biens et l’adoption de projets bilatéraux entre les deux pays, qui ont vu le jour, mais la personnalité controversée de Kaddafi a fait échouer toute initiative sérieuse pour la construction maghrébine.
C’est dans cette perspective que nous lançons ce congrès pour élaborer une feuille de route afin de convaincre les hauts responsables politiques des deux pays d’un véritable partenariat politique, économique et culturel qui, nous l’espérons, sera peut-être un exemple à suivre par la suite ; nous tâchons de convaincre tous les responsables politiques tunisiens et libyens d’y adhérer. »
4) : Décembre 2013 : La recherche dans les sciences humaines dans le monde arabe en partenariat scientifique avec la Fondation Konrad Adenauer, sur la réalité et les paris futurs de la recherche scientifique et de la connaissance dans le monde arabe


Messages de transparence et de sincérité :

1/ Lettre à M. Hamadi Jbali, Chef du Gouvernement Tunisien
Suite à la rencontre d’hier, qui a réuni une sélection d’hommes de la Tunisie afin de discuter de votre courageuse initiative à un moment historique important, j’aimerais vous faire part de quelques remarques, partant de la confiance que vous nous avez accordée afin de renforcer la communication et d’aider à sauver notre pays en ces circonstances délicates. Ce Conseil des Sages, constitué de façon spontanée et composé de personnalités nationales, a appuyé, aux yeux de tous, la mission que vous vous êtes fixée pour sauver le pays :
Premièrement : D’un point de vue personnel, je pense que la présence du Général Rachid Ammar a un écho important à cause de l’entente qui semble caractériser vos rapports. C’est une garantie importante, susceptible de barrer la route à toute interrogation non innocente. J’en ai été d’autant plus convaincu après avoir écouté l’intervention du Général qui a réaffirmé le consensus qui vous unit pour le bien du pays.
Deuxièmement : il me plait à penser, M. le Chef du Gouvernement, que vous avez très bien compris la situation dans laquelle se trouve la Tunisie et vous avez opté pour les intérêts du pays avant ceux des partis, des organisations et des individus. L’histoire de la Tunisie contemporaine témoignera que vous avez agi en Homme d’Etat en un moment historique clé.
Troisièmement : il serait utile, comme vous l’avez mentionné, de nommer des personnalités de régions différentes ainsi que des représentantes féminines, comme cela vous a été suggéré. Il serait souhaitable de choisir des personnalités d’autres tendances, plus indépendantes et moins nombreuses. Je vous suggérerai également un ou deux universitaires a politiques.
Quatrièmement : vous nous avez invité à soutenir votre initiative historique au sein de la société civile. J’ai décidé d’y consacrer la séance du Séminaire de la Mémoire Nationale du samedi 2 mars, en invitant les partis, les différentes composantes de la société civile et qui tous respectent la ligne indépendante de la Fondation.
Je resterai à votre disposition pour vous suggérer quelques noms, si vous me le demandiez.
Que Dieu vous aide dans votre tâche.

Tunis le 13/02/2013 à 12h00 Abdeljelil Temimi

* Aujourd’hui, j’aimerais faire une remarque suite au refus opposé par les dirigeants d’Ennahdha au projet présenté par M. Hamadi Jbali de former un gouvernement composé d’hommes compétents qui auraient pour objectif de sauver le pays. Je pense que les dirigeants d’Ennahdha portent la responsabilité historique de l’échec de la proposition soutenue par 73% de l’opinion publique. M. Hamadi Jbali sera probablement amené dans l’avenir à jouer un rôle politique important car il a prouvé sa maturité politique.

***
2/ les 40 années de la Revue d’Histoire Maghrébine fin 1973 – 2013
A la fin de cette année, nous allons fêter les 40 ans de la RHM, revue qui a publié plus de deux mille études scientifiques, principalement en arabe puis en français, en anglais et en espagnol, ceci en toute régularité puisqu’elle n’a jamais eu à souffrir de retard dans la publication. La RHM a été la tribune de deux générations d’historiens qui lui reconnaissent l’avantage d’avoir contribué à faire connaitre leurs travaux aux niveaux maghrébin, arabe et international.
La RHM a résisté aux difficultés rencontrées à cause de certaines pratiques malheureuses de certains universitaires tunisiens et maghrébins. Elle a contribué à l’épanouissement de la recherche historique en langue arabe, ce que les responsables d’universités ont essayé de marginaliser. Nous avons également publié régulièrement en français, ce que n’ont pas fait le reste des centres de recherche tunisiens et maghrébins et même français au niveau du Maghreb.
Notre publication, non gouvernementale, est l’une des plus anciennes au niveau du monde arabe. Elle a publié des milliers de documents depuis 40 ans. Elle est devenue l’un des seuls liens entre différentes générations d’historiens maghrébins, notamment algériens. Le nouveau numéro 150 à paraître ces jours prochains contient à lui seul 10 études académiques de jeunes historiens algériens. Les ministères de la culture et de l’Enseignement supérieur maghrébins continuent d’ignorer les réalisations de cette publication qui a offert, à travers des centaines d’études sur le Maghreb à l’époque moderne et contemporaine, un nouveau cadre pour la construction scientifique et culturelle maghrébine. Ceci traduit le manque d’intérêt dans la planification culturelle pour la dimension maghrébine chez tous ces ministres.
Il est primordial de rappeler ces quelques vérités. Lorsque l’Institut Supérieur de l’Histoire du Mouvement National a organisé une journée d’étude sur les revues scientifiques tunisiennes, nous n’y avons pas été invité bien que nous ayons trois périodiques scientifiques à notre actif. Ceci fait partie de la malhonnêteté qui caractérise certains universitaires, tunisiens et maghrébins. Pourtant, la recherche historique au Maghreb doit beaucoup à nos trois périodiques, sans entrer dans le niveau scientifique et la non régularité de parution des autres publications académiques. Rappelons enfin que les numéros 149-150 de la RHM, couvrant le premier semestre 2013, paraîtront dans quelques jours.
***
3/ - Le nouvel ambassadeur japonais et le dîner organisé :
J’ai rencontré le nouvel ambassadeur japonais à une réception organisée par l’ambassade indienne. Nous avons abordé différents sujets lors de notre discussion. Je l’ai notamment informé que j’avais été invité par l’université de Tokyo à donner différentes conférences. Nous avons également parlé de la place de la recherche scientifique aujourd’hui, sujet considéré comme le talon d’Achille dans tout le monde arabe depuis les indépendances. Le monde arabe n’a toujours pas compris qu’il n’y a pas d’avenir sans une priorité accordée à ce dossier, loin des slogans creux, surtout dans ce monde où internet joue un rôle si central. J’ai également entretenu l’ambassadeur des activités de la Fondation et il m’a demandé de l’informer dans l’avenir de nos projets.
Quelle ne fût pas ma surprise lorsque sa secrétaire m’a informé, quelques jours plus tard, que l’ambassadeur était très heureux de notre rencontre et voudrait organiser un dîner en mon honneur !
Que les ambassadeurs en prennent de la graine. Ce sont des actions comme celles-là qui donnent à la diplomatie tout son sens et contribuent au rapprochement entre les peuples.


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