Recherche en cours
Veuillez patienter
Thèse

BOUAYED, Kamel
Al-Ándalus y el Magreb a través de las crónicas musulmanas: estudio y análisis de estas fuentes
 
Lieu : Universidad Complutense de Madrid
Directeur de thèse : Soha Abboud
Année : 2017
Type : Thèse - Doctorat
Première inscription pour les thèses : ,
Langue : Espagnol

Notations :

Les quelques sources antiques sur la présence de Muṣḥaf 'Uṯmān dans al-Andalous et le Maghreb, les débats quant à son authenticité et la découverte du véritable rôle joué par ce manuscrit de chaque côté de la Méditerranée m’ont amené à entreprendre cette thèse avec de profondes recherches autour du manuscrit du Coran le plus célèbre de l’Islam. Ce même livre qu’héritaient les souverains dans al-Andalous et le Maghreb, qui le faisaient défiler comme une relique sainte tant dans les actes religieux que durant les campagnes militaires, dont on cherchait sa bénédiction et sa protection, et qui eut durant six siècles tant d’influence sociale, religieuse et géopolitique comme des reliques n’ont jamais eu tout au long de l’histoire de l’humanité. Après avoir consulté une large bibliographie et études sur ce sujet, j’ai noté un manque apparent de synthèse des chroniques médiévales, ainsi que certaines lacunes réelles dans l’analyse des chaînes de transmission. Pour ce, et à travers cette thèse doctorale, je prétends grâce à une étude profonde des sources, à la fois empirique et exhaustive, et à l’aide d’une lecture comparée des textes des auteurs médiévaux qui ont fait mention du manuscrit de Muṣḥaf 'Uṯmān, que l’élévation de cette relique au rang de mythe véritablement vécu et adopté comme un objet de vénération et de croyance religieuse dans le cœur des peuples et des dynasties d’al-Andalus et le Maghreb a conduit que cet objet vénéré ait gardé au cours des siècles et entre les mains de souverains et de peuples son caractère sacré et son aspect protecteur, même si son utilisation fut instrumentalisée tantôt comme talisman que comme symbole de légitimisation et de cohésion sociale. Pour ce faire, et avec l’apport de textes écrits tout au long de ces siècles qui charrient beaucoup de détails sur les histoires et les chroniques autour de Muṣḥaf 'Uṯmān sur deux terres voisines telles qu’al-Andalus et le Maghreb, je voulais démontrer l’hypothèse exposée précédemment en recherchant les anciennes références autour de cette copie de Muṣḥaf 'Uṯmān puis, et surtout, apporter les textes arabes originaux, les traduire en espagnol, les analyser sur le plan de la dichotomie de la chaîne de transmission entre émetteur et transmetteur, et apporter la nouveauté d’autres sources anciennes non référencées ou non collectées par des auteurs contemporains. En prenant comme point de départ une liste d’auteurs contemporains de base, j’en ai délimité quatre d’entre eux qui, à mon jugement, ont traité avec une bibliographie détaillée la présence de Muṣḥaf 'Uṯmān en al-Andalus et le Maghreb : BENNISON, Amira K. ; BOUAYED, Mahmoud Agha ; BURESI, Pascal, Ṣaḥar et Al - SAYYID , Ṣaḥar ‘Abd al-‘Azīz Sālim. J’ai alors mis au point la chaîne de transmission des sources inherente à chaque chronique, selon une analyse critique et comparée des textes, afin de cataloguer les auteurs anciens entre émetteurs et transmetteurs, et essayer d’identifier les références originales. Pour ce faire, une liste de 21 auteurs médiévaux a été délimitée qui, après une recherche bibliographique approfondie, il peut en être dit qu’elle représente les références anciennes de base (entre les émetteurs et les transmétteurs qui non seulement ont diffusé mais qui ont contribué aussi au changement de certains points importants de ces textes originaux) et, par conséquent, leurs mentions ont été étudiées durant les différentes périodes par lesquelles est passé ce manuscrit : Cordoue des Omeyyades ; Cordoue des Taifas ; Cordoue des Almoravides ; Marrakech des Almohades ; Tlemcen des Ziyyanides ; Fès de Mérinide. En outre, un des objectifs principaux a été d’essayer de découvrir si les mentions des émetteurs et transmetteurs ont été toutes effectivement recueillies par les historiens et chercheurs contemporains ou bien qu’il existe encore des textes pas encore mentionnés, par omission ou par oubli. Les résultats ont été très satisfaisants, depuis la découverte de quelques mentions d’auteurs médiévaux non recueillies par l’un des quatre auteurs contemporains de base étudiés, jusqu’à émettre de sérieux doutes quant à l’authenticité de ce manuscrit et son attribution au calife 'Uṯmān soulevée par plusieurs auteurs médiévaux de renom, en passant par la différenciation du véritable rôle qu’a joué cette relique entre al-Andalus et le Maghreb et, finalement, reconsidérer la fin tragique du plus grand symbole de pouvoir du monde islamique. Cependant, une des plus importantes conclusions a été sans aucun doute le fait qu’après avoir parcouru six siècles de chroniques sur la présence de Uṯmān du Muṣḥaf dans al-Andalous et le Maghreb - et en marge des doutes quant à « authenticité » de cette relique-, des Emirs, des Califes, des dynasties, des peuples et des générations entières ont en effet considéré cette copie comme l’un des exemplaires qu’a écrit le comité des quatrain sous le calife Uṯmān, s’y sont identifié, ont cherché sa protection et sa bénédiction, mais en aucun cas ils ont mis en doute son authenticité. Tous ces résultats et conclusions serviront, j’en suis certain, à de futures études et de recherches autour des sources ancinnes d’auteurs musulmans utilisés dans cette thèse et faire ainsi la lumière sur la présence du plus célèbre manuscrit de l’Islam dans al-Andalous et le Maghreb : Muṣḥaf ' Uṯmān.